‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 173 sur 353 · CI1AP. XII · texte numérisé non relu

CI1AP. XII

DES ÎIAINS.

gnait dans l’eau du Tibre, les bains tièdes étant employés seulement chez les riches. — Les grands personnages, tels que Cicéron, Pline, avaient organisé des bains domestiques.

Les premiers bains publics sont dus à Mécène. Après lui, ils se multiplièrent, et le luxe le plus grand y fut déployé.

La disposition intérieure des bains des Grecs et des Romains était fort compliquée : la voici d’après M. Motard :

« Le batiment se composait, d’une suite de portiques entourant une cour par trois de ses faces ; la quatrième face était complétée par un bassin destiné aux bains froids, baptisterium, assez grand pour permettre la natation; un second bain froid, frigidarium , formé d’un second bassin placé dans une pièce fermée, formait l’entrée des autres bains. En quittant ces autres bains, on se rendait toujours dans cette pièce pour y respirer un air frais. La salle des bains chauds, tepidarium , venait ensuite. Parmi les bassins qu’elle contenait, il s’en trouvait un fort grand, suffisant pour recevoir plusieurs personnes, et dans lequel on descendait par des degrés de marbre : un de ses côtés offrait une série de gradins et un accoudoir, places destinées à ceux qui, ayant quitté le bain, venaient s’y livrer à la conversation. On trouvait plus loin les étuves. L’étuve humide d’abord, calidarium ou sudatorium , salle circulaire, semblable à nos bains de vapeur : celle-ci s’échappait par le centre, le pourtour était garni de gradins de marbre, et tout le sol était chauffé; puis l’étuve sèche ou laconium renfermant un air sec, et chauffé au moyen d’un grand poêle; une sorte de large bouclier d’airain, en s’élevant ou en s’abaissant, diminuait ou concentrait la chaleur. A portée de tous ces bains, dans lesquels on passait successivement, se trouvait Yapodytère , ou vestiaire. Dans quelques gymnases grecs, la pièce destinée à faire les onctions huileuses et à garder le sable destiné aux athlètes complétait cet ensemble. Enfin venait Yhypocaustum ou la salle des fourneaux, où l’on faisait bouillir l’eau dans des vases d’airain, et d’où la chaleur se répandait par des conduits ménagés dans la construction même de l’édifice. Une foule d’esclaves étaient affectés au service de ces établissements : c’étaient les fricatores , qui frictionnaient la peau et la grattaient avec des spatules d’ivoire appelées strigiles ; les tractatores , qui pétrissaient les muscles; les alipilarii , qui épilaient le corps; les unctores, qui frottaient d’huile ou d’essences. » ( Essai d’Iiyg. gén., t. II, p . 113. 1841.)

L’usage des bains régna dans toute l’antiquité, et, de nos jours, les peuples d’Orient ou du Midi ont conservé dans la construction de leurs bains des habitudes qui rappellent celles des Romains. — Les Égyptiens, les Arabes, les mahométans des

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divers pays, ont toujours donné un grand soin aux bains et aux établissements dans lesquels on les prend.

Les peuples du Nord et des climals froids ont souvent recours à l’emploi des bains, mais ceux-ci sont fondés sur d’autres principes. On se place d’abord dans des étuves chaudes, dont la température est portée quelquefois jusqu’à 50 ou 55 degrés. Une fois que la sueur ruisselle de toute la surface du corps, on l’entretient quelque temps avec des frictions rudes ou des flagellations avec des branches de bouleau. La peau, une fois rouge, est aspergée d’eau froide ou même de neige : après quoi, on s’expose de nouveau à la chaleur. On repasse souvent ainsi plusieurs fois de suite de l’une à l’autre.

Dans nos climats tempérés, pendant le moyen âge, qui vit se perdre tant de bonnes coutumes, et pendant lequel la civilisation recula, l’usage des bains se perdit en partie. A l’époque de la renaissance, il ne prit jamais un développement considérable ; et la pratique si fréquente et si générale autrefois, des bains tièdes et chauds, des étuves sèches et humides, ne reprit jamais grande faveur ; mais aussi un grand changement était survenu, l’usage du linge de corps commençait à se répandre et remplissait une des fonctions dévolues au bain, celle d’absorber les produits de l’exhalation cutanée. — Depuis deux à trois siècles, l’usage des bains devient de plus en plus général, et le nombre des établissements publics qui y sont consacrés augmente d’année en année. C’est ainsi qu’à Paris, en 1832, il existait 78 bains publics, 2,374 baignoires fixes, et 3,770 baignoires mobiles destinées aux bains à domicile. Il y avait, en outre, 22 bains froids sur la Seine.

[Enfin, en 1850, d'après un rapport de M. Darcy, il y avait, à Paris, 125 maisons de bains, en y comprenant les grands établissements sur bateaux, renfermant, en tout, 4,064 baignoires sur place et 1,894 mobiles. Le nombre de bains annuellement servis était de 2,116,320, ce qui, sur une population de 950,000 habitants, donne seulement 2,23 par personne. Les efforts de l’administration doivent tendre à faire augmenter un chiffre aussi restreint par des concessions d’eau à bon marché et autres facilités données aux directeurs de bains, mais surtout aux chefs de lavoirs.]

Action des bains sur l'homme .

Pour bien apprécier l’influence des bains, il est utile de se reporter aux fonctions principales que la peau est destinée à remplir.

La première est l’exhalation cutanée, dont la quantité peut être évaluée en moyenne à lkil,447 par vingt-quatre heures.

Cette sécrétion, se déposant à la surface de la peau, s’éva-

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