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C11AP. X. — DES VÊTEMENTS

laits avec des tiges de baleine flexibles, et qui constituent une coiffure légère, aérée et fraîche, en môme temps qu’elle sert à amortir l’effet des chutes, est une chose excellente. On doit se garder avec soin de comprimer la tôle des enfants; la déformation facile à opérer sur des os flexibles, peu épais et unis par des membranes cartilagineuses, ne tarde pas à se produire, et des accidents fâcheux peuvent survenir (Foville).

La coiffure des enfants un peu plus avancés en âge doit toujours être légère: telles sont les qualités des chapeaux de paille, des casquettes de formes et d’étoffes diverses que l’on fabrique actuellement. Si l’on n’observait pas cette condition, on pourrait avoir à redouter des congestions cérébrales. Pour la nuit, la coiffure que l’on doit préférer pour les enfants est un serretôte en toile fine attaché sous le menton avec un cordon.

Dans l’âge adulte, il faut également distinguer la coiffure du jour de celle de la nuit. — Le jour, et à notre époque, l’homme adulte fait généralement usage, pour garantir sa tête des variations atmosphériques, du plus mauvais genre de coiffure qu’on puisse imaginer: c’est le chapeau. Cette coiffure lourde, disgracieuse, recouvre très-incomplétement la tête, préserve très-mal les yeux de l’action des rayons solaires, ne protège pas les oreilles et comprime le front. Malheureusement l’habitude ne permet pas de le changer, et tout ce que l’on peut faire est d’en atténuer le plus possible les nombreux inconvénients. En été, on a pris l’habitude des chapeaux de feutre gris et légers, des chapeaux de paille et des casquettes légères, qui constituent, pendant. les chaleurs, un genre de coiffure bien préférable à nos chapeaux noirs.

La nuit, si l’habitude de coucher la tête nue n’a pas été prise dès l’enfance, et si l’on ne veut pas se soumettre à l’usage excellent mais peu gracieux des serre-tête, il faut bien employer les madras ou les foulards, qui ont cependant le sérieux inconvénient de ne rester sur la tête qu’au prix d’une constriclion quelquefois assez forte.

Les vieillards ayant perdu, la plupart du temps, leurs cheveux et ayant la tête dégarnie, doivent la protéger d’une manière plus efficace que dans l’âge adulte ; c’est dans ce but que l’on a imaginé les perruques, dont on ne saurait trop conseiller l’usage aux personnes âgées : elles les préservent de céphalalgies opiniâtres, de coryzas chroniques, de névralgies dentaires et souvent d’affaiblissements delà vue etd’ophthalmies rebelles; toutes ces maladies peuvent, en effet, se développer comme conséquences de l’action habituelle du froid sur la tête des sujets âgés et impressionnables. Pour la nuit, les vieillards auraient bien tort de se priver de l’usage du bonnet de coton,

'i9 2 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRK DK L’HYGIÈNE.

qui ne mérite pas la défaveur dont il est l’objet, et qui, en définitive, est, pendant qu’on est au lit, le meilleur couvre-chef qu’on puisse imaginer.

Pour la femme, il n’y a rien de positif à dire sous ce rapport. La coiffure de jour, qui consiste à rester la tête nue ou à l’orner de bonnets ou de chapeaux dont la forme et la disposition varient chaque année et à chaque saison, est entièrement soumise aux caprices et aux exigences de la mode, à laquelle l’hygiène n’a en général rien à voir ; il est heureux que la longue et épaisse chevelure qui couvre leur tète serve d’une manière efficace à la mettre à l’abri des variations atmosphériques et de l’action du froid. La nuit, la coiffure des femmes consiste, en général, en un bonnet léger, attaché sous le menton avec un cordon, et cette coiffure est excellente sous le rapport de l’hygiène.

Chez les enfants, la coiffure est importante à considérer. Chez les nouveau-nés, il faut une coiffure suffisante pour protéger la tête contre les agents atmosphériques, mais qui cependant, ne soit pas trop chaude. Un simple béguin de toile et, par-dessus, un simple bonnet également de toile, me semblent suffisants. On doit surtout éviter de comprimer la tête avec un bandeau ou des bandelettes; car, d’après les recherches de M. Foville, cette compression peut amener des déformations considérables du crâne et de l’oreille, qu’il a décrites avec soin. Il considère ces déformations comme pouvant amener plus tard des aliénations mentales, des suppurations du cuir chevelu, l’engorgement des ganglions cervicaux, le développement variqueux des veines de la tête, des méningites, des épilepsies, l’imbécillité. Tout ceci est peut-être un peu exagéré, néanmoins il faut en tenir compte. Lorsque les enfants commencent à marcher, il leur faut des bourrelets légers, élastiques, livrant passage à l’air, et cependant présentant une résistance suffisante pour les préserver des chocs et des violences extérieures.

