‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 40 sur 353 · DÉFAUT DB TAILLE · texte numérisé non relu

DÉFAUT DB TAILLE

Du reste, comme l’a dit M. Broca, il faut dans cette étude tenir compte de la race : les descendants des Kimrys qui occupent le nord-est sont plus grands que les Celtes du sud-ouest, ce qui n’ôte rien de l’activité ni de la vigueur de ces derniers.

D’après les mômes documents, la taille moyenne des conscrits, de 1836 à 1865, oscille entre 1 m. 655, 18 et 1 m. 654,45, différence imperceptible.]

Du poids de l'homme. — Quetelet a publié un mémoire trèsintéressant relatif à la détermination du poids moyen de l’homme. Voici les principaux résultats auxquels il est arrivé : l’homme atteint le maximum de son poids vers quarante ans, et il commence à en perdre d’une manière assez sensible vers soixante. A quatre-vingts ans, il a perdu environ 6 kilogrammes de son poids. Sa taille, en môme temps, a subi une diminution ; elle est descendue d’à peu près 7 centimètres.

Le poids moyen, à dix-neuf ans, est à peu près celui du vieillard dans les deux sexes.

Quand l’homme et la femme ont pris leur développement complet, ils pèsent à peu près vingt lois autant qu’à l’instant de la naissance.

Immédiatement avant la puberté, l’homme et la femme pèsent la moitié du poids qu’ils auront après leur développement complet.

Le poids moyen de l’individu, en faisant abstraction de l’âge et du sexe, est de 44 kilogr. 7 gr., tandis que pour l’homme il est de 47 kilogrammes, et pour la femme de 42 kilogr. 5 gr.

[Un habile statisticien allemand, le docteur Meyer, de Munich, s’est beaucoup occupé de cette question du poids et de la taille de l’homme, qu’il a étudiée en Bavière, sur le contingent de trois années, répondant aux années de naissance 1836, 37 et 38. Il a reconnu que : 1° la nature du terrain (les conscrits les plus lourds, par rapport à la stature, se trouvaient dans les terrains jurassiques, et ensuite dans ceux où domine le calcaire coquillier) ; 2-’ le genre de travail (les conscrits les plus grands et les plus lourds étaient les brasseurs, les tonneliers, les bouchers, les étudiants, les charpentiers ; les plus légers étaient les tisserands, les cordonniers, les menuisiers, et surtout les tailleurs) ; 3° enfin l’aisance, sont les trois facteurs qui exercent sur l’accroissement, la plus grande influence, mais que le premier rang appartient incontestablement à l’aisance.]

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■Bibliographie. — Halbersma (E. H.), De varia pondéré corporis humant n ■diverso ejus statu sano. Lugduni Batav., 1818, in-4°. — Tenon, Extr. de notes mss., in Ann. d’hyg., lro séi\, t. X, p. 27, 1833. — Villermé, Mém. sur la taille de l'homme en France, in Ann. d’hyg., lre sér., t. I, p. 351, 1829. — Lélut, Essai d’une détermination de la taille de l’homme en France, in Ann. d’hyg., lre série, t. XXXI, p. 297, 1844. — Dévot, Essai de statistique médicale sur les principales causes d'exemption du service militaire, etc. Th. de Paris, 1855, in-4°, n° 265. — Sistach, Études statistiques sur les infirmités et le défaut de taille, etc., in Recueil de méd., de chir. mil., 3° sérié, t. YI, p. 353, 18G1. — Boudin, in Traité de géogr. et de statist., etc., t. II, liv. IV, ch. i et n. — Du même, Études ethnologiques sur la taille et le poids de l’homme chez les divers peuples, etc., in Recueil de mém. de méd . milit., etc., 3° série, t. IX, p. 169, cartes, 1863, et X, p. 1, 1863. — allaiiie, Études sur la taille et le poids de l’homme dans le régiment des chasseurs à cheval de la garde. Ibid., t. X, p. 161,1863. — Robert, Notice sur la taille et le poids du fantassin français. Ibid., p. 171. — Meyer (J. C.), Ucbcr Maas-und Gewichtsverhàltniss der Militàrpflichtigcn der K. Bayer. Regierungsbezirkes, etc., in Aertzl. Intell. Bl. v. Baycrn, 1861, n° 24-25, et in Canstatt’, Jahresb, 1863, in-12 (Anal, in Ann. d’hyg., 2e sér., t. XXII, p. 177, 1864). — Yoy. aussi pour Quetelet et autres, la bibliographie <!e l’art. Population.

§5. — Vieillesse.

On peut, en moyenne, fixer le commencement de la vieillesse à soixante ans. Toutefois, ce terme n’est pas absolu ; car tel individu, à cet âge, a plus de vigueur et de force que tel autre à cinquante-cinq ans. La durée de la vieillesse est variable, puisqu’elle se termine à l’époque de la mort, elle-même très-variable.

Les caractères qu’on peut assigner aux individus parvenus à la vieillesse consistent dans les modifications suivantes :

De cinquante à quatre-vingts ans, la taille de l’homme perd à peu près 7 cenlimèlres. Son poids diminue également, et, dans celte même période, perd de 6 à 7 kilogrammes.

La peau durcit, se sèche, devient moins souple et se ride. Les cheveux blanchissent et tombent, les dents tombent également, et leur chute est successive. Il survient enfin une détérioration des diverses fonctions de Torganisme.

La cause de cette détérioration peut être très-bien formulée par la loi suivante :

Dans la vieillesse, il y a prédominance du mouvement de décomposition sur le mouvement de composition des tissus. Cette prédominance est la conséquence de l’épuisement, de l’usure, pour ainsi dire, de la force vitale. C’est la fin du cercle qui constitue l’évolution organique et fonctionnelle de l’individu. En nous exprimant ainsi, nous ne prétendons en aucune manière expliquer la nature intime, la cause première de cette grande loi de décadence, pas plus que l’on n’explique celle du déve-

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