DE L'AIR ET DE SES ALTÉRATIONS
De l'air. — De la composition de l'air. — De la lumière. — Delà température. — De la pression. — De l'électricité. — Des vents.— Action des vents sur l'homme. — Des climats.— Des climats chauds. -Le régime dans les climats chauds. — Des climats tempérés. — Règles hygiéniques.— Des climats froids. — L'homme changeant de pa\s. — Des altérations de l'air. — De l'air confiné. — De l'air altéré par des matières animales, végétales et minérales. — Il y a d'autres principes délétères qui vicient l'air.
De l'AIR. — L'air atmosphérique est l'agent le plus indispensable à l'existence de l'homme. L'air, c*«*8t le premier des alimenta, c'est le pabulum viia pai excellence de tous les êtres organisés, soit végétaux, soit animaux. Il renferme en lui les conditions les plus importantes de la santé, et les causes les plus nombreuses des maladies. 11 entretient la respiration, et fournit au sang son principe vivifiant. Eu pénétrant dans l'organisme, l'oxygène, qui est la quintessence de l'air, et le suc alimentaire, qui est la quintessence de la nourriture, se rencontrent dans la circulation, et de leur concours résulte le phénomène de la nutrition, c'est-à-dire la réparation et Le renouvellement de nos tissus. Il est donc aussi nécessaire de bien choisir l'air que l'on respire que l'aliment que l'on m inge : car :. le respirons tel qu'il est, avec sa dénoté, sa pression
température, les gaz étrangers qu'il renferme, ses poussières et ses miasmes.
De la composition de l'air. — L'air forme autour de la Terre une enveloppe gazeuse qui constitue l'atmosphère, et qui y est retenue par l'action de la pesanteur. L'air est inodore, insipide, invisible sous un petit volume, azuré sous de grandes masses. Il est pesant, compressible, élastique. Sa composition chimique est invariable, est formée, d'après Troost : 0 Oxygène... 20.8 en vol. - 23 en poids Az Azote 79.2 <: 77 " "
L'air contient aussi de la vapeur d'eau en quantité minime, et un peu d'acide carbonique, dans la proportion de 4 à 6 dix-millièmes. L'air se renouvelle et se reconstitue incessamment, par les échanges résultant des phénomènes de la végétation et de la vie animale.
L'air peut acquérir des qualités particulières que lui communiquent certains principes dont il est le véhicule ; tels sont ; la lumière, la chaleur et l'électricité.
De la lumière. — La lumière est l'agent impondérable qui rend les objets visibles. Elle est indispensable à l'homme pour son développement et sa santé. Elle agit sur l'ensemble de la constitution, en stimulant la circulation et le système nerveux. En effet, voyez l'enfant privé de la lumière solaire : il s'étiole, il pâlit ; son sang s'appauvrit ; puis, à la suite de toutes les modifications que subissent les principaux éléments du sang, on voit se développer chez ce malheureux le lymphatisme, la scrofule, la consomption, avec toutes leurs terribles conséquences. La privation de la lumière produit des effets analogues sur les plantes.
lue lumière trop éclatante irrite l'œil, affaiblit la vue et peut même l'abolir. Un travail prolongé à une lumière insuffisante peut aussi amener différents troubles de la vue. Une orientation suffisamment lumineuse est donc une nécessité très impérieuse pour l'hygiène de la vue.
La vie de l'homme est donc étroitement dépendante de la lumière, qui favorise et précipite les actes nutritifs, et tonifie le système nerveux de la peau. L'enfant cette fleur humaine, a plus besoin de soleil que les autres Heurs. Sa vigueur, son incarnat, l'harmonieuse perfection de ses formes ne se trouvent que dans les atmosphères vivement imprégnées de lumière.
La lumière artificielle ne peut suppléer au moindre rayon du soleil. Il est aujourd'hui bien prouvé que la lumière ordinaire est nécessaire au maintien de la santé. Ouvrons-lui largement nos fenêtres, et allons souvent la chercher à la campagne, là où elle déploie la plus grande somme de ses effets salutaires.