Perruques. — L’histoire des perruques serait longue à faire. Elles ne sont plus guère employées que pour préserver la tête de certains vieillards très-impressionnables, du coryza et des causes diverses de refroidissement. Je crois qu’il faut en restreindre l’emploi aux cas qui viennent d’être signalés.

B. Face. — La face n’a pas besoin d’être couverte, et elle ne l’est pas habituellement, à moins que ce ne soit pour se garantir d'une chaleur trop ardente ou d’un froid trop intense ; encore n esl-ce que l’exception.

Dans les climats froids, et dans les jours les plus froids des pays tempérés, on a l’habitude de couvrir une partie du visage d’une espèce de cravate très-large cachant la bouche et le nez,

Cil Al’. X.

Düfs VETEMENTS.

et n’y laissant entrer que de l'air tamisé et moins froid que l’air extérieur. C’est une bonne habitude qu'on ne saurait trop encourager.

C. Cou. — L’habitude de porter des cravates ne date guère que du commencement du dix-huitième siècle, beaucoup de peuples, et en particulier ceux des pays chauds, tels que les Orientaux, n’ont pas adopté cette coutume : aussi les angines 'sont plus rares chez eux que dans nos climats tempérés : il est digne de remarque, en effet, que l’habitude de couvrir le cou rend cette partie tellement impressionnable, que lorsque, accidentellement, on vient à la découvrir, on a beaucoup plus de chances de contracter une pharyngite ou une laryngite que dans les circonstances opposées.

Les cravates sont, en général, de coton, de fil ou de soie: on met quelquefois dans leur intérieur une sorte de carcasse en baleine très-fine, dans les intervalles de laquelle sont placés des poils de sanglier.

Les cravates trop dures, trop rigides, celles qui sont trop serrées et compriment le cou, ont de sérieux inconvénients qui sont encore beaucoup plus grands chez les vieillards. Cette compression gêne, en effet, la circulation dans les gros vaisseaux du cou et peut contribuer à déterminer, soit des congestions, soit des hémorrhagies cérébrales. Les cravates doivent réunir les deux conditions de souplesse et de chaleur ; les cols de satin que l’on porte généralement en hiver remplissent assez bien ces conditions. En été, des cravates de mousseline, de batiste ou de toile, avec un léger col intérieur pour les empêcher de se rouler en corde, sont celles que l’on doit préférer. Les femmes ne font pas, en général, usage de cravates: en hiver, toutefois, un grand nombre d’entre elles se préservent du froid et delà rigueur de la saison en se plaçant autour du cou quelques fourrures ou des fichus de formes variables.

Les cols-cravates, qui s’attachent en arrière à l’aide d’une boucle, sont maintenant employés par un grand nombre de personnes. Lorsqu’ils ont été faits avec soin et qu’ils sont souples et mous, ils ont peu d’inconvénients et on ne saurait les blâmer, pas plus que les cravates, avec lesquelles ils ont d’ailleurs la plus grande analogie. Mais lorsqu’ils sont durs et rigides, leurs inconvénients sont réels. Percy a signalé, chez les soldats, les inconvénients des cols durs et trop serrés: la face devient vultueuse, la voix s’éteint, les yeux sortent de l’orbite; il survient souvent des vertiges, des défaillances et quelquefois des épistaxis. Enfin, quelquefois, la congestion et l’hémorrhagie cérébrales en ont été la conséquence ultime. M. H. Larrey considère les cols d’uniforme, neufs, raides, trop hauts et trop

serrés, comme la cause de l’adénite cervicale, si fréquente chez les jeunes soldats.

I). Tronc , membres. — Nous allons examiner maintenant les pièces de vêtement les plus importantes, celles peut-être qui ont subi le plus de variations depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

Les Orientaux sont les seuls qui aient conservé les vêtements amples et consistant en draperies larges et floltantes. En Europe, au contraire, et depuis bien des siècles, on tend sans cesse à rétrécir le costume et à l’adapter aux formes du corps.

