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DES PASSIONS

d’une nouvelle fâcheuse, d’une joie immodérée, on a rarement l’occasion de constater des phénomènes isolés dans cet organe. Mais le cœur et le cerveau ont des relalions trop intimes avec les poumons, pour que les troubles éprouvés dans ces deux premiers appareils ne réagissent pas sur ceux-ci; et c’est en effet ce qui arrive. On a vu survenir des apoplexies pulmonaires à l’occasion d’une frayeur profonde, d’une colère, d’une joie immodérée, efcês hémorrhagies sont quelquefois mortelles. Il en est de môme de ces irritations bronchiques si souvent dues aux abus du coït, surtout chez les sujets prédisposés à la tuberculisation pulmonaire.

Influence des passions sur l'appareil digestif. — L’appareil digestif ressent vivement l’influence des passions. L’estomac se soulève, rejette avec force les aliments qui le remplissent, ou bien les fonctions ne s’accomplissent pas, et il y a indigestion complète. Très-souvent les accidents ne sont que consécutifs, lents, et l’on voit survenir peu à peu des lésions, d’abord peu graves en apparence, et qui finissent par altérer profondément cet organe. C’est à la suite de passions tristes, dépressives, que beaucoup de cancers de l’estomac se développent. Chez les jeunes filles, les troubles digestifs sont bien souvent le résultat des contrariétés qu’elles éprouvent dans leurs goûts. Une vie trop sédentaire, la contrainte qu’on leur impose, les privations qu’elles éprouvent, enlraînent des névroses digestives de tout genre, que l’éloignement de la cause qui les a déterminées peut seul faire disparaître. La diarrhée est bien souvent la suite de la frayeur ou de toute autre émotion vive et désagréable. Les militaires qui assistent à la première bataille éprouvent bien souvent ce singulier effet. Il en est de môme des urines, qui sont expulsées en abondance, et sous ce rapport, la vessie et le rectum subissent la même influence.

L’ambition, la jalousie et les diverses passions dépressives, qui concentrent la sensibilité dans les grands appareils, produisent des constipations rebelles et opiniâtres. Il en est de môme des fortes contentions d’esprit. La constipation a souvent, du reste, de singulières conséquences. Beaucoup de personnes qui en sont affectées ont l’humeur bizarre, et beaucoup d’actes de dureté et de justice sévère et inflexible sont liés à cette disposition de l’intestin. Le contraire s’observe dans le cas de diarrhée. Les grands courages s’affaiblissent, et l’énergie physique et morale diminue singulièrement sous l’influence des pertes qui ont lieu par celte voie.

Influence des passions sur les appareils de sécrétion . — Le foie joue un grand rôle dans les passions. Une émotion très-vive, une frayeur subite, une colère violente, sont souvent suivies

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d’un ictère plus ou moins intense. Si ce fait est vrai pour l’état aigu, il ne l’est pas moins pour l’état chronique. Un grand nombre de dégénérescences, qu’on observe dans le tissu hépatique, doivent leur origine aux passions concentrées qui agissent sur lui. Souvent les calculs biliaires, les tumeurs encéphaloïdcsdu foie, les kystes hydatiques, la cirrhose, doivent leur origine à des chagrins prolongés, aux grandes douleurs morales persévérantes et concentrées, à l’ambition trompée, aux revers de fortune, et à cette multitude de tribulations qui assaillent l’homme dans presque toutes les positions sociales.

Il a été question tout à l’iieure de la vessie, qui, sous l’influence delà frayeur, chasse subitement l’urine qui s’y trouve contenue. Mais, indépendamment de cette action, on doit considérer celle des reins, qui sécrètent avec une très-grande rapidité une quantité considérable d’urine. En pareil cas. la peau ne transpire pas, la circulation est concentrée, et l’appareil urinaire supplée les autres fonctions dans les perles que doit faire l’économie.

D’autres glandes sont encore soumises à l’influence des passions. Ainsi, tout le monde sait que les glandes lacrymales sécrètent en abondance, dès qu’une cause morale triste vient à agir sur le cerveau : le même phénomène, mais plus rare et plus faible, se passe aussi quelquefois par suite d'une joie immodérée ; le rire va jusqu’aux larmes.

La salive est aussi soumise à l’action de quelques passions. La colère sèche la bouche, ou bien, au contraire, la remplit de salive écumeuse qui donne à la bouche et aux lèvres une expression fort étrange.

De tous les organes sécréteurs, le testicule est celui qui est le plus modifié par les passions. Le sperme, dans l’état de calme, et en l’absence de toute excitation, est sécrété d’une manière presque insensible, et il faut des stimulants directs pour déterminer son expulsion. L’amour, l’habitude du coït, les idées libidineuses, que nos habitudes de vie ont rendues si influentes, agissent sans cesse sur cette glande, et provoquent de nombreuses pertes de la liqueur spermatique. La frayeur, la colère, la honte, la pudeur, s’opposent, au contraire, à cette excrétion, et, dans ces conditions, les exemples d’anéantissement physique ne sont pas rares.

Chez les femmes, l’utérus ressent aussi de nombreuses influences de la part des passions. L’amour, avec ses mille nuances de peine et de plaisir, entraîne à sa suite une foule de lésions de la sensibilité de cet organe si irritable. Il y a des hémorrhagies, des leucorrhées, des aménorrhées, et une foule de lésions de fonctions, qui se développent subitement ou lentement,

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