C II AP . VIII. — DES CLIMATS
correspondent aux trois climats, doux, tempéré et froid, dont nous avons parlé, et comprennent les pays suivants : l’Europe presque entière et ses îles ; l’Asie, depuis la Méditerranée et la mer Noire à l’ouest, jusqu’au Japon et à l’océan Pacifique à l’est; en Amérique, la Californie, une partie du Mexique, le Canada, lesÉ tats-Unis, le Chili, la Patagonie.
Les climats tempérés, considérés d’une manière générale, présentent quatre ordres de caractères bien nets.
1° Les saisons y sont tranchées : il y a un été, un hiver, séparés l’un de l’autre par des saisons intermédiaires, le printemps et l’automne.
2° Les saisons sont surtout caractérisées par une grande variabilité de conditions météorologiques, et cela souvent dans la même localité.
3° Il existe souvent des oscillations de température assez considérables d’un jour à l’autre, ou dans la même journée.
4° Les saisons intermédiaires sont, en général, caractérisées par les variations nombreuses qu’on y observe dans les vents, la pression de l’air, et les maxima et minima de température.
Les climats tempérés présentent à considérer trois zones bien distinctes :
La première, comprise à peu près entre le 30e et le 40e degré de latitude australe et boréale, correspond au climat doux; elle peut être appelée, en quelque sorte, l’extrémité tropicale des climats tempérés. Les saisons s’y présentent avec les caractères suivants : étés très-chauds, ardents ; printemps et automnes chauds, et sous la domination pour ainsi dire de l’été ; hivers modérés : dans cette zone, la température est à la fois plus élevée et plus égale. M. Fuster, d’après les données de température de M. de Humboldt, assigne pour moyenne à l’été + 27° centigr., et à l’hiver -f- 8°. Nous avons vu que la température moyenne annuelle oscille entre + 20° et + 13°.
La seconde, comprise entre 40 et 50° de latitude australe et boréale, concerne les climats tempérés proprement dits (Angleterre, France, Allemagne). Son caractère principal est de présenter des saisons équilibrées par la combinaison et la fusion des influences polaires. L’hiver, le printemps, l’été et l’automne sont trimestriels et bien tranchés. Les circonstances suivantes, qui agissent également dans les deux autres zones, ont ici une influence bien plus considérable pour constituer des localités bien dessinées : ces circonstances sont l’élévation du sol, l’état de sa surface, son exposition, sa nature, sa situation continentale ou- sur le bord de la mer.
La troisième zone, qu’on peut appeler Extrémité polaire des climats tempérés, et qui correspond à notre cinquième climat
ou climat froid, est comprise entre 50° et G0° de latitude. Ses caractères sont de présenter des hivers longs et rudes, des étés courts et peu chauds, un automne et un printemps tenant beaucoup plus de l’hiver que de l’été. Les froids y sont beaucoup plus rigoureux que dans le reste des climats tempérés, et, en même temps, les vicissitudes atmosphériques beaucoup plus considérables. D’après les calculs de M. Fuster, la moyenne des étés y serait de -f- 1 5°, et celle des hivers de — 6° .
,En comparant ces résultats avec ceux de l’extrémité tropicale des climats tempérés, on voit que, dans ces derniers, la moyenne des hivers est plus élevée de 14°, et la moyenne des étés plus élevée de 12°; en un mot, l’extrémité tropicale ressemble beaucoup aux climats chauds, et l’extrémité polaire aux climats froids.
Influence sur l'homme. — Parmi les habitants des diverses régions des climats tempérés, il est difficile de saisir quelques caractères généraux et d’ensemble ; il n’y a rien de particulier dans le jeu et la disposition de leurs principaux appareils, et les différences individuelles sont subordonnées à la partie des climats modérés qu’ils occupent, à l’influence spéciale de la localité, au régime des habitants, ainsi qu’à leur degré de civilisation. Les zones extrêmes rapprochent les individus qui les occupent de ceux des climats qu’ils avoisinent. C’est ainsi que les caractères des habitants de l’extrémité tropicale se rapprochent considérablement de ceux des contrées équatoriales ; de même, pour le type des habitants de l’extrémité septentrionale des climats modérés.
Dans la partie moyenne de notre zone, les appareils organiques s’équilibrent plus complètement et se placent en quelque sorte sous l’influence des saisons. En été, l’homme de ces contrées tend à se rapprocher du type des habitants des climats chauds. En hiver, les appareils organiques s’adaptent également à la basse température, et rapprochent, pour quelque temps, l’homme de l’habitant des pays froids. Dans les saisons intermédiaires, le changement s’opère peu à peu et progressivement, et on passe ainsi chaque année deux fois, et sans en avoir la conscience, d’un type à un autre : il y a de fréquentes et rapides successions dans les prédominances d’appareils, dont la conséquence est la variété des types, des constitutions, des tempéraments, des actes organiques, du caractère individuel, et finalement l’équilibre des fonctions en est le résultat.
Formes pathologiques. — Elles varient selon la zone et la saison.
Selon la zone : l’htibitant de l’extrémité tropicale des climats tempérés est sujet, à peu près, aux mêmes prédispositions