‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 308 sur 353 · CUA1\ V. — PROFESSIONS DES MINEURS · texte numérisé non relu

CUA1\ V. — PROFESSIONS DES MINEURS

Le chiffre des globules s’abaisse le premier, celui de l’albumine du sérum décroît ensuite. Quanta celui de la fibrine, il ne s’abaisse que plus tard, et sa diminution est loin d’ôtre constante. Il est môme rare qu’elle soit portée au point de déterminer des hémorrhagies. Un autre état morbide assez fréquent chez les mineurs, c’est le rhumatisme, avec toutes ses conséquences. I.es ouvriers, exposés sans cesse à la môme influence qui a déterminé une première fois cette affection, la voient se renouveler et passer fréquemment, et avec une grande facilité, à l’état chronique. Ces deux maladies sont les seules qui soient communes aux diverses classes de mineurs.

[On avait plusieurs fois noté la fréquence des affections catarrhales et rhumatismales chez les mineurs ; Schirmer, dans son remarquable mémoire sur les mines de Grunberg, avait particulièrement insisté sur ce point. D’après un relevé de M. Moll dans les mines de la haute Silésie, pendant la période 1862-67, voici quelle serait la proportion des malades et des maladies dans la profession qui nous occupe. En moyenne, on a eu 43 malades sur 100 ouvriers; les affections internes sont dans le rapport de 26, les affections externes de 17 pour 100. Des maladies internes les plus fréquentes furent : les rhumatismes (2!) 0/0), les affections catarrhales des voies respiratoires (16 0/0), les fièvres intermittentes et rémittentes (10 0/0), les catarrhes des voies digestives (14 0/0), la pneumonie seulement 4,5 0/0; le nombre des phthisiques est très-peu considérable, 0,9 0/0. Annuellement on a perdu 2,25 0/0 des malades, et 1,33 furent déclarés invalides, 2 0/0 moururent de mort naturelle et 0,24 d’accidents. Ce chiffre des accidents est souvent beaucoup plus considérable.]

L’hygiène peut contribuer à modifier ces influences, et, sous ce rapport, beaucoup de progrès ont déjà été accomplis depuis le commencement de ce siècle : mais il reste encore des améliorations importantes à réaliser. Parmi ces dernières, on doit désirer voir s’établir, dans la plupart des mines, des appareils, de ventilation mus par des machines soufflantes, et destinés à remplacer l’air vicié de l’intérieur des galeries, par de l’air ptir puisé au dehors. L’épuisement complet des eaux est un résultat que l'on doit toujours chercher à réaliser dansles mines si l’on ne veut voir se développer les états morbides qui sont la conséquence habituelle de l’action de l’humidité. Un autre genre d’amélioration, qu’on doit encore chercher à obtenir, est l’établissement d’escouades d’ouvriers, occupés alternativement dans le travail des galeries et dans les opérations qui s’établissent au dehors. Ce résultat est possible à réaliser dans un cer-

ÜYGIÈNE APPLIQUÉE.

tain nombre d'établissements de ce genre, et il est un des meilleurs moyens que .l’on puisse conseiller pour s’opposer à l’appauvrissement du sang, ainsi qu’aux conséquences de la privation de la lumière (étiolement).

Quant au régime convenable, aux vêtements suffisamment chauds, ce sont des préceptes hygiéniques communs à tous les hommes, et sur lesquels il est inutile d’insister.

L’exploitation de certaines mines produit quelquefois des accidents particuliers. Les plus communs sont les suivants :

\° Mines de houil'e et d’ anthracite. — Les accidents qu’on peut avoir à redouter dans ces mines sont ceux qui résultent du dégagement d’une certaine quantité de gaz hydrogène, protoet bicarboné, unis à une petite quantité d’oxyde de carbone et quelquefois meme d’acide carbonique. Les conséquences du dégagement de ce mélange gazeux et de son expansion dans l’atmosphère de la mine, ne sont pas toujours les mômes. Lorsqu’il se trouve en contact avec un corps en ignilion, il en résulte une combustion instantanée, accompagnée d’une déflagration. C’est là le cas le plus commun, et, en pareille circonstance, on a observé des accidents graves et quelquefois môme la mort d’un ou de plusieurs mineurs. Dans d’autres cas, mais cela est beaucoup plus rare, le dégagement de ces gaz est assez considérable pour produire l’asphyxie. La combustion et la déflagration des mélanges gazeux détonants sont devenues beaucoup plus rares depuis une trentaine d’années. C’est à la lampe de Davy qu’on en est redevable, et cet instrument a sauvé de la mort un grand nombre d’ouvriers mineurs : son usage est maintenant général dans toutes les mines de houille.

Les troubles de la respiration et l’asphyxie, qui peuvent résulter du mélange, à l’atmosphère des mines, de gaz impropres à la respiralion, ne peuvent être prévenus que par une ventilation active et bien entendue, ainsi que par une hauteur et une largeur convenables données aux galeries.

[Que faut-il penser de cette affection que les auteurs ont désignée sous les noms divers de pseudo-mélanose , d 'anthracose des mineurs , d e phthisie mélanique , phthisie noire , etc., et qui consiste dans l’accumulation de matières noires et pulvérulentes dans les bronches? Suivant les uns, celte matière que l’on rencontre si souvent dans les poumons des houilleurs et des charbonniers, est de la poussière de charbon inhalée pendant l’inspiration : suivant les autres, elle ne serait autre chose que du pigment noir formé dans les poumons pendant la vie. Des observations microscopiques rigoureuses, des analyses chimiques faites par les hommes les plus distingués, ont démontré que, dans beaucoup de cas, la substance noire est véritablement du

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