MATIÈRE
non azotée sèche.
Viandes fraîches
Pain de munition
125 gr.
Pain hlane de soupe
Légumineuses
Les proportions d’azote contenues dans divers végétaux peuvent être représentées, d’après M. Boussingault (la quantité de ce principe contenue dans la farine de froment étant 100), par les équivalents suivants : riz, 77 ; pois, 67 ; lentilles, 56 ; haricots, 56.
Des aliments composant le régime mixte, pris en quantité trop copieuse, ont fréquemment pour effet de produire la diathèse urique : elle se traduit alors, comme de coutume, par la gravelle et la goutte ; les principes qui ont été développés tout à l’heure rendent suffisamment compte de ce résultat.
L’emploi du régime mixte doit être subordonné à certaines règles qui constituent la distribution des repas et les heures où ils doivent s’accomplir. C’est là une question importante et xju’il s’agit d’examiner :
C’est une nécessité pour l’homme de prendre ses repas à ■des heures fixes et déterminées. Aussi, doit-on établir en principe qu’il ne faut pas plus de cinq heures d’intervalle, et pas moins de quatre entre chacun des repas qui ont lieu dans le cours d’une journée.
Il est un certain nombre de personnes qui prennent, deux à trois heures après le repas, et surtout après celui du soir, une infusion de thé. C’est une assez bonne habitude, et qui contribue à faciliter la digestion, à la condition que la quantité de
liquide ne sera pas trop considérable, et qu’on n’y ajoutera pas de substances solides.
Selon l’opinion de beaucoup de médecins, le déjeuner devrait être le principal repas; pour donner ce conseil, ils s’appuient sur les raisons suivantes :
\° Il est nécessaire de réparer assez rapidement les pertes éprouvées pendant le sommeil ;
2° Les organes digestifs, sortant d’un long repos, ont toute leur puissance et toute leur énergie pour exercer leur fonction et pour digérer ;
3° L’action de la lumière, l’exercice modéré du jour, contribuent à favoriser la digestion ;
4° Le sommeil est aussi éloigné que possible de l’instant du déjeuner, et la digestion complète et radicale a le temps de s’effectuer avant qu’il revienne.
Sans admettre complètement cette opinion, je dirai qu’il est un grand nombre d’individus qui sont obligés d’en user ainsi et de faire du déjeuner leur principal repas : la digestion s’opère, en effet, infiniment mieux pendant la journée que le soir et pendant le sommeil.
La disposition suivante des heures des repas paraît convenable sous le rapport de l’hygiène.
En s’éveillant, ou une demi-heure ou une heure après, il est bon de faire un léger repas, consistant dans l’emploi d’un liquide nourrissant, tel que bouillon, soupe, chocolat, lait, café au lait ; il peut être pris à sept ou huit heures du matin. — Ce liquide nourrissant sert à réparer les pertes les plus importantes failes pendant la nuit.
Le déjeuner peut alors être attendu, et il est bon qu’il ait lieu vers dix heures et demie ou onze heures du matin, et qu’il soit précédé d’un exercice modéré, qui prépare l’appétit et rende plus facile la digestion des aliments pris pendant le déjeuner.
Le deuxième repas, ou le dîner, doit avoir lieu cinq ou six heures après le déjeuner, c’est-à-dire vers cinq heures du soir.
Dans le cas où il ne peut en être ainsi, et où il faut attendre six heures, six heures et demie ou sept heures, il faut intercaler entre les deux repas, et à égale distance de chacun, une collation légère composée d’un aliment solide et léger. Un peu de pain et quelques confitures, par exemple.
Le repas qui prend actuellement le nom de dîner doit comprendre le reste de la nourriture dont l’homme a besoin pour wngt-quatre heures ; il doit être séparé du coucher par un intervalle de trois à quatre heures.
A chaque repas, on doit faire usage de liquides en même temps que de solides ; il est avantageux que les liquides soient
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intercalés entre les diverses substances alimentaires dont se compose un repas. Avant ou après le repas, il est d’observation que leur ingurgitation en une seule fois est capable de troubler le travail digestif.
On doit établir, comme précepte hygiénique, qu’il est utile de ne pas trop multiplier les mets, de ne pas leur faire subir une élaboration trop compliquée ou trop étudiée, et enfin de ne pas introduire de condiments trop énergiques.
11 est également nécessaire de manger très-lentement, de soumettre les aliments à une mastication complète, et de ne jamais sortir de table complètement rassasié, et la faim parfaitement satisfaite. — Lorsqu’on mange trop vite, on s’expose aux indigestions, et le défaut de mastication et de broiement, joint à l’absence d’insalivation, explique cet effet. En général, ainsi que j’ai déjà eu occasion de le dire, dans les pays civilisés on mange trop, et la quantité de nourriture dont on fait usage est bien supérieure à celle qui est nécessaire pour entretenir longtemps l’existence.
