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II. — Régime qualitatif

On doit examiner à part le régime animal, le régime végétal, le régime gras, le régime maigre et le régime mixte.

\° Régime animal. — Le régime animal consiste dans l’emploi presque exclusif des substances animales pour l’alimentation, les végétaux n’y entrant qu’en* quantité très-peu considérable et exceptionnellement.

La nourriture animale presque exclusive détermine les effets

CHAP. XVIII. — DU RÉGIME

physiologiques suivants : le tube digestif, tout en fonctionnant bien, est dans un état de stimulation permanente; la soif est augmentée; la constipation est habituelle; les matières fécales sont peu abondantes, dures, foncées en couleur; la peau est habituellement le siège d’une chaleur anormale, qui tient, en quelque sorte, le milieu entre la chaleur naturelle et la chaleur fébrile; le pouls est, en général, plus fréquent et plus vif; il y a de la maigreur; l’embonpoint, s il existait avant, disparaît sous l’influence de ce régime.

Le sang se modifie, la quantité d’eau diminue, la proportion des globules et celle de la fibrine augmentent; l’urine est, en général, peu abondante, peu aqueuse; elle est un peu foncée en couleur, très-acide et chargée d’urée et d’acide urique. Ce régime est celui que suivent un grand nombre d’habitants des pays froids, en même temps qu’ils se livrent à un exercice musculaire énergique. C’est par ce moyen qu’ils produisent la quantité de chaleur animale nécessaire pour résister à la basse température du climat.

Dans les climats tempérés, la nourriture animale, à peu près exclusive, continuée longtemps, peut déterminer des maladies spéciales. Telles sont en particulier les phlegmasies, auxquelles ce régime dispose évidemment; l’augmentation physiologique de la fibrine produite par cette alimentation explique suffisamment ce résultat.

Certaines matières de nature animale atténuent singulièrement les qualités irritantes de ce régime ; tel est le lait : il le doit à ce qu’il contient du sucre de lait, qui peut être comparé, à tous égards, aux substances végétales. L’œuf agit dans le même sens, mais beaucoup moins efficacement.

Le régime animal exclusif doit être rejeté toutes les fois qu’on peut faire autrement, et il est toujours nécessaire qu’on y associe une certaine quantité de substances végétales. On a reproché à l’abus longtemps répété des viandes salées de produire le scorbut; il est probable que, dans les circonstances où il en est ainsi, comme dans les voyages de long cours, d’autres conditions hygiéniques défavorables viennent s’y joindre. On doit, toutefois, attacher une certaine importance à cette influence des viandes salées, car il peut se faire que la grande quantité de chlorure de sodium qui y est contenue, contribue à augmenter la proportion de soude renfermée dans le sang, et à dissoudre la fibrine.»

2° Régime végétal . — Le régime végétal exclusif exerce peutêtre une influence moins fâcheuse sur la santé que le régime animal; il est probable que ce résultat est dû à ce que la plupart des végétaux contiennent des matières azotées qui sont,

ainsi que nous avons déjà eu occasion de le dire, la fibrine, l’albumine et la caséine végétales.

Le régime végétal presque exclusif, continué sans interruption, pendant un certain temps, produit les résultats suivants : l’appareil digestif est languissant ; les digestions sont longues, pénibles et souvent accompagnées de développement de gaz; les matières fécales sont abondantes, de couleur claire, et même quelquefois semi-liquides; la diarrhée est assez fréquente ; la chaleur animale est peu intense, le refroidissement facile; la constitution s’affaiblit, les forces sont peu énergiques. Dans quelques cas, où le régime végétal exclusif est très-abondant, et où, en même temps, les individus qui y sont soumis font peu d’exercice, l’embonpoint se développe, comme conséquence presque nécessaire.

Le régime végétal est propre à certaines populations plutôt qu’à d’autres. Les peuples des pays chauds y sont plus particulièrement soumis : c’est le genre de nourriture qu’ils préfèrent, en même temps qu’ils exercent peu leur système musculaire.

L’usage exclusif des substances végétales, longtemps continué, peut déterminer quelques maladies spéciales; nous citerons les suivantes :

1° L’appauvrissement du sang, qui consiste dans la diminution simultanée et proportionnelle des globules, de l’albumine et de la fibrine. Il est des cas où cet appauvrissement est porté très-loin et produit soit une anémie par diminution des globules, soit une hydropisie regardée autrefois comme essentielle et qui est due à l’abaissement du chiffre de l’albumine. La diminution de la fibrine est rarement portée assez loin pour déterminer le développement du scorbut ;

2° L’usage habituel des substances végétales produit des gastralgies, des dyspepsies flatulentes, des diarrhées, etc. ;

3° Les entozoaires sont souvent la conséquence d’un régime végétal exclusif ou prédominant ;

4° Le diabète est généralement considéré comme pouvant être la suite de l’usage excessif des féculents. Si cela est, la grande quantité de sucre produit par le foie ne peut être brûlé par l’oxygène absorbé dans l’acte de la respiration ; il passe en partie, sans être attaqué, dans le sang artériel, qui s’en débarrasse par les reins.

De tout ce qui vient d’être dit, on peut conclure que, tout en ayant moins d’inconvénientë que le régime animal, le régime végétal ne doit cependant pas être employé plus que le dernier d’une manfère tout à fait exclusive, et que c’est leur association, ou le régime mixte, qui est celui qui convient le mieux à l’habitant de nos contrées.

CÜAP. XVIII. — DU RÉGIME

3° Régime mixte. — Le régime mixte, composé d’une quantité modérée de substances alimentaires, est celui qui réussit le mieux à l’habitant des pays tempérés.

Le régime mixte doit consister dans une quantité déterminée des substances animales et des substances végétales. D’après M. Dumas, un homme bien constitué, mangeant bien, doit consommer par jour 154 grammes de carbone, et 22,5 d’azote. Pour représenter des quantités d’aliments correspondantes, il faut les proportions suivantes à un cavalier de l’armée :

POIDS

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