C11AP. X. — DK L’IMMINENCE MORBIDE
4° Habitudes.
Certaines habitudes contractées par des individus les placent sans cesse sous la menace de l’invasion d’une maladie plus ou moins grave, et constituent de véritables imminences morbides.
La masturbation, le coït trop fréquemment répété, l’usage des alcooliques, le régime trop excitant ou trop débilitant, une alimentation trop ou trop peu abondante, toutes les habitudes qui peuvent naître de l’abus des organes des sens, de ceux de la locomotion, mettent les individus sous l’imminence de l’invasion de maladies diverses. (Voyez Habitudes , page 116 et suiv.)
5° Constitution faible.
On doit entendre par faiblesse de constitution la faiblesse primitive ou congénitale, et non pas la débilité momentanée et accidentelle qui se développe dans certaines circonstances, pendant la convalescence, par exemple.
Ainsi comprise, la faiblesse de constitution entraîne une imminence morbide pour ainsi dire continuelle, et qui, à chaque instant et sous l’influence de causes occasionnelles légères, peut se transformer en maladie. Cet état doit donc être modifié par l’emploi de tous les agents dont l’hygiène dispose : l’alimentation, le régime, l’exercice, etc., lesquels doivent être continués longtemps et sans interruption.
(>° Obésité.
On admet généralement, comme une moyenne approximative, que le rapport du poids de la graisse au poids total du corps est comme f à 20.
Au delà de ces proportions, et dès qu’une quantité un peu considérable de graisse commence à se déposer dans les aréoles du tissu cellulaire, l’obésité commence. Il existe un grand nombre de degrés entre l’état physiologique normal et l’obésité extrême, et l’on passe de l’un à l’autre par degrés insensibles. Ce n’est toutefois que lorsque l’embonpoint devient considérable qu’il constitue une véritable imminence morbide.
Les causes qui déterminent l’obésité sont les suivantes :
En premier lieu se place l’état primordial de la constitution, qui favorise le dépôt de la graisse ou le produit même spontanément. Quelquefois cet état primordial est héréditaire.
L’âge exerce une grande influence sur l’époque de la manifestation de l’obésité. C’est tout à fait dans l’enfance, ou bien dans la vieillesse, à l’âge du retour, que l’embonpoint se développe de préférence.
Le tempérament lymphatique paraît également favoriser l’obésité. Parmi les influences les plus positives, on place gé-
néralement une vie sédentaire, calme, tranquille, à l’abri des émotions morales et des préoccupations intellectuelles, le défaut d’exercice, l’inaction complète, une nourriture abondante, substantielle et par trop excitante.
L’équitation modérée a été considérée par beaucoup de médecins comme une cause d’embonpoint. Cela est douteux. Je pense, comme Michel Lévy, que le fait, vrai en lui-même, dépend de ce que la plupart des personnes qui se livrent à l’équitation sont placées dans une position de fortune qui leur permet en même temps une vie sédentaire, inactive, à l’abri des préoccupations intellectuelles, ce qui constitue autant de causes d’obésité.
Les caractères anatomiques et physiques de l’obésité sont les suivants :
La graisse se dépose généralement dans les régions du corps où se trouve le tissu cellulaire. Sous la peau, elle forme une couche épaisse; on en trouve également dans les interstices musculaires, dans les cavités abdominale et thoracique. Elle entoure la plupart des viscères importants et exerce sur eux une influence qui aboutit à une véritable atrophie.
Si l’on examine, sous ce rapport, le cœur, le pancréas, les reins, qui, au premier aspect, semblent augmenter de volume en raison de la masse énorme de graisse qui les enveloppe, sépare leurs fibres ou pénètre dans leurs interstices, on ne tarde pas à reconnaître que leur tissu propre est véritablement atrophié, et que le degré de cette atrophie est en raison inverse de l’accumulation de la graisse.
Le foie est volumineux, la capacité de l’estomac et des intestins est augmentée. La cavité thoracique, au contraire, est diminuée par suite de la présence de la graisse dans les médiaslins.
Les conséquences de l’accumulation de la graisse sont les suivantes : les mouvements sont difficiles, pénibles et lents: l’exercice détermine une transpiration facile et abondante. L’action de monter ou de marcher vite amène de l’essoufflement. Le sommeil est lourd, pesant, prolongé ; les digestions, au contraire, sont actives, énergiques, mais s’accompagnant souvent de somnolence pendant qu’elles s’accomplissent. La menstruation est, en général, peu abondante, les appétits vénériens très-faibles; souvent, chez la femme, il y a stérilité.
Tous ces phénomènes constituent et caractérisent une véritable imminence morbide ; de leur existence, en effet, à un état pathologique, il n’y a qu’un degré, et des influences même légères peuvent à chaque instant le faire franchir.
L’obésité, quand elle s’accompagne du dépôt d’une grande