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CI1AP. XXYI. — DES PASSIONS

Influence des passions sur les principaux actes organiques.

Influence des passions sur l'encéphale. — Les causes morales ont une aclion très-vive sur le cerveau : certaines impressions subites et violences peuvent tuer en un instant l’homme le plus robuste, sans que l’autopsie cadavérique révèle aucune lésion appréciable. La frayeur, par exemple, portée à un point excessif, produit un ébranlement nerveux, qui peut être subitement mortel.

A des degrés moindres, des causes analogues produisent des effets moins violents. Ainsi, la colcre, l’effroi ont souvent eu pour conséquence des congestions ou des hémorrhagies cérébrales plus ou moins graves et suivies de paralysie. La joie immodérée n’est pas moins dangereuse, et tous les mouvements expansifs les plus puissants peuvent entraîner les mêmes désordres. Si l’on suppose plus de force de résistance de la part de l’organe, plus de jeunesse, et des vaisseaux plus souples, plus élastiques, moins faciles à déchirer, on aura des congestions avec perle de connaissance, ou bien un délire aigu, violent, suivi d’un retour à la raison. Ces circonstances heureuses arrivent souvent dans le jeune âge, car, plus tard, les organes cèdent davantage et ne reprennent pas leur état primitif. Enfin, chez un certain nombre d’individus débiles, le cerveau ainsi altéré conserve en germe un travail morbide, et de profondes altérations se développent souvent à la suite d’une profonde impression qui a jeté le trouble dans les phénomènes de sa nutrition intime.

La plupart des accidents dus à Y amour se rapportent aux fonctions cérébrales proprement dites, ou à la réaction sympathique qu’elles exercent sur la plupart des autres viscères. Ainsi, cette passion, considérée du côté moral, dans sa forme la plus platonique, réagit sur le cerveau, et cause tous les inconvénients attachés à une joie trop vive, aux grandes peines, à la jalousie, au dépit, et, dans tous ces cas, le cerveau et le cœur ressentent surtout cette première et funeste influence ; mais lorsqu’au sentiment moral vient se joindre l’exaltation du sens génital, lorsque les excès vénériens répétés viennent solliciter l’action du système nerveux, alors on voit des accidents graves se développer.

Si l’amour des autres a celle influence, l’amour de soi n’en a pas moins ; et toutes les passions égoïstes, comme l’avarice, l’orgueil, l’ambition, entraînent de nombreux désordres dans

l'innervation et scs organes principaux. Les mômes remarques sont applicables aux nuances diverses de la sensibilité interne. Il est il remarquer que la plupart des suicides arrivent après des impressions morales qui ont agi principalement sur le cerveau, et que la plupart des grands désordres causés parles passions expansives et dépressives tiennent au môme mode d’action .

Influence des passions sur le système circulatoire. — Le cœur et le système circulatoire sont fortement influencés par les passions, et beaucoup de lésions de cet organe doivent leur développement à des sensations morales qui ont retenti sur lui. Ainsi, toutes les grandes joies, comme toutes les grandes douleurs, frappent au cœur, comme on le dit dans le langage ordinaire : et c’est, en effet, dans la région précordiale que l’on ressent la première secousse. C’est dans ce point que se porte la main de l’individu qui souffre, et souvent cette douleur est telle, que la mort subite peut en ôtre le résultat.

Il faut noter qu’à l’ouverture des cadavres d’individus morts dans cette circonstance, on ne trouve quelquefois aucune lésion appréciable. C’est une syncope profonde, une abolition subite de l’innervation de l’organe, et la mort définitive de l’individu est la suite de cette mort partielle. Les choses ne vont pas toujours jusque-là, et l’on observe seulement que de tels accidents sont le point de départ de palpitations nerveuses, ou même d’hypertrophies. Un grand nombre d’affections organiques du cœur n’ont pas d’autre origine, et les anévrismes des gros troncs vasculaires du thorax sont dans le même cas. Les sympathies qui unissent le cerveau et le cœur sont donc telles, que tout ce qui agit sur l’un de ces organes réagit sur l’autre, et produite la fois un trouble énorme dans les principales fonctions de l'économie. C’est spécialement sous le rapport de leurs effets sur la circulation, que les passions peuvent être appelées expansives ou dépressives, et l’on voit assez bien, en effet, les mouvements du cœur indiquer ce mode de lésions. Ainsi la joie, le bonheur, les émotions vives et agréables, donnent à la circulation une rapidité inaccoutumée. Le cœur chasse le sang, et la peau se colore d’une nuance éclatante. Dans d’autres cas, au contraire, les passions tristes, comme l’amour contrarié, la jalousie, ralentissent la circulation, donnent lieu à un affaissement général, à une pâleur de la peau, qui indiquent le défaut d’énergie de la part du cœur.

Influence des passions sur l'appareil respiratoire. — Les poumons sont influencés par les passions, comme les deux organes précédents; cependant cela est plus rare, et, à cela près de quelques dyspnées subites, qui surviennent sous l’influence

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