Le régime est modifié par l’âge, le sexe, le climat et les habitudes.
Age. — Dans la première année de la vie, l’enfant doit trouver des aliments réparateurs et respiratoires tout préparés, et ayant, en quelque sorte, subi une espèce de digestion préliminaire. C’est précisément la condition que remplit le lait, qui contient de l’eau, une matière azotée et nutritive (la caséine), des matières hydrocarbonées et servant à la respiration (le beurre et le sucre de lait). Ces aliments suffisent chez le jeune être à l’accroissement des tissus et à la production considérable du calorique qui lui est nécessaire.
Après fci lactation, il faut également aux enfants des aliments réparateurs, destinés à fournir les matériaux de leur accroissement, et des aliments respiratoires, pour fournir le carbone dont la consommation est rendue nécessaire par les exercices continuels auxquels ils se livrent : chez eux, les repas doivent être multipliés et séparés par un intervalle moins considérable que chez les adultes : chacun de ces repas doit être moins abondant. — Les stimulants de toute sorte doivent être rejetés pour les enfants, et l’on doit s’arranger de manière à ne jamais satisfaire trop complètement leur appétit.
Dans l’âge adulte, le régime mixte est celui qui doit être employé.
Dans la vieillesse, la nourriture doit être modérée, peu abondante, mais surtout composée de viandes facilement digestibles. On peut permettre l’usage des vins généreux en très-petite quantité. Si l’on peut décider les vieillards à prendre de
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l’exercice avant et après les repas, mais surtout après, on leur rend un grand service.
Sexe. — Les femmes font moins de mouvement que les hommes, se livrent à moins d’exercice ; aussi un grand nombre d’entre elles peuvent-elles se contenter d’une alimentation dans laquelle dominent les substances végétales. 11 est nécessaire, toutefois, de faire en sorte que cette prédominance ne soit pas trop exclusive.
Climats chauds et saisons chaudes . — Ils indiquent plus particulièrement la nécessité d’une alimentation peu abondante, et le choix d’une nourriture composée plus spécialement de substances végétales.
Climats froids et saisons froides . — Le froid indique des conditions opposées ; c’est ainsi que, dans les régions septentrionales, une nourriture abondante et plus particulièrement composée de substances animales, est nécessaire et est beaucoup mieux tolérée.
Habitudes. — Les habitudes exercent une influence notable à l’égard de l’alimentation ; elles doivent toujours être respectées. La disposition d’esprit influe également beaucoup sur la digestion ; il est mauvais de s’appliquer fortement, après les repas, à un travail quelconque.
Lorsqu’on s’est livré à un exercice peu violent, que la fatigue se fait sentir, et, en même temps, que la faim est impérieuse, il est toujours préférable de ne pas la satisfaire immédiatement : il est d’observation qu’en pareille circonstance on est rassasié rapidement, et qu’une indigestion est fréquemment la conséquence d’un repas fait dans de telles conditions. Il est d’une bonne hygiène de laisser écouler un certain espace de temps entre l’instant où cesse l’exercice et celui du repas. — Si cet exercice a été forcé et si la fatigue est très-grande, un peu de sommeil, pris avant de se mettre à table, rétablit l’équilibre et permet à la digestion de s’accomplir sans difficulté.
4° Régime dit gras. — C'est le régime mixte ordinaire, et dû à la réunion de substances animales et végétales, qu’on désigne plus particulièrement sous ce nom, par opposition à celui du régime maigre.
5° Régime maigre. — Ce régime, suivi par un grand nombre d’individus pendant le temps du carême, résulte de l’emploi de quelques produits azotés mélangés à des substances végétales, qui sont en proportion beaucoup plus considérable. Il consiste principalement : 1° dans l’emploi presque exclusif des végétaux, auxquels on joint quelques substances animales, telles que du lait, du beurre ainsi que du poisson ; 2° dans la distri-
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bution des heures des repas, qui sont réduits à deux. Le premier, auquel on donne le nom décollation, consiste en légumes cuits à l’huile, en pain. Le lait , le beurre, le poisson, sont destinés au repas du soir.
Le régime maigre n’est pas toujours facilement supporté. Les sujetsd’unebonne constitution, à estomac solide et robuste, n’en éprouvent aucun mauvais effet ; chez certains autres, et surtout c iez les personnes débiles, délicates, le régime maigre, employé pendant longtemps, fatigue l’estomac, ne permet pas une réparation suffisante ; il est fréquemment le point de départ de gastralgies et de dyspepsies avec sécrétion gazeuse ; il faut alors s’en abstenir.
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