‹ Traité élémentaire d'hygiène privée [microforme]Chapitre 24 sur 36 · ROSES ET ER PC EEE · texte numérisé non relu

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locomoteur, et à perfectionner la santé, ou aider à son rétablissement quand elle est altérée,

LES EXERCICES GYMNASTIQUES A TRAVERS LES AGES.— Les Grecs et les Romains accordaient une large place aux exercices gymnastiques dans les institutions nationales. Ils considéraient la force et la beauté physiques comme les attributs d’un peuple libre. Pour eux la perfection physique était le meilleur témoignage de la supériorité morale, et la force, le gage de l'indépendance. Mais, dans les premiers siècle de l’ère chrétienne, la gymnastique perdit peu à peu de son éclat, pour reparaître plus glorieuse au moyen-âge. (C'était le temps des tournois et des luttes de la chevalerie ; le temps où le sort des combats dépendait de la force physique. Vers 1704, l'usage de larme à feu opère une révolution complète dans les lois de la guerre. Encore, à cette époque, la gymnastique éprouve nn temps d’hésitation, A Ja fin du XVIIIe siècle, la gymnastique reparatt dans l'éducation de la jeunesse. Enfin, de nos jours, la médecine et l'hygiène lui assignent une place d'honneur dans l'éducation de l’homme. On comprend mieux que jamais que l’inaction complète est nuisible à la santé, et que l'esprit ne peut avoir toute sa vigueur que lorsque le corps est en parfaite santé, De là chez l’homme

l'utilité des exercices gymnastiques, qui s'imposent

avec plus de force quand il s’agit de l’enfance, de la jeunesse.

COMMENT S’EXPLIQUE L’UTILITÉ DE L'EXERCICE POUR LA SANTÉ.—La volonté agissant par le système nerveux, fait contracter les muscles de corps et lui imprime des mouvements divers. L’accomplissement de

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ces mouvements apporte des modifications profondes dans tout l'organisme, En effet, dans tout exercice qui met en jeu l’activité d’un grand nombre de muscles, il se produit une élévation de la température du corps, en même temps que la peau se couvre de sueur; la respiration devient plus profonde et plus fréquente, et la circulation s'accélère ; la digestion se précipite, et l’homme éprouve bientôt le besoin de s’alimenter ; l'acte de la combustion organique devient plus actif, et, partant, les matériaux du sang subissent de profondes modifications. Pendant l'exercice, le muscle élimine une quantité d'acide carbonique plus considérable que l’oxygène absorbé. Les produits d'usure temporaire du muscle sont enlevés par le tourbillon nutritif, et le sang lui apporte des matériaux de réparation. Mais, pendant un exercice prolongé, la consommation l’emportant sur la réparation, les produits d’usure deviennent en excès dans le sang, finissent par gêner les contractions musculaires, et par donner la sensation de la fatigue. C’est une indication formelle de se reposer, Ainsi des exercices modérés, intelligemment proportionnés aux forces individuelles, déterminent le renouvellement plus rapide des éléments des tissus, une nutrition plus parfaite, un accroissement des muscles et de la force musculaire, Ils donnent l'adresse, l’agilité, la hardiesse, avec la sécurité et la présence d'esprit dans le danger. Ajoutons ici que l'exercice est un sédatif puissant sur le système nerveux, si souvent surexcité par le mouvement accéléré du siècle,

DES DIFFÉRENTS EXERCIOES.— La combinaison, l’asso- : ciation des mouvements, exécutés soit par les organes

du corps seul, soit à l’aide d'appareils gymnastiques, déterminent les difiérentes variétés d'exercices, qui, exécutés intelligemment, donnent à l’homme la faculté de fortifier ses organes, en alimentant largement le vivant foyer organique, et en précipitant le mouvement d’assimilation et de désassimilation, C’est une nécessité impérieuse que l'exercice de tous nos organes.

