‹ Traité élémentaire d'hygiène privée [microforme]Chapitre 9 sur 36 · TROISIÈME LEÇON DE L'AIR ET DE SES ALTÉRATIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON DE L'AIR ET DE SES ALTÉRATIONS

De l'air,—De la composition de l'air,—De la lumière, — De la température.—De la pression. —De l'électricité.— Des vents.—Action des vents sur l’homme.—Des climats.—Des climats chaïds.—Le régime dans les climats chauds.—Des climats tempérés.—Règles hygiéniques.—Des climats froids.—L’homme changeant de pays.—Des altérations de l’air.—De l'air confiné.— De l'air altéré par des matières animales, végétales et minérales.—I1l y a d’autres principes délétères qui vicient l'air,

DE L’AIR.—TL'air atmosphérique est l'agent le plus indispensable à l'existence de l’homme, L'air, c’est le premier des aliments, c’est le pabulum vilæ par excellence de tous les êtres organisés, sit végétaux, soit animaux. Il renferme en lui les conditions les plus importantes de la santé, et les causes les plus nombreuses des maladies. Il entretient la respiration, et fournit au sang son principe vivifiant. En pénétrant dans l'organisme, l'oxygène, qui est la quintessence de l'air, et le suc alimentaire, qui est la quintessence de la nourriture, se rencontrent dans la cireulation, et de leur concours résulte le phénomène de la nutrition, 5 c’est-à-dire la réparation et le renouvellement de nos tissus. Il est donc aussi nécessaire de bien choisir l’air que l’on respire que l'aliment que l’on mange ; car nous le respirons tel qu'il est, avec sa densité, sa pression, sa

température, les gaz étrangers qu'il renferme, ses poussières et ses miasmes,

DE LA COMPOSITION DE L'AIR.—L'air forme autour de la Terre une enveloppe gazeuse qui constitue l'atmosphère, et qui y est retenue par l’action de la pesanteur, L'air est inodore, insipide, invisible sous un petit volume, azuré sous de grandes masses. Il est pesant, compres-ible, élastique, Sa composition chimique est invariable, et est formée, d'après Troost :

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L''r contient aussi de la vapeur d’eau en quantité min.ne, et un peu d'acide carbonique, dans la proportion de 4 à 6 dix-millièmes. L'air se renouvelle et se reconstituée incessamment par les échanges résultant des phénomènes de la végétation et de la vie animale,

L'air peut acquérir des qualités particulières aue lui communiquent certains principes dont il est le véhicule ; tels sont: la lumière, la chaleur et l'électricité.

DE LA LUMIÈRE.— La lumière est l'agent impondérable qui rend les objrts visibles. Elle est indispensable à l’homme pour son développement et sa santé. Elle agit sur l’ensemble de la constitution, en stimulant la circulation et le système nerveux, En effet, voyez l'enfant privé de la lumière solaire : il s’étiole, il pâlit ; son sang s'appauvrit; puis, à la suite de toutes les modifications que subissent les principaux éléments du sang, on voit se développer chez ce malheureux le lymphatisme, la scrofule, la consomption, avec toutes leurs terribles conséquences. La privation de la lumière produit des effets analogues sur les plautes,

Une lumière trop éclatante irrite l'ail, affaiblit la vue et peut même l’abolir, Un travail prolongé à une lumière insuffisante peut aussi amener différents troubles de la vue, Une orientation suftisamment lumineuse est donc une nécessité très impérieuse pour l’hygiène de la vue,

La vie de l’homme est donc étroitement dépendante de la lumière, qui favorise et précipite les actes nutritifs, et tonifie le système nerveux de la peau, L'enfant, cette fleur humaine, a plus besoin de soleil que les autres fleurs. Sa vigueur, son incarnat, l’harmonieuse perfection de ses formes, ne se trouvent que dans les atmosphères vivement imprégnées de lumière,

La lumière artificielle ne peut suppléer au moindre rayon du soleil, 11 est aujourd’hui bien prouvé que la lumière ordinaire est nécessaire