Le changement le plus important introduit par la civilisation est l'usage du linge de corps. La tunique de lin des Grecs était un vêtement porté, non sur Ja peau, mais sur un premier vêtement de laine. D’après M. Fleury, c’est sous le règne d’Auguste que l’on commença à porter des chemises. La plupart des auteurs admettent, cependant, que ce n’est qu’au douzième ou au treizième siècle que l’introduction de la toile de chanvre fit employer le linge de corps et, en particulier, la chemise. Elle mit de longues années à se généraliser. C’est, du reste, à l’usage habituel du linge de corps que l’on doit la révolution que l’emploi des bains a subie, en passant de l’antiquité jusqu’à nous. Chez les Grecs et chez les Romains, les bains faisaient partie des usages habituels de la vie et étaient destinés à débarrasser la peau des produits de l’exhalation cutanée qui s’y accumulaient. Aujourd'hui, le linge de corps remplit en grande partie cette destination et absorbe les produits de la sécrétion de la peau, à mesure qu’ils sont versés à sa surface ; les bains, tout en étant utiles et excellents, sont donc loin d’être aussi indispensables que dans l’antiquité.

Chemise. — La principale pièce de linge de corps est la chemise, dont la forme a beaucoup varié et varie encore chaque jour. Les chemises sont faites en toile de lin, de chanvre, ou en coton : elles ne doivent être ni trop légères, car elles ne pourraient absorber tout le produit de l’exhalation cutanée, ni trop épaisses et trop dures, car elles irriteraient la peau. La chemise s’étend du cou, qu’elle ne doit pas trop fortement étreindre, aux genoux. La nature de l’étoffe qui la constitue en fait un corps bon conducteur du calorique ; ainsi, lorsqu’elle s’imbibe du produit de la sécrétion -cutanée et que ce dernier vient à s’évaporer, elle cause une sensation de froid qui pourrait avoir des inconvénients si l’adjonction d’autres vêtements plus chauds, plus mauvais conducteurs du calorique, ne venait empêcher l’influence fâcheuse de cette évaporation trop rapide.

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Le changement de chemise doit être fréquent, deux à trois fois par semaine au moins. C’est une chose bonne et salutaire que d’avoir une chemise différente pour le jour et pour la nuit ; les produits de sécrétion dont la chemise s’imbibe, dans la période de jour ou de nuit, ont le temps de se sécber complètement pendant qu’elle n’est pas en contact avec la peau, et lorsqu’on fait de nouveau usage de la chemise, elle a repris toutes ses qualités premières. Dans beaucoup de pays chauds, les individus peu aisés ont l’habitude de se dépouiller le soir de leur chemise, de l’étendre pour la sécher, et de se coucher nus. Le lendemain, ils la remettent sèche et fraîche. Cette habitude est saine relativement à l’impossibilité où ils sont d’en changer matin et soir, et elle est bien certainement préférable à l’usage de la conserver d’une manière continuelle.

Culotte. — La culotte, qui autrefois s’étendait seulement de la ceinture aux genoux, est maintenant destinée à recouvrir le tronc et les membres abdominaux. Elle est supportée par des bretelles, usage infiniment préférable à celui qui existait autrefois et qui consistait à retenir la culotte à la base du thorax, à Laide d’une ceinture qui en faisait partie et qui la maintenait en la serrant autour de la taille. Cet usage, que l’on a essayé à plusieurs reprises de faire revivre, a pour inconvénient de comprimer la base du thorax, d’empêcher son libre développement, de gêner les mouvements respiratoires, de troubler la digestion, enfin, de favoriser le développement des hernies. Ces divers accidents que contribue encore à développer la constrïction exercée par les autres parties d’une culotte trop étroite, sont souvent accompagnés d’un autre plus médiat, mais qui cependant peut être la conséquence de la compression du thorax et de l’abdomen : c’est la congestion cérébrale. L’attache de la culotte autour du genou avait également des inconvénients sérieux; elle facilitait la stase du sang dans les membres inférieurs, et déterminait des varices ou des ulcères variqueux souvent incurables. La culotte se fait en général en laine, et spécialement en drap, dans les climats froids et dans la saison froide des pays tempérés ; celles qui se font en toile, en fil, en coton, ne sont guère usitées que dans les plus grandes chaleurs de l’été ; encore est-il préférable de les avoir en laine légère et souple.

