COAP. I. — DE LA CHALEUR
est-il obligé de s'y soustraire, s’il ne veut voir des accidents graves se développer. M. Delaroche n’a pu supporter que 10 minutes un bain de vapeur porté de 37° à 51°. M. Berger a pu rester 12 minutes dans un bain de vapeur élevé de 41° à 53°.
Plus loin, la respiration devient pénible, l’hématose est incomplète et l’asphyxie commence.
Influence du froid sur l'homme. — Le froid sec, et il l’est presque toujours dès qu’il est un peu intense, est bien supporté par l’homme, pourvu que l’abaissement de température ne soit pas trop considérable. La perspiraiion cutanée est réduite au minimum ; mais la muqueuse pulmonaire, par son abondante sécrétion, vient rétablir l’équilibre. L’hématose devient très-active, et il en résulte la production d’une quantité supplémentaire de chaleur animale, destinée à permettre à l’individu exposé à une basse température de résister au froid qui l’entoure. Malgré la production abondante de calorique, le degré de la température extérieure de l’homme ne varie pas sensiblement ; l’excès est employé tout entier à neutraliser l’action du froid.
Influence de la température naturelle des diverses parties du globe.
Température élevée. — Chaleur solaire directe. — L’exposition de l’homme à l’action des rayons solaires, surtout si cette exposition est prolongée, détermine presque toujours des accidents plus ou moins graves, tels que des congestions ou des hémorrhagies cérébrales, des méningites aiguës et chroniques. Dans certains cas, ces congestions sont assez violentes pour déterminer une mort subite. Franklin rapporte qu’en Pensylvanie il n’est pas rare de voir des moissonneurs mourir subitement par suite de leur exposition directe aux rayons solaires, la chaleur à l’ombre étant de 32°. A la surface de la peau, la chaleur solaire détermine un érythème qui, en pareil cas, n’est autre chose qu’une brûlure au premier degré, produite sous cette influence, L’action de la chaleur, combinée, il est vrai, à celle de la lumière, détermine quelquefois des ophthalmies graves.
Chaleur solaire indirecte. — L’exposition à une haute température à l’ombre peut être supportée par l’homme, quand cette température est dans de certaines limites, qu’elle ne dépasse pas 35 à 40°, et que son influence n’est pas trop prolongée.
En pareil cas, deux causes tendent à rétablir l’équilibre, et leur action explique toutes les modifications qui surviennent dans les divers actes organiques. C’est, d’un côté, l’abondance extrême des perspirations pulmonaire et cutanée, à laquelle
l’organisme doil suffire, et, de l’autre, la nécessité pour l’homme de produire le moins possible de chaleur animale, en raison de la haute température dans laquelle il est placé.
La soif devient vive, intolérable; elle est due au besoin qu’éprouve l’économie de fournir à la déperdition aqueuse qui se fait par les transpirations pulmonaire et cutanée.
Les sécrétions intestinales sont diminuées, ce qui rend l'appétit moins vif, et met dans la nécessité de stimuler l’estomac et ses fonctions languissantes par des aliments et des liquides excitants. La bile, toutefois, est sécrétée avec abondance dans les pays chauds, et trois causes peuvent expliquer ce résultat; ce sont : 1° l’action de la chaleur elle-même ; T l'usage des aliments et des liquides excitants introduits dans l’estomac; 3° les affections aiguës et chroniques du tube digestif, qui sont la conséquence du régime ou du climat.
La constipation est habituelle dans les pays chauds, et la diminution des sécrétions intestinales en rend compte. La sécrétion salivaire et celle des urines sont notablement diminuées.
La transpiration cutanée abondante est la cause de la faiblesse musculaire des individus qui habitent ces pays.
La respiration se ralentit, car il faut moins d’absorption d; oxygène et moins de production de chaleur animale, en raison de la chaleur de la localité.
Le calorique devenu latent, par suite des perspirations pulmonaire et cutanée, contribue encore à ce résultat, et permet à l’individu de résister à la haute température extérieure. L’hématose est peu active.
La sécrétion spermatique augmente sous l’influence de la chaleur. Celte augmentation rend compte de la grande activité des fonctions génitales. Les habitants des pays chauds s’y livrent avec passion, et la répétition fréquente de ces actes ne contribue pas peu à leur débilité musculaire. On a attribué à l’abus des plaisirs vénériens, dans les pays chauds, la procréation d’un nombre de filles plus considérable que celui des garçons, et on a ainsi cherché à se rendre compte de la polygamie qui y règne. Est-il vrai qu’il en soit ainsi?
Des trois grandes fonctions du cerveau, deux sont exaltées : ce sont, d’une part, les facultés intellectuelles, qui sont actives, énergiques, et, d une autre, la sensibilité, qui est douée d’une facile et prompte excitabilité. Quant à la troisième, la locomobilité, elle est diminuée pour les raisons indiquées précédemment.
Lorsque des individus séjournent dans des pays chauds et parviennent à s’y acclimater, leur constitution se modifie suivant deux modes particuliers bien distincts :