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sage des spiritueux. En pareil cas, l’oxygène employé à brûler le principe nouveau introduit dans le sang ne suffit plus pour détruire et enlever complètement les tissus qui doivent cesser de faire partie de l’organisme. Il en résulte une combustion incomplète, et, par conséquent, le produit, au lieu d’être de l’urée, est de l’acide urique. Cet effet, se produisant à la fois dans tout l’organisme, constitue la diathèse urique, qui se manifeste par le développement de la gravelle et de la goutte.
Les effets physiologiques de l’alcool peuvent se résumer dans l’accélération de la circulation, la chaleur et la turgescence de la peau; ces effets rendent bien compte des modifications suivantes, qui surviennent dans l’organisme :
Le visage rougit, les yeux brillent, toutes les fonctions s’exécutent avec plus d’énergie, le système musculaire devient plus fort, une sensation de plaisir et de bien-être se développe en même temps ; on jouit du présent et l’on ne songe pas à l’avenir; le courage s’accroît, le cœur s’épanouit, la langue se délie, l’intelligence s’illumine. Après un peu d’affaissement et un sommeil réparateur, le calme renaît, et il ne reste plus aucun effet de l’alcool.
Si la mesure est dépassée, l’excitation se change en ivresse, la circulation du sang s’exagère, le pouls devient plus fréquent, la tête se congestionne; l’aspect delà face devient farouche, les yeux fixes et sans expression ; les sens s’émoussent, la démarche devient incertaine, la parole embarrassée : un bavardage, composé de paroles sans liaison, traduit un flux désordonné d’idées; un délire véritable, enfin, se développe; le caractère change, les individus les plus calmes et les plus tranquilles deviennent souvent querelleurs, méchants et grossiers. A part le sommeil, qui survient et fait cesser ces effets divers, on est, pendant dix-huit à vingt-quatre heures, apathique, indifférent, las et courbaturé.
Le caractère physique de l’individu habitué à boire ne tarde pas à se modifier. L’incertitude et le peu^de sûreté des actions, la difficulté et la lenteur des conceptions, la diffusion des idées, la perte de la mémoire et du jugement, sont les résultats de cette transformation du caractère. En même temps, ces individus deviennent pusillanimes, lâches, mous; ils n’ont de goût pour rien; l’appétit vénérien diminue; enfin, la décadence morale et physique ne tarde pas à frapper prématurément les hommes qui ont contracté cette malheureuse habitude. Il ne reste plus que l’imagination, sous l’influence de laquelle naissent des hallucinations qui, plus tard, conduisent à un délire continuel.
Tel est le tableau de la dégradation qui survient chez les
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090 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’ilYGIÈNE.
individus qui s’adonnent à l’ivrognerie; mais il est nécessaire d’entrer dans des détails plus circonstanciés, et, sous ce rapport, on ne peut mieux faire que de suivre la division admise par Roesch dans son excellent article sur l’abus des boissons spiritueuses. ( Annales d'hygiène.)
Roesch distingue : t° l’inhumanité ébrieuse ; 2° l’ivrognerie proprement dite; 3° les hallucinations ébrieuses; 4° la folie ébrieuse.
1° Inhumanité ébrieuse. — L’inhumanité ébrieuse se produit sous deux formes différentes, qui sont :
A. La férocité ébrieuse qui se manifeste chez les hommes robustes, forts, dépourvus d’éducation. Elle les pousse à la jactance, aux injures, aux coups et aux blessures dont ils ne sont pas avares;
B. La morosité ébrieuse se présente chez les sujets plus faibles. Elle les rend sombres, mécontents, querelleurs, faisant, à propos de tout et à tous, des reproches ; ils sont en même temps fainéants et bavards.
2° Ivrognerie. — On doit en distinguer trois degrés , qui sont :
A. Le désir des boissons spiritueuses, se développant chez des individus, en raison de l’hilarité qu’ils savent se procurer avec elles;
B. Le désir plus violent, qui est la conséquence du besoin qu’on éprouve de réparer ses forces ;
G. Le désir irrésistible, se manifestant souvent sous forme périodique et constituant déjà une manie véritable.
L’usage et l’abus de l’eau-de-vie conduisent plutôt à l’ivrognerie que le vin. L’oisiveté, les habitudes voluptueuses,, les chagrins, les fatigues intellectuelles, favorisent son développement.
3° Hallucinations ébrieuses des sens. — Elles sont nombreuses et variées, et n’ont aucun caractère spécial.
4° Folie ébrieuse. — La folie ébrieuse comprend :
A. Le delirium tremens , qui peut être défini un trouble des fonctions cérébrales et nerveuses, accompagné d’insommie, de délire, d’agitation, de tremblement des membres, d’hallucinations, auxquels vient succéder la tendance au collapsus, puis le collapsus critique lui-même. L’abus de l’eau-de-vie le détermine plus tôt que celui du vin. On le voit quelquefois se développer chez des gens qui ne s’enivrent pas, mais qui boivent un peu plus que ne le comporte leur constitution ;
B. La manie aiguë des buveurs (mania à potu ) est constituée par une irrésistible propension à tout briser, tout détruire, accompagnée de troubles divers et nombreux des sens. La vo-
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lupté et le penchant au coït sont accrus momentanément pendant l’accès ;