Les culottes trop larges ont un autre inconvénient : nonseulement elles laissent pénétrer l’air et sont plus froides, mais elles ne soutiennent et ne protègent pas les testicules, et peuvent être la cause prédisposante et déterminante des varicocèles.

Un certain nombre de médecins attribuent à l’usage de la

culotte le défaut de développement de l'appareil génital externe, d’où la dégénéralion de l’espèce humaine et la diminution de la population. Rien ne le prouve : sans doute une culotte trop serrée peut diminuer le volume des organes génitaux, amener un peu d’atrophie des testicules, favoriser le développement des varicocèles et peut-être des hydrocèles, tout au plus, si tant est que ces effets soient réels. D’un autre côté, une culotte bien faite sert à soutenir les organes génitaux, à les protéger, à les mettre à l’abri des tiraillements, des chocs, des violences extérieures et des vicissitudes atmosphériques. Ces avantages compensent donc, et au delà, les inconvénients imaginaires qu’on ne saurait même attribuer qu’à un pantalon ou à une culotte trop serrés.

Caleçon. — Le caleçon, assez généralement employé, surtout en hiver, est plutôt une affaire de propreté; sa destination est d’absorber le produit de l’exhalation cutanée et d’empêcher son imprégnation dans le pantalon qui. est de drap ou de laine, et qu’on ne lave pas souvent. 11 a, du reste, les mêmes inconvénients que les anciennes culottes lorsqu’il est attaché à l’aide d’une ceinture trop étroite, ou lorsqu’il étreint trop fortement les genoux autour desquels il est fixé.

Gilet. — Le gilet est destiné à remplir, à l’égard du thorax, les fonctions du pantalon relativement au tronc, et il se trouve dans les mômes conditions que ce dernier. Autrefois, il était assez généralement composé d'étoffes légères, de coton, de toile, ou tout au plus de soie, et plus rarement encore de mérinos. Actuellement ces étoffes ne sont plus guère employées qu’à l’époque des grandes chaleurs, et on a pris la bonne habitude de se servir, pour les gilets comme pour les pantalons, de tissus de drap, qui conservent beaucoup mieux la chaleur naturelle.

Habit. — L’habit est destiné à remplir des fonctions protectrices analogues à celles du gilet, mais plus générales et plus importantes; il recouvre le thorax dans toute son étendue et protège en même temps toute la région lombaire, les épaules ainsi que les membres thoraciques. C’est le vêtement qui a subi peut-être les variations les plus nombreuses, avant d-’arriver à la forme étroite et disgracieuse qu’il a actuellement. Tout disgracieux qu’il est, reconnaissons pourtant qu’il s’accommode assez bien à la rapidité et à la liberté des mouvements, et que son inconvénient le plus réel réside dans l’étroitesse des manches.

On a raccourci l’habit de manière à en faire la veste qu’il est indispensable d’adopter dans certaines professions, bien qu elle ait le désavantage de ne protéger ni les lombes ni le bassin.

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L’habit a été allongé de manière à faire la redingote, vêtement évidemment bien préférable au premier. Indépendamment de ses dimensions plus grandes, de son ampleur plus notable, on peut ajouter qu’il est plus décent et qu’il protège bien plus efficacement la moitié supérieure des membres abdominaux.

[M. Champouillon a noté la diminution de fréquence des plilegmasies abdominales, dès que, dans l’armée, la tunique eut été substituée à l’habit réglementaire. La tunique a également remplacé l’habit avec avantage dans les collèges et les pensions.]

Manteaux. — Dans la saison froide et rigoureuse, ainsi qu’à l’époque des brusques variations de température, l’habit ne suffit pas pour protéger l’homme et pour l’isoler du froid de l’atmosphère ambiante ; on a imaginé, à cet effet, deux vêtements particuliers, l’un est le manteau et l’autre le pardessus, autrement dit paletot. Tous deux sont communément en drap et doublés d’une autre étoffe destinée à les rendre plus épais et plus mauvais conducteurs du calorique. Ils constituent tous deux des vêtements fort bons et fort avantageux ; le deuxième, toutefois, paraît être sous la protection de la mode actuelle, aussi est-il plus généralement adopté. Il serait à désirer que le bas prix des étoffes de drap permît de vulgariser l’emploi de ces vêtements surnuméraires, et de les propager dans les classes peu aisées. Dans les climats méridionaux et surtout dans les contrées tropicales, le manteau est employé dans un autre but que dans notre pays. Il est très-ample, en laine blanche, peu épaisse, douce et moelleuse, et il est destiné à isoler le corps de l’homme et à le protéger contre les ardeurs d’un soleil brûlant et d’une chaleur excessive.