De la TEMPÉRATURE. — L'homme est soumis à deux sources distinctes de température: 1. Sa température propre, résultat de la respiration, qui est invariable dans l'état de sauté, en moyenne 37°5, et qui ne peut pas s'élever ou s'abaisser de plusieurs degrés sans danger ; 2. La température de l'air atmosphérique, qui varie suivant les saisons et les différentes régions du Globe.
L'homme, dans l'état de santé, possède la propriété (If conserver une température toujours la même, et trouve en lui-même le moyen de résister au froid et à la chaleur. Il doit ce privilège, d'une part à l'énergie
des fonctions de la respiration, et d'autre part à l'activité de la vaporisation pulmonaire et cutanée.
La résistance au froid chez l'homme est due à l'absorption plus considérable de l'oxygène de l'air par le poumon, ce qui active les combustions dans l'intérieur de nos organes, et par conséquent accélère la circulation. L'homme, avec une alimentation convenablement choisie, des vêtements chauds et épais, et de l'exercice, est capable de supporter des froids extraordinaires. Cependant, quand le froid acquiert une trop grande intensité, la température de la peau s'abaisse, le sang est refoulé dans les organes profonds, et alors apparaissent l'engourdissement, l'asphyxie et la mort.
La résistance au froid est subordonnée à l'âge et aux tempéraments. Les enfants et les vieillards y sont plus sensibles que les adultes ; les sujets nerveux et lymphatiques le sont plus que les sujets sanguins.
L'homme peut aussi lutter contre les fortes chaleurs. 11 doit cette résistance aux vapeurs d'eau qui s'exhalent par les poumons et sur toute l'étendue de la surface de la peau ; cette évaporation produit un refroidissement continuel. Il faut donc prendre un très grand soin de cette sueur qui est salutaire, car sa suppression brusque par refroidissement fait refluer vers les organes internes une quantité de sang considérable qu'une température élevée attire à la peau. Une exposition prolongée à un soleil ardent détermine aussi des accidents cérébraux, tels que congestions et hémorrhagies.
Enfin, en général, l'action de la chaleur est débilitante sur l'homme, et celle du froid lui est salutaire. Les
Variations de la température doivent être étudiées à
part attendu qu'elles constituent une source féconde de maladies.
l'i LA PEE8SION. — Grâce au baromètre, nous connaissorft aujourd'hui la pesanteur de l'air atmosphérique. ( !< tte couche gazeuse qui entoure la Terre est de 1 5 à 20 lieues d'épaisseur, et est retenue par l'action de la pesanteur. On évalue le poids de l'air supporté par l'homme à 32,000 livres. Nous serions écrasés par ee poids énorme si la pression n'était également distribuée ; elle s'exerce dans tous les sens avec une uniformité si ] ai faite, que toutes les actions se compensent et s'équilibrent les unes les autres. Et si, par une cause quelconque, la pression du sang vient à l'emporter sur la pression atmosphérique, il se produit des congestions et même des déchirures de vaisseaux, qui occasionnent des hémorrhagies plus ou moins graves.
L'homme ne peut donc subir les différences dans la pression de l'air atmosphérique que d'une manière lente et insensible. Il faut aussi que ces variations ne soient pas considérables. Si l'homme s'élève trop haut dans l'air, il devient victime du mal des montagnes, qui se caractérise par une respiration de plus en plus fréquente, due à l'air raréfié qui produit une diminution de la chaleur, un trouble de nutrition, et enfin des hémorrhagies plus ou moins graves; s'il descend trop bas ''ans les entrailles de la terre, il ressent les accidents du mal des plongeurs, dont les principaux symptômes sont des douleurs d'oreilles, un refroidissement très instense, des démangeaisons vives, de très violentes douleurs musculaires et articulaires, puis de la para-
lysie, enfin la mort subite. Ces accidents s'observent souvent chez les individus qui vivent daus les milieux à fortes pressions, employés par exemple pour la pêcho sous-marine, ou pour le fonçage des piles de pont.
