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CHAP. X. — DES "VETEMENTS

le contact ordinaire des étoffes de laine avec la peau favorisaient le développement des affections cutanées; depuis la généralisation de l’usage de ce linge, les dermatoses sont devenues et moins graves et moins fréquentes.

L'usage de la laine, mise en contact avec la surface cutanée, doit attirer notre attention, car elle joue un grand rôle dans nos habitudes hygiéniques actuelles.

L’application de la laine sur la peau excite la sensibilité de cette membrane, active ses sécrétions et détermine un mouvement analogue dans toutes les parties de l’organisme qui sont en rapport sympathique avec elle.

Cette propriété explique son utilité dans certains cas; mais, pour bien la comprendre, il faut se reporter un instant à l’influence du froid et de l’humidité sur la peau.

L’action de ces deux agents sur le tégument externe a pour effet d’en modifier les fonctions, d’en diminuer l’activité et de réduire au minimum le produit de l’exhalation cutanée. Par suite de cette réduction, et en vertu de la loi de balancement des sécrétions, l’exhalation pulmonaire est augmentée d’une manière proportionnelle à la diminution de l’exhalation cutanée, et les fonctions des poumons redoublent d’activité. Dans l’état parfait de santé, et en l’absence de prédispositions morbides spéciales, cet accroissement d’activité n’a point d’inconvénient, ou bien, seulement, il rend l’appareil respiratoire . un peu plus impressionnable et un peu plus accessible aux causes morbifiques ; mais, s’il s’agit d’individus disposés aux maladies de l’appareil respiratoire, aux bronchites aiguës et chroniques, aux pneumonies, aux pleurésies, nul doute que l’accroissement d’activité des poumons ne favorise le développement de ces affections . Les inconvénients seraient plus graves encore chez les individus prédisposés aux tubercules pulmonaires ; car l’influence du froid humide sur la peau, en augmentant l’activité respiratoire, aurait pour effet de favoriser le développement de ces produits accidentels. C’est pour remédier à ces conséquences de balancement des organes, pour porter au maximum l’activité sécrétoire de la peau et réduire en proportion l’exhalation pulmonaire, que l’usage des gilets, des camisoles, des caleçons de laine, et en particulier de flanelle, s’est généralisé, et l’on doit avouer qu’ils atteignent parfaitement ce but. On ne saurait donc trop en conseiller l’emploi. Il n’est pas utile, à mon avis, de porter en toute saison des vêtements de laine sur la peau. Il est d’une bonne hygiène de les enlever dans les grandes chaleurs, pour les reprendre au milieu de l’automne ; on en sent alors vivement l’heureuse influence.

A mesure que l'homme avance en âge, l’utilité des vêtements de laine, destinés à l’isoler et à conserver sa température propre, devient plus grande. Il en est de même chez les individus épuisés et atteints par une vieillesse anticipée, ainsi que dans la convalescence de la plupart des maladies, et surtout des affections aiguës et chroniques de l’appareil respiratoire. Les vêtements de laine sur la peau ne doivent pas être conseillés aux sujets pléthoriques et sanguins, car ils diminuent l’activité de l’appareil respiratoire en augmentant celle de la peau. L’usage du coton a longtemps été regardé comme mauvais par nos ancêtres. C’est un préjugé trop complètement tombé dans l’oubli à l’époque actuelle, pour qu’il soit même utile d’en parler.

Lits. — Le lit est le vêtement de l’homme malade. C’est dans le lit que l’homme bien portant passe la moitié ou, au moins, le tiers du temps de son existence. L’examen des éléments divers qui le composent ne manque donc pas d’importance. Il y a, en effet, des différences très-grandes et des intermédiaires multipliés entre la dalle sur laquelle s’étend le Napolitain ou le Sicilien, et le lit somptueux des habitants riches de nos contrées, et ces différences en impliquent dans les matières nombreuses qui les constituent et leur disposition réciproque : c’est ce qu’il s’agit, d’examiner.

La partie avec laquelle le corps de l’homme est immédiatement en contact est constituée par les draps, qui sont en toile ou en coton. Les draps, dont l’usage est analogue à celui que remplit le linge de corps, sont destinés à absorber le produit de l’exhalation cutanée ; aussi doivent-ils être changés le plus souvent possible, et leur emploi est-il indispensable chez les peuples qui se couchent dépouillés de leurs vêtements, comme dans nos contrées. Il n’en est pas de même dans les climats chauds où les habitants ne s’en débarrassent qu’incomplétementpour se coucher, et ne mettent pas leur peau en contact immédiat avec les draps. Ils peuvent même s’en passer.

Les couvertures doivent être simplement en laine, ou en laine et coton. Deux couvertures de laine, ou une de laine et une de coton, suffisent en hiver. Une seule de laine au printemps et en automne. Une seule de coton, ou même les draps seuls, dans les chaleurs. Voilà ce qu’il y a de préférable pour l’hygiène. Les couvre-pieds, les édredons, les fourrures ne doivent pas, autant que possible, être employés, surtout par l’homme. Il faut les laisser à quelques femmes frêles et délicates. Les matelas sont ordinairement remplis avec de la laine, du crin, avec un mélange de laine et de crin, ou bien encore avec de la plume. D’après les recherches de Stark, les matelas

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