Ceintures. — L’usage des ceintures compte actuellement peu de partisans dans nos pays. Dans plusieurs contrées méridionales où l’on en fait usage, on a recours à des étoffes souples et cependant résistantes qui, passées plusieurs fois autour de la base du thorax et de l’abdomen, sont un soutien pour les viscères abdominaux, et un point d’appui solide et d’une grande utilité dans les mouvements énergiques et tendus.

[Ces mêmes ceintures sont une protection très-efficace contre les brusques changements de température, si communs dans les pays chauds.]

L. Mains et pieds. — Les mains et les pieds réclament des vêtements particuliers. Aux mains ce sont les gants, destinés autant à ménager la souplesse et la finesse de l’organe du’tact, qu’à protéger contre les froids rigoureux la peau de ces parties sur lesquelles cet agent détermine des engelures, des érosions,

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des fissures souvent extrêmement douloureuses. On fait les gants en fil, en coton, en soie, mais surtout en peau, qui, bien que douce et souple, offrant plus de résistance, est une garantie plus certaine contre le froid.

Bas. — Les bas sont maintenant d’un usage général; leur desfination est non-seulement de protéger les jambes et les pieds contre l’action du froid et les variations de température, mais encore de se charger du produit de la transpiration cutanée abondante que la marche et l’exercice déterminent aux membres inférieurs. Les bas, qui sont ordinairement en lin, en chanvre ou en coton, plus rarement en soie et assez souvent en laine, dans la saison rigoureuse, sont un des vêtements qui doivent être le plus souvent renouvelés.

Chaussures. — Les chaussures sont destinées à protéger les pieds contre les violences extérieures et à supporter le poids du corps : elles doivent réunir les conditions de solidité et de rigidité à un certain degré de souplesse, qui leur permette de se ployer aux diverses courbures du pied, sans toutefois le blesser. On ne saurait méconnaître que la plupart des affections du pied, telles que les cors, oignons, durillons, sont presque toujours la conséquence des chaussures trop étroites ou trop dures.

Il y a deux espèees de chaussures, assez généralement employées : ce sont les sabots et les souliers ou les bottes.

Les sabots sont la chaussure des habitants des campagnes et, souvent même, celles de personnes plus aisées qui se livrent aux travaux des champs et qui y passent une partie de leur vie. Les sabots sont en bois, ils sont mauvais conducteurs du calorique et en môme temps secs, mais ils sont durs, inflexibles, ne suivent pas et ne permettent pas la liberté des mouvements des pieds, aux courbures desquels ils ne peuvent se prêter. Ils exposent à toutes les lésions épidermiques de ces parties, déterminent un épaississement considérable de la peau des pieds, émoussent une partie de la sensibilité de cet organe; enfin, rendent fréquentes des chutes qui peuvent être suivies d’accidents plus ou moins graves. Les sabots, en raison de leurs inconvénients nombreux, ne doivent jamais être employés quand on peut faire autrement.

Les bottes complètes ou incomplètes sont une importation de la vie militaire dans la vie civile. D’abord exclusivement portées par les cavaliers, les bottes sont devenues d’un usage général et elles constituent une chaussure commode, souple, facile à porter, et qui garantit les jambes et les pieds aussi bien des violences extérieures que de l’humidité et du froid. Ajoutons, toutefois, que l’usage de bottes plus souples, appelées bottines

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et attachées avec des boutons, ou maintenues à la partie inférieure de la jambe par une tige élastique, paraît se généraliser et se substituer avec avantage à celui des bottes anciennes. C’est donc l’emploi de l’une de ces deux chaussures que l’hygiène doit recommander, en insistant surtout sur l’adjonction, pendant les temps froids et humides, de doubles- semelles dont l’une est en liège : elles maintiennent les pieds chauds et secs. On emploie maintenant des souliers pardessus en caoutchouc, qui préservent parfaitement du froid et de l’humidité.