11 résulte de ces faits que les individus à constitution faible, à tempérament lymphatique, n'étant pas prédisposés aux affections du cœur et des poumons, se trouveront parfaitement bien de l'action de l'air vif et raréfié des montagnes. Si l'on a la poitrine faible et irritable, l'air de la vallée doit être choisi de préférence. En général, une altitude modérée est un lieu favorable pour une habitation.
De l'électricité. — L'électricité se produit d'une manière continue dans l'atmosphère. Cette manifestation est causée par le concours d'un certain nombre de circonstances, savoir, la végétation active à la surface du sol, les décompositions chimiques qui s'y opèrent, l'inégalité de la température, la grande mobilité des couches de l'air. Elle acquiert, dans certaines conditions de température et d'humidité, une intensité qui fait naître la foudre. Fait digne de remarque, les personnes nerveuses éprouvent, à l'approche d'un orage, différents malaises, particulièrement une certaine crainte involontaire.
Les effets de la foudre chez l'homme sont variables suivant la distance qui le sépare des matières conductrices de l'électricité. Par elle, l'homme est tantôt tué instantanément, tantôt frappé de paralysie, tantôt atteint de blessures légères, ou de brûlures étendues très superficielles et parfois très profondes.
Les arbres, les hauteurs, les clochers, la course pen-
dant un omge, les courants d'air, les objets métalliques, les cheminées, attirent la foudre.
Le meilleur préservatif des habitations contre la foudre est le paratonnerre. Son action s'étend horizontalement en tous sens, à une distance double de la longueur de la tige.
Le précepte hygiénique à suivre pour se préserver de la foudre pendant un orage, est d'éviter les matières susceptibles de favoriser le développement de l'électricité. Nous les avons énumérées plus haut.
Dfs vents. — Les phénomènes qui donnent naissance à l'air en mouvement sont nombreux. Nous rappellerons ici les principaux : la rotation de la Terre, les influences lunaires, les répulsions et les attractions électriques, les brusques variations de température, la formation ou la condensation instantanée de grandes masses de vapeurs d'eau.
Action des vents sur l'homme. — Les vents agissent sur l'homme de trois manières : mécaniquement en favorisant l'évaporation de la sueur et l'exhalation d'eau par le poumon ; physiquement, par leur température, leur sécheresse, et leur humidité ; physiologiquement, en transportant au loin les principes morbides
Il est évident que les vents exercent une influence très grande sur la santé de l'homme. Un vent quelconque tend à refroidir l'organisme, et de ce refroidissement dépendent souvent les fluxions de poitrine, les rhumatismes, etc.
Les vents humides (chauds et froids) sont pernicieux.
Les vents chauds et secs sont dangereux si la tem-
pérature eu est excessive. Dans notre climat modéré du Canada, ils ne présentent pas de grands inconvénients.
Les vents secs et froids excitent le système nerveux. L*homme dans l'état de santé et bien vêtu les brave avantageusement.
Les vents légèrement froids et secs excitent la peau, activent la circulation, donnent du ton à l'organisme.
L'hygiène recommande de se mettre à l'abri du vent ou des courants d'air, lorsque le corps est en sueur et que les vêtements sont mouillés ; de se garantir des veuts chargés d'humidité, de gaz irritants, de poussières, de sables.
Des climats. — Le climat est, pour l'hygiéniste, l'ensemble des conditions atmosphériques et terrestres qui agissent sur l'homme dans une région déterminée du Globe. La température moyenne de l'année, la température des saisons, enfin l'altitude, sont les éléments principaux qui caractérisent un climat.
On divise le Globe en trois zones :
1. La zone torride, limitée par les deux tropiques, et qui correspond aux climats chauds ;
2. Les zones tempérées, comprises entre le tropique et le cercle polaire de chaque hémisphère, et qui correspondent aux climats tempérés ;
3. Les zones glaciales, qui s'étendent dans chaque hémisphère entre le cercle polaire et le pôle, et qui correspondent aux climats froids.
