‹ Traité élémentaire d'hygiène privéeChapitre 16 sur 18 · Réaliser toutes ces conditions avec économie, et · texte numérisé non relu

Réaliser toutes ces conditions avec économie, et

présenter toutes les garanties possibles contre les incendies.

Les poêles et les calorifères à air chaud et à eau chaude sont les appareils les plus employés. Avec les usages des poêles et des calorifères à air chaud, il faut redouter deux inconvénients graves : la sécheresse de l'air, et la possibilité de l'asphyxie par l'échappement des gaz acide carbonique et oxyde de carbone. On corrige le premier inconvénient par la présence, au-dessus du feu, d'un vase rempli d'eau, et le second en surveillant avec défiance et facilitant le plus possible le tirage. Enfin, l'appareil de chauffage à l'eau chaude est considéré aujourd'hui comme le meilleur.

Le degré de chaleur artificielle pour l'habitation.— On ne peut déterminer d'une façon rigoureuse le degré de chaleur artificielle de la maison, parce que les enfants, les vieillards et les femmes, ont besoin d'une température plus élevée que l'homme adulte. Le malade demande aussi plus de chaleur et une température plus soutenue. Cependant, on prendra pour limite inférieure une température de 12 degrés, et pour limite supérieure 20 degrés centigrades.

De l'éclairage. — Le jour où l'homme apprit à se protéger contre l'influence du froid en allumant le premier feu, il découvrit du même coup le moyen de lutter contre les ténèbres. A son origine, la lumière artificielle provenait du foyer domestique. Plus tard, l'éclairage se sépara du chauffage et s'accommoda d'appareils distincts. Dans l'antiquité païenne, le plus simple de ces appareils consistait en un vase rempli d'huile où brûlait une mèche grossière. Cette lampe

antique servit aussi à éclairer une grande partie du moyen âge. Ce n'est que de nos jours que les chandelles, les bougies, les lampes compliquées, le gaz, enfin l'électricité, furent inventés comme modes d'éclairage.

Les divers modes d'éclairage. — Nous passerons rapidement en revue les modes d'éclairage aujourd'hui en usage. Nous en considérerons les avantages, les inconvénients, et l'influence sur la santé.

Les lumières toutes modernes et très répandues sont les lampes à l'huile de pétrole, et la flamme du gaz hydrogène bicarboné. Presque partout les lampes à l'huile, qui donnent une clarté vive et soutenue, constituent le mode habituel d'éclairage. Cette lumière est bien favorable à la vue; mais l'élévation de température qu'elle détermine, l'oxygène de l'air quelle brûle, et l'odeur désagréable qu'elle répand, sont autant d'inconvénients qui agissent d'une manière défavorable sur la santé. Il faut ajouter à ces iuconvénients la possibilité des explosions, qui fait de ces lampes un danger permanent. La lumière du gaz hydrogène bicaiboné tend à remplacer, dans les villes au moins, celle des lampes. La flamme du gaz a aussi ses défauts ; elle exhale des gaz délétères, produit une énorme chaleur, et fait une prodigieuse consommation d'oxygène. Il faut ajouter encore la fréquence des fuites de gaz, et le danger de l'asphyxie ou de l'explosion. Avec ces systèmes d'éclairage, il importe de corriger sans cesse, par une active ventilation, l'altération rapide de la température et de l'atmosphère. Les récents et surprenants progrès de la lumière électrique nous font présumer qu'après une série de perfectionnements, on parviendra à en faire

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l'éclairage de l'avenir, supplantant tous les autres. Déjà divers appareils prouvent qu'elle satisfait à toutes les conditions de l'éclairage public ; l'invention des lampes, d'autre part, paraît se prêter à toutes les nécessités domestiques. On comprend l'immense avantage de l'éclairage électrique sur tous les autres ; elle ne produit qu'une chaleur inappréciable, et ne brûle pas d'oxygène. Ce progrès est un bienfait pour l'hygiène.

La propreté de l'habitation. — La propreté de la maison est l'indispensable facteur de la santé des individus. " A un point de vue plus élevé, dit Monin, la propreté du logis s'élève à la hauteur d'une véritable importance sociale." On se porte mieux et on se plaît davantage dans un logement bien entretenu. L'amour élu foyer, qui joue, dans ce qu'on nomme " question sociale, un rôle incontestable, devient donc ainsi le carolïaire direct de la propreté."

" La meilleure garantie de la civilisation, a dit Lord Beaconsfield, est le logement. C'est l'école de toutes les vertus domestiques. Car, sans un intérieur agréable, l'exercice de ces vertus est impossible."

L'hygiène, qui assainit la maison, rend la dignité à la famille et le charme au foyer ; elle retient désormais le père à son retour du travail, et le dispute victorieusement au cabaret.

Pour obtenir cette hygiène de l'habitation, nous ne croyons rien de mieux que de conseiller l'observance des préceptes qui suivent, et que nous trouvons dans le livre de M. Monin : La propreté de l'individu et de la maison.

" Tenir la maison, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur,

dans un élut constant de propreté. Les cabinets d'aisance seront disposés et ventilés selon certaines règles d'architecture ; le sol sera imperméable et proprement entretenu. Pour empêcher les habitations de tuer tant d'individus et d'irradier autour d'eux tant de fermenta morbides, il faut entretenir également les éviers et les cours intérieures ; établir partout le système des fosses mobiles ; blanchir tous les ans à la chaux les murs des souterrains, des cuisines et des cours ; éloigner des maisons tout ce qui est susceptible de décomposition (déchets culinaires, os, légumes, etc.). A l'intérieur des pièces habitées, vernir les murs à l'huile, cirer les planchers ; balayer avec soin toutes les parties de l'habitation ; éviter d'épousseter les plafonds et les meubles, mais les frotter avec un chiffon humide et les essuyer ; remplacer partout les tapisseries par des peintures à l'huile ; reblanchir souvent les plafonds ; laver souvent les carrelages et nettoyer les murs ; entretenir limpides les vitres des croisées ; battre quotidiennement les tapis, rideaux et nattes. Il faut essuyer et nettoyer de préférence les angles et les coins des chambres, les aspérités et les moulures des murs, des meubles et des plafonds : c'est dans les anfractuosités que séjournent de préférence les poussières miasmatiques."

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