Les femmes ont pour chaussure habituelle des souliers ou des bottines en peau beaucoup plus fine, plus souple, plus flexible, mais, en même temps, plus mince que celle employée pour les chaussures de l’homme ; c’est un inconvénient, et de semblables chaussures, perméables à l’humidité, peuvent déterminer chez les femmes des bronchites, des laryngites, des angines, des coryzas, etc.

Dans l’intérieur des habitations, les deux sexes font usage de pantoufles simples ou fourrées que l’hygiène ne peut qu’approuver.

Vêtements de la femme. — La disposition générale des vêtements de la femme est essentiellement mauvaise et défectueuse. Les robes et ies jupons, ouverts par le bas et flottants pour ainsi dire, laissent agir sur les parties inférieures le froid et l’humidité. Or, qui pourrait affirmer que les nombreux dérangements de la menstruation et les affections de l’utérus, si nombreuses et si variées, qui atteignent la femme après la puberté, ne soient pas le résultat de l’action de ces agents physiques? On ne saurait trop recommander aux femmes l’usage de caleçons de toile, destinés à protéger ces organes contre le froid et l’humidité, usage qui commence très-heureusement à se répandre et même à se généraliser.

Corset. — Le corset de la femme est la partie de son vêlement contre laquelle se sont élevées le plus de clameurs, et à laquelle les critiques les plus vives ont été adressées.

M. Bouvier a fait, à l’Académie de médecine, un excellent rapport dans lequel il trace un historique complet du corset, et qu’il consacre à combattre l’usage de cette pièce d'habillement. Il ne le proscrit cependant pas d’une manière absolue, et il propose d’approuver des modifications que lui ont fait subir les inventeurs, sur le travail desquels il a fait son rapport.

M. Fleury est allé plus loin, il proscrit complètement le corset. Voyons maintenant, en nous servant des documents que M. Bouvier a ajoutés à ceux de Reveillé-Parise, quel est l’état de la question.

M. Bouvier partage! l’histoire du corset en cinq époques :

1° Antiquité; bandes ou fasciæ des femmes grecques et romaines ;

2° Premiers siècles de la monarchie française, grande partie du moyen âge, pendant lesquels le costume des femmes ne présente rien de fixe; période de transition qui participe de la précédente et de la suivante, par l’abandon des bandelettes romaines et par l’usage commençant des corsages justes au corps ;

3° Fin du moyen âge et commencement de la renaissance; adoption générale des robes à corsage serré, tenant lieu de corset;

4° Du milieu du seizième siècle à la fin du dix-huitième siècle, époque des corps baleinés ;

o° De la fin du dix-huitième siècle jusqu’à nos jours, époque des corsets modernes et actuels.

Étudions maintenant les reproches qu’on fait au corset.

Employé avant la puberté, le corset comprime la base du thorax, déforme la taille et la poitrine, dont il empêche le développement, gêne les fonctions du foie et de l’estomac, s’oppose au libre jeu des poumons et du cœur; il est une des grandes causes sous l’influence desquelles se développe la prédisposition aux maladies chroniques de ces organes; on l’a accusé de produire souvent des déviations de la taille.

Après la puberté, on l’accuse de continuer tous les effets qu’il a déjà commencé de produire, et, de plus, de s’opposer au libre développement des seins, à l’ampliation convenable du thorax, enfin de favoriser le développement de la chlorose, des palpitations, des gastralgies et des troubles divers de la menstruation.

Quelques-uns de ces reproches sont vrais, d’autres sont exagérés, d’autres complètement injustes. On doit admettre qu’un corset trop étroit, emprisonnant le thorax et serré énergiquement autour de la taille, s’oppose au libre développement du thorax et peut, surtout si d’autres causes viennent s;y joindre, comme cela existe presque toujours, favoriser le développement de la phthisie pulmonaire, déterminer des gastralgies, des digestions pénibles, peut-être des palpitations et une disposition aux syncopes : c’est là tout, et, du reste, c’est bien assez. Quant à la chlorose et à ses suites, c’est une maladie qui se manifeste bien souvent à cet âge, sans que cette condition ait existé. Pour la déviation de la taille, M. Bouvier, d’après ce que rapporte M. Ménière, n’a pas trouvé une seule fois la réalité de cette cause dans 380 cas.

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