Climats chauds. — L'homme qui habite ces climats, qui sont en particulier ceux de l'Afrique, du midi de l'Asie, du sud de l'Amérique, etc., doit lutter contre la
chaleur. Tous les liquides de l'économie sont diriges
vers la surface et employés au refroidissement ; le foie
rète tn trèa grande abondance. — Les principales
maladies de ces climats sont celles du foie et de l'estomac, les fièvres intermittentes, la fièvre jaune, la diarrhée, la dysenterie, etc. En général, les individus qui vivent sous ces climats sont mous et indolents ; leur peau est jaunâtre, flétrie et terne. Les constitutions sont débiles, les tempéraments lymphatiques et nerveux tendent à dominer ; il en est de même des tempéraments bilieux et lymphatico-bilieux.
Le régime hygiénique dans les climats i bauds. — Le régime hygiénique dans ces climats consiste particulièrement dans une nourriture légère, en partie végétale et en partie animale ; il faut éviter les excitants, restreindre les exercices, redouter la suppression de la sueur par les refroidissements, veiller au bon fonctionnement des organes digestifs.
Climats TEMPÉRÉS. — Comme nous le savons, le climat exerce sur l'homme une influence considérable, mais le climat tempéré est celui sous lequel les qualités physiques et morales se développent le mieux. L'Europe presque entière, la Californie, le Canada, les Etats-Unis, etc., jouissent d'un climat tempéré.
Les habitants qui vivent sous ce? climats sont, en général, robustes, actifs, industrieux. Ils jouissent de tous les bienfaits de la nature. Nous trouvons dans les climats tempérés tous les tempéraments, et une soi te d'aptitude à contracter toute espèce de maladies, suivant les saisous. En hiver et au printemps, il y a disposition aux maladies inflammatoires et catarrhales,
etc. ; en été, aux maladies du tube digestif, telles que dysenterie, diarrhée, choléra sporadique, et aux affections cérébrales, etc. ; en automne, aux fièvres paludéennes, aux fièvres typhoïdes, etc. En un mot, chaque saison apporte avec elle ses maladies. Cependant, plus que dans les autres régions, il est facile à l'homme de se défendre avantageusement des causes morbides.
Eègles hygiéniques. — Elles se tirent du climat et de chacune des saisons. Ainsi s'impose la nécessité d'une vigilance rigoureuse dans la pratique de l'hygiène, pour subir l'influence des variations de température des climats tempérés.
Climats froids. — Les pays des climats froids s'étendent du 66e degré de latitude boréale ou australe jusqu'aux pôles. Dans ces régions, la température ne monte jamais au delà de 10 degrés, et elle peut descendre jusqu'à 25° au-dessous de 0. Pendant l'été, la température moyenne est 2°2. L'automne et le printemps sont remarquables par l'humidité, qui rend la température glaciale. — A mesure qu'on approche du pôle, l'eau ne tombe plus que sous forme de neige. La nuit a une durée allant jusqu'à plusieurs mois, débutant par des semaines de crépuscule, finissant insensiblement par une aurore de plusieurs semaines, après quoi survient un jour de plusieurs mois.
Dans les pays froids, la nutrition est très active, la respiration se fait largement ; les tempéraments sont lymphatiques ou sanguins. Ces régions sont plus saines que les régions chaudes, mais moins que celles des climats tempérés. L'homme peut aisément se soustraire aux conséquences fâcheuses d'une basse température.
Avec une alimentation très carbonée et abondante, et un vêtement chaud et épais, cela suffit pour la santé.
L'HOMME CHANGEANT DE pays— Quand l'homme veut changer de pays, il ne peut conserver sa santé qu'à la condition d'obéir aux lois de l'hygiène en conformité aux usages que l'expérience a établis. Mais notre organisme ne s'accommode de rien de brusque, de heurté, et les habitudes climatériques ne sont pas moins terribles que les autres, et exigent des transitions ménagées. Des ALTÉRATIONS de l'air. — On respire au hasard, et comme on peut ; on ne sait ce que l'on respire. L'air ne se voit malheureusement pas ; et il est plus difficile de choisir son air que son pain. Nous sommes, à chaque instant, exposés à servir à nos poumous un air altéré, soit par les produits de la respiration, soit par des gaz, des vapeurs et des poussières de différentes natures, soit par des émanations délétères que répandent les matières en ] rat réfaction, et qui contiennent souvent les germes des maladies contagieuses. Si l'œil de l'homme pouvait voir tous les éléments qui sont en suspension dans l'air, il hésiterait certainement à introduire dans sa poitrine un salmigondis qui est loin d'avoir son pareil, et auprès duquel les productious de la cuisine sont d'une simplicité admirable. Nous comprenons sans peine combien il importe de chercher à s'entourer d'un air pur.
