‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 30 sur 353 · CHANTRE II · texte numérisé non relu

CHANTRE II

DES AGES

de propreté. On a signalé, depuis quelque temps, en Allemagne, les dangers des embouts ou bouts de sein en caoutchouc vulcanisé qui renferment souvent du zinc ou du plomb. Des ordonnances de police ont dû être promulguées à cet égard. Le docteur Jordan, de Birmingham, a communiqué au docteur Fleming, de la môme ville, l’observation d’accidents saturnins observés chez un enfant de 6 mois. En examinant le biberon, on vit que la monture supportant le mamelon artificiel en était détériorée, et comme cette monture était faite d’un alliage contenant du plomb, il devint clair que là était la cause des accidents. Le biberon ayant été changé, l’enfant ne tarda pas à se rétablir.]

L’époque du sevrage a été très-diversement établie par les médecins. Beaucoup la fixent à un an ; un certain nombre, et en particulier Trousseau, la limitent à deux ans, en raison de la terminaison de la dentition, qui a lieu à cette époque. 11 est difficile d’établir quelque chose de positif à cet égard ; cela dépend, en effet, de l’accroissement plus ou moins rapide de l’enfant, de sa bonne santé, de la force de sa constitution, d’une part; et de l’autre, de la mère et de la manière dont elle a supporté les fatigues de l’allaitement. En tout cas, le sevrage devra s’opérer autant que possible d’une manière graduelle.

Les accidents qui peuvent survenir à l’époque de l’éruption des dents doivent engager à redoubler de soins. A cette période de la vie, les enfants sont impressionnés très-vivement par toutes les causes morbifiques.

On doit épargner aux enfanls les impressions trop vives de chaleur, de froid, de lumière, d’humidité, qui peuvent, à cet âge plus qu’à tout autre, être le point de départ de maladies graves dont les suites persistent une partie de la vie.

. 2° Bureaux de nourrices. — Dans les grandes villes, où chacun vit un peu isolément, la nécessité de se procurer des nourrices a conduit l’administration ou des spéculateurs à créer des bureaux spéciaux, dits bureaux de nourrices , destinés à mettre en rapport les particuliers qui cherchent des nourrices et les nourrices qui cherchent des enfants. Voici en peu de mots leur organisation. Il y a à Paris un bureau dépendant de l’administration de l’assistance publique, et neuf bureaux appartenant à des entrepreneurs. L’administration de chaque bureau fait venir à Paris un certain nombre de nourrices, se charge de les garder, de les nourrir, de les loger et de leur procurer un nourrisson à l’aide d’une rétribution déterminée, ou, ce qui est le plus commun, moyennant l’abandon du prix du premier mois, une fois qu’elles sont placées. De plus, le même bureau se charge, moyennant une faible rétribution mensuelle, de re-

cevoir et de leur faire passer le salaire convenu par les parents de l’enfant avec la nourrice à qui il est confié. Quant aux parents, ils n’ont absolument affaire qu’au bureau, qui est l’intermédiaire obligé et en quelque sorte responsable.

Ces bureaux favorisent certainement le placement des nourrices et le choix des particuliers, mais ils ont de graves inconvénients. D’abord tous n’offrent pas une garantie suffisante aux parents et aux nourrices; ensuite ils détruisent les liens étroits qui devraient exister entre la famille et la femme à laquelle elle a confié son enfant ; enfin, et c’est surtout de ce côté qu’ils pèchent, le temps que passent quelquefois les nourrices à Paris avant d’être placées, et qui peut se prolonger souvent jusqu’à un mois, est pour elles une époque de privations, de mauvaise nourriture, de défaut de soins ; pendant ce temps, elles sont généralement entassées dans des locaux étroits, malsains et peu aérés. Les bureaux de nourrices existant à Paris auraient besoin d’être réorganisés d’une manière complète et uniforme, et d’être soumis à une surveillance plus active et plus persévérante de l’administration.

Nous devons, toutefois, exempter de ce blâme le bureau de l’Administration des hôpitaux, qui, n’ayant pas à chercher des bénéfices, ne marchande, par conséquent, aux nourrices, ni l’espace ni la nourriture, ce qui fait que celles-ci se trouvent généralement dans des conditions hygiéniques plus satisfaisantes.

Le bureau municipal doit donc être encouragé ; il est pour l’administration une source de dépenses, mais de dépenses utiles. L’administration, en effet, n’exige pas, comme les bureaux particuliers, de retenues sur les premiers mois de salaire de la nourrice, ni sur les vivants. De plus, les nourrices qui ne se placent pas auprès des familles retournent chez elles avec l’enfant qu’elles sont venues chercher. Elles sont soumises à la surveillance des délégués de l’administration. Le service médical est confié à des médecins qui visitent fréquemment les enfants et leur donnent, ainsi qu’aux nourrices, les soins que leur santé réclame, sans aucune dépense pour les familles. Les ordonnances qui régissent les bureaux particuliers des nourrices sont celle du 9 août 1828, de M. de Belleyme, et celle du 26 juin 1842, de M. G. Delessert. ( Dict . d’hygiène publique de M. Tardieu, 2e édit., t. III, p. 154.)

[En 1867, tandis que s’imprimait la dernière édition du présent livre, une importante discussion, prolongée jusqu’en 1870, avait lieu à l’Académie de médecine sur la question de l’allaittement et du placement des enfants en nourrice. Des faits véritablement désastreux sur la mortalité des jeunes sujets ont été signalés, et, des études faites pendant ces mémorables

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