‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 72 sur 353 · CHAI*. Y · texte numérisé non relu

CHAI*. Y

DES HABITUDES

morale de l’individu, l’habitude peut rendre de grands services. C’est elle qui accoutume l’homme à la vie commune, qui l’oblige à se plier aux exigences des mœurs et des coutumes, à se soumettre aux enlraves d’une profession, à vivre et à s’acclimater enfin dans tous les lieux habitables du globe.

L’âge, le sexe, le tempérament, exercent une grande influence sur la facilité que possède l’homme de contracter des habitudes. Quelques mots sont nécessaires ici touchant ces trois conditions.

Age. — Les enfants contractent des habitudes avec une facilité beaucoup plus grande qu’à toute autre époque ; trois circonstances en rendent facilement compte :

1° L’ignorance dans laquelle sont les jeunes sujets de toutes les choses de la vie : ce qui fait qu’ils n’ont rien à oublier, rien à mettre de côté pour le remplacer par de nouvelles habitudes ;

2° L’avidité qu’ils ont d'apprendre, de connaître et d’exécuter es choses nouvelles ;

3° Enfin, l’impressionnabilité plus grande de leur cerveau, qui, d’une structure très-délicate et n’ayant reçu jusque-là que peu d’impressions, les perçoit plus aisément, les laisse mieux se graver, et tend, par conséquent, à les répéter plus facilement.

Les habitudes méthodiques employées chez eux sont la base de leur éducation ; une fois contractées, elles se perdent plus difficilement.

Dans l’âge adulte, les habitudes se contractent moins aisément : il faut un laps de temps plus grand, une persévérance plus soutenue ; mais, d’un autre côté, les habitudes contractées dans l’enfance se consolident, se régularisent, s’harmonisent enfin davantage avec la vie commune et ses exigences.

Dans l’âge avancé, les habitudes qui existent depuis un temps assez long ne peuvent plus se perdre. Elles sont devenues, chez les vieillards, une seconde nature, et l’on ne peut plus espérer de les faire disparaître. Bien plus, ces tentatives ont presque toujours des inconvénients, quelquefois même des dangers. Elles peuvent déterminer des accidents, des maladies, et abréger la vie ; c’est surtou t ce qui arrive si les habitudes qu’on veut faire disparaître existent depuis l’enfance.

Sexe. — Le sexe n’exerce pas une très-grande influence sur les habitudes. On a bien prétendu que les femmes les contractent plus facilement, mais cela n’est pas parfaitement prouvé.

Tempérament. — Le tempérament modifie la facilité que peuvent avoir les individus à contracter des habitudes. Les sujets à tempérament sanguin sont plutôt disposés à prendre celles qui dépendent de la prédominance de l’appareil circulatoire. Tels sont, dans l’état physiologique, les besoins de respirer un air

pur, agité, vif, de se livrer à des exercices parliculiers qui deviennent plus tard une véritable nécessité, el, dans l’état pathologique, l’habitude des émissions sanguines.

Les individus à tempérament nerveux présentent cetle double circonstance de conlracter avec une grande facilité toutes sortes d’habitudes, mais aussi de les perdre et de les abandonner presque aussi rapidement qu’ils les ont prises. ,

Chez les individus lymphatiques, les habitudes, au conlraire, se contractent avec lenteur et difficulté ; mais une fois qu’elles existent, elles persévèrent avec ténacité.

Le tempérament bilieux ne présente ici rien de particulier à signaler.

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