DE l'aÏB confiné. — L'air s'altère dans les endroits confinés ; c'est la respiration qui est une des principales causes de son altération. En respirant, nous absorbons et brûlons de l'oxygène de l'air, que nous remplaçons par de l'acide carbonique, des vapeurs d'eau, et de la matière animale, putrescible, qui s'exhale en mêBM
temps par notre haleine. Au dehors, Tair se renouvelle et se reconstitue incessamment, comme nous savons. Mais il n'en est pas de même de l'air d'une habitation, qui se vicie sans cesse par la respiration et les combustions de toutes sortes.
L'air confiné étant vicié, devient toxique pour ceux qui le respirent à nouveau. Son action se traduit chez l'homme par un malaise général, de la céphalalgie, des vertiges, une gêne de la respiration et de la circulation, des nausées, des syncopes, enfin des signes d'asphyxie. Son action délétère s'accentue encore davantage en provoquant des sueurs abondantes, une soif ardente, des douleurs vives dans la poitrine, de la dyspnée, de la suffocation, de la fièvre, du délire violent, puis la mort. Voici des exemples terribles d'accidents produits par l'air vicié :
Après la bataille d'Austerlitz, 300 Autrichiens faits prisonniers furent entassés dans une cave, où l'air n'arrivait que par un soupirail insuffisant ; en peu d'heures 260 moururent asphyxiés. — A la suite des journées de juin 1848, les prisonniers enfermés dans les souterrains de la terrasse des Tuileries succombèrent sous les terribles effets de l'air confiné. — Aux Indes, 146 anglais furent enfermés dans un cachot de 20 pieds de côté, où l'air n'arrivait que par deux misérables fenêtres. Au bout de 8 heures, 23 seulement avaient échappé à la mort, grâce à la supériorité de force physique qui leur avait permis le voisinage des croisées. — Qui ne connaît pas le fait des assises d'Oxford, dans lesquelles, juges, avocats, auditeurs et accusés, moururent asphyxiés ? Dans tous ces cas, c'est la diminution de l'oxygène et la quantité
croissante de L'acide carbonique, enfin le défaut d'arrivée d'air pur, qui ont amené ces accidents si terribles.
Noua savons que, dans une heure, nous absorbons environ 20 livres d'oxygène, que nous exhalons 15 à 20 livres d'acide carbonique. De cette donné'- physiologique, nous concluons que, pour respirer bien librement dans un appartement, il faut o0 pieds cubes d'air pas heure et par tête.
Voilà des faits qui parlent éloquemment, et qui doivent nous inspirer une sérieuse surveillance de la viciation de l'air dans nos habitations, et surtout dans nos chambres à coucher.
Ainsi se prouve l'extrême importance d'une bonne ventilation pour toutes les pièces d'habitation.
L'air altéré par des matières animales, végétales et MINÉRALES. — L'air est aussi altéré par des principes nouveaux appréciables par la chimie. Ces principes nouveaux sont classés en trois groupes, qui pondent aux trois règnes de la nature. Ils sont pris dana les matières animales, les inatiè taies et
les matières minérales. Nous en signalerons quelquesuns.
L'hydrogène phosphore est an produit ordinaire de la putréfaction des matières animales. On le voit se dégager du sol des cimetières et des caveaux, provenant de la décomposition des corps. De là l'utilité de mettre les cimetières loin des habitations ; de choisir des terrains calcaires, sablonneux ou séléniteux, parce qu'ils jouissent de la propriété d'absorber les liquides, et d<* déterminer la décomposition sèche.
