PROFESSION MILITAIRE
causes morbifiques qui tiennent assaillir le soldat; telles sont les marches eu plein soleil ou par la pluie, la neige et toutes les intempéries des saisons. Dans d’autres circonstances, des marches forcées, en môme temps que l’exposition à toutes les vicissitudes atmosphériques, viennent altérer la santé des soldats.
13° Les campements, les bivouacs, les stations dans des lieux plus ou moins insalubres, quelquefois dans le voisinage de marais, sont le point de départ d’affections diverses et quelquefois mortelles.
14° Dans une ville assiégée, il y a encore d’autres causes de maladies : l’entassement dans des lieux étroits, l’encombrement, le découragement qui s’empare d’une armée, la disette, les privations, sont la source de désordres graves. C’est alors qu’on voit souvent se développer le typhus, qui exerce de si grands ravages dans les armées, qu’il a décimées à plusieurs époques de l’histoire.
15° Le jour d’une bataille, les blessures ne font peut-être pas autant de ravages que toutes les influences précédentes réunies. Mais lorsqu’un combat a eu lieu, et qu’il a été suivi d’une défaite, c’est alors qu’on voit les terribles conséquences de l’affaiblissement du moral et du découragement d’une armée : aux blessures, suite de la bataille, et à toutes les maladies dont nous avons parlé, viennent encore se joindre le typhus, les fièvres pernicieuses, etc., qui sévissent sur les soldats et contribuent à achever de décimer une armée.
16° Lorsque l’on est obligé d’envoyer les soldats dans des hôpitaux qui ne sont pas suffisamment pourvus et qui ont été établis à la hâte, comme cela arrive si souvent en temps de guerre : lorsqu’en même temps ces hôpitaux sont insuffisants pour le nombre des soldats malades ou blessés, et que l’encombrement s’y produit, alors les causes de maladies et de mort agissent avec toute leur énergie, et le typhus, le scorbut, la pourriture d’hôpital, etc., se développent d’une manière épidémique.
Il existe encore quelques autres causes de maladies pour le soldat, mais elles ont moins d’importance peut être que les précédentes : ce sont, chez le fantassin, les exercices trop pénibles, et, chez les soldats de toutes armes, la malpropreté qui règne souvent au-dessous de leur uniforme, les querelles, les rixes, les duels, l’ivrognerie et le célibat, qui, le plus souvent, les entraîne à des excès de tout genre.
HYGIÈNE APPLIQUÉE
11 al ail les les plus fréquentes chez le soldat.
Les influences pathogéniques qui viennent d’ôlre passées en revue sont bien nombreuses. Il s’agit maintenant de jeter'un coup d’œil rapide sur les affections de diverse naiure qu’elles peuvent développer chez les militaires.
i 0 Parmi ces maladies, on peut regarder comme les plus communes : la bronchite aiguë, la pneumonie et la pleurésie ; ces inflammations sont la conséquence des vicissitudes atmosphériques auxquelles le soldat est exposé.
2° Les érysipèles de la face et du cuir chevelu, les méningites aiguës, se développent quelquefois à la suite des marches forcées exécutées par un soleil ardent. En pareil cas, on observe quelquefois, chez les sujets livrés aux abus des liqueurs alcooliques, la manifestation du delirium tremens.
3° La nostalgie est une des maladies les plus fréquentes chez les jeunes soldats enlevés de leur pays et soumis à la rigueur de la discipline. Le regret du passé, le chagrin du présent et les craintes de l’avenir sont capables de produire cette névrose, sous l’influence de laquelle se développent, avec une grande facilité, tous les autres états morbides, et, en particulier, la fièvre typhoïde. Le typhus, la dysenterie, la phthisie pulmonaire, les diarrhées, les entéro-côlites, sont fréquemment la conséquence des marches forcées, des refroidissements, de la mauvaise alimentation, des boissons de mauvaise qualité, des fruits qui ne sont pas parvenus à l’état de maturité. La fatigue, le découragement, viennent bien souvent favoriser l’action des influences précédemment étudiées. On doit regarder la dysenterie comme une des causes les plus fréquentes de la mortalité dans les armées.
4° Les rhumatismes aigus et chroniques se développent souvent, chez les soldats, à la suite de brusques variations de température, ou bien quand, pendant une marche, ils sont soumis à l’action prolongée de l’humidité. C’est ce qu’on remarque souvent à la suite de bivouacs sur un sol humide ou dans une mauvaise saison.
5° L’oplithalmie est fréquente chez les soldats lorsqu’ils sont soumis à l’influence d’un soleil ardent, ou exposés à l’action de la lumière réfléchie par des sables.
6° Les fièvres paludéennes simples ou pernicieuses, développées à la suite de l’action d’effluves marécageux, exercent en temps de paix, comme en temps de guerre, de grands ravages dans les armées.
7° Le typhus, qu’on doit considérer, ainsi que j’ai déjà eu oc-