LA MARCHE.—La marche est le plus simple, le plus naturel des exercices, et aussi l’un des plus salutaires, car il ne peut avoir lieu qu’en plein air. Cet exercice, qui convient à tous les âges, exige la participation des jambes surtout, mais aussi de tout le corps. Pendant la marche, les bras, par leurs mouvements divers, sont destinés à maintenir l'équilibre du corps. Les muscles du tronc, se contractent pour incliner le corps en avant et en arrière, à droite et à gauche, de façon à conserver en place le centre de gravité. La mise en action d’un grand nombre de muscles exerce une influence favorable sur la respiration, la circulation et les sécrétions. Aussi, on ne saurait de trop bonne heure habituer l'enfant à des marches assez soutenues, en apport avec les forces, afin de favoriser l'accroissement de son être et le développement de sa force musculaire, D'ailleurs, cette habitude, contractée dans les premières années de l’existence, se continuera heureusement toute la vie,

LE SAUT. —Le saut diffère de la marche par ses effets ; il consiste dans un mouvement instantané de flexion et d'extension du corps, qui fait que les deux pieds quittent le sol à la fois, Ce mouvement se fait en hauteur et en longueur, Le saut a son utilité hygiénique, en

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augmentant l’élasticité des articulations. Il n’est pas exempt de danger, car lorsqu'on retombe sur les talons, la secousse imprimée à la colonne vertébrale, pourrait déterminer des accidents mortels. Il importe donc, dans l’exécution de ce genre d’exercice, de s’effurcer de tomber toujours la pointe des pieds en avant.

La COURSE.—Le corps projeté en avant, les jambes faisant l’action d’un ressort, Je coureur exécute une série rapide de sauts d’une amplitude modérée et régulière. La course gymnastique ne doit jamais être continuée jusqu'à une fatigue excessive. L’essonfflement est produit par la respiration, qui ne se fait, pendant la course, que par la partie supérieure du poumon. Il est une indication absolue de s'arrêter. Cet exercice, pris dans une mesure convenable, est très favorable chez l'individu sain et valide, Un individu atteint de maladie du cœur ne doit jamais courir,

LES JEUX.— Parmi les jeux physiques en usage de nos jours se trouvent, la balle, le ballon, le cerceau, le volant, la paume, le tir à l'arc, la boule, les quilles, le billard, le cricket, etc. Ces différents jeux ont l'effet d'exercer les muscles, faire mouvoir les articulations, de donner au corps l’agilité et la souplesse. Ces genres d'exercice ont l'avantage de combiner l'exercice de la marche, du saut, de la course. Ils ont tous une certaine valeur hygiénique : augmenter la force musculaire et l’agilité du corps, donner de la portée, de la justesse à la vue, et développer l'attention et l’adresse.

LA DANSE.—[La danse serait un exercice très hygiénique, si elle consistait, comme jadis, dans un mouvement rythmé, où tous les membres du corps se trouve-

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raient successivement en jeu, si elle avait lieu dans des conditions aussi hygiéniques qu'autrefois. Mais nou, aujourd’hui on peut considérer la danse comme portant atteinte à la santé, Elle a lieu généralement la nuit, dans des salles fermées, peu spacieuses ; une lumière abondante y réchauffe et brûle l'atmosphère ; les exhalations malsaines que projettent les respirations, les émanations du corps qui ruisselle de sueur, les poussières qui s'élèvent des tapis, sont autant de causes puissantes rendant toxique l'atmosphère de ces salles. Puis le roulis de Ja valse, qui donne le vertige et provoque parfois des nausées, est ‘une fatigue pour le cerveau. Enfin le danseur et la danseuse, au lendemain d’un bal, éprouvent un malaise indescriptible. La Jeune fille et le jeune homme à Ja poitrine délicate, y contractent souvent cette terrible maladie de ja consomption. On reconnait le danseur moderne par l’étroitesse de ses épaules et de son torse, étroitesse qui contraste avec l'excessif développement de ses jambes. La danse moderne, à moins d’une réforme radicale, doit être considérée comme anti-hygiénique.

L’ÉQUITATION.— L'équitation a été en pratique dès la plus haute antiquité. Un en retrouve l'usage dans tous les âges et chez tous les peuples. Hippocrate en appréciait les heureux effets. De nos jours l’hygiène la considère comme un excellent exercice pour les personnes faibles et délicates, pour les convalescents. L'équitation est un art que le cavalier est tenu de savoir pour se bien tenir à cheval ; et profiter de tous ses avantages, Dans cet exercice, l’homme met à contribution toute la puissance des muscles des jambes et du tronc. D'après

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