L'hydrogène carboné est un des produits de la
décomposition des substances végétales, et il a son lieu de prédilection dans les houillières. Les houilleurs connaissent son action toxique sur la respiration.
L'hydrogène sulfuré, qui prend naissance de la putréfaction des matières animales et végétales, exerce une influence très fâcheuse sur l'homme. Comme le gaz suif hydrate d'ammoniaque, il se dégage des fosses fixes, des égouts, et des usines où l'on fabrique l'engrais animal. Ici nous ne faisons également que rappeler les précautions qu'il faut prendre pour résoudre la question des vidanges.
L'air est aussi vicié par des produits de l'industrie.— L'air peut encore être vicié par des gaz et des poussières de différentes natures, qui sont produits par l'industrie humaine. Au nombre de ces gaz, qui déterminent des accidents sérieux sur l'homme, nous trouvons le chlore, l'acide chlorhydrique, l'acide nitrique, le phosphore, l'hydrogène arsénié, l'acide sulfureux, etc. Nous ne nommerons pas le gaz acide sulfureux sans lui servir une remarque. Dans tous les cas de maladies contagieuses et épidémiques, la désinfection s'effectue habituellement avec du soufre en combustion qui produit du gaz acide sulfureux. Ce gaz est très délétère, et détermine des inflammations des voies respiratoires. Il cause aussi la mort par asphyxie. Le meilleur conseil à donner est de ne pas s'expjser à ses émanations.
Les poussières fines qui, en suspension dans l'air, allèrent aussi l'atmosphère, s jnt minérales, végétales ou animales. Les ouvriers aiguiseurs, couteliers, tailleurs de pierre, houilleurs, plâtriers, etc., en respirant les poussières minérales de silice, de grès, d'émeri, de
houille, de plâtre, etc., sont atteints d'inflammations et d'ulcérations des bronches ; il en résulte souvent la consomption à un âge peu avancé. Ceux qui travaillent le plomb, le mercure, la céruse, le minium, avalent des molécules pulvérulentes qui déterminent des symptômes d'un empoisonnement assez souvent fatal.
L'ouvrier de la fabrique d'allumettes se voit fréquemment atteint de douleurs dentaires et de la carie des os de la face. Le meurtrier ici, c'est le phosphore.
L'ouvrier de la manufacture de papiers, qui manipule des teintures colorantes contenant de l'arsenic, respire une poussière qui lui irrite la gorge, les bronches, et provoque la toux. Il s'ensuit de l'amaigrissement, et alors la santé est très sérieusement ébranlée. C'est l'hydrogène arsénié qui en est la cause.
Il y a encore d'autres poussières qui finissent par provoquer des catarrhes du poumon et même la consomption. C'est ce qui arrive fréquemment chez les meuniers, les charbonniers, les carde urs, etc.
Enfin la putréfaction des matières organiques dans les salles de dissection, les usines de chandelles, de colle, de savon, d'engrais animal, agissent d'une manière fâcheuse sur l'homme, et provoquent des diarrhées, des dysenteries, et de plus servent à la propagation des maladies contagieuses et épidémiques.
Eègles hygiéniques. — Les premières règles hygiéniques qui atténuent tous ces maux sont les soins de la plus grande propreté, et une ventilation énergique et continuelle. Elles sont indispensables aux ouvriers de la plupart des usines pour les préserver de ces accidents.
Il Y a d'autres principes nouveaux qui vicient l'air, — Il y a encore bien d'autres principes délétères qui font de nos jours l'objet de grandes recherches, principes que l'on étudiait hier encore sous le nom de théorie miasmatique ; mais cette théorie est aujourd'hui rejetée au second plan par la découverte des microbes. Autrefois les miasmes étaient considérés comme.des émanations provenant de substances animales. Aujourd'hui la théorie pastorienne, qui trouve un peu partout des bactéries, ouvre de nouveaux horizons à la médecine. Honneur donc à la chimie biologique et à la micros copie !
Nous terminons ici notre troisième leçou, en remettant à plus tard l'explication de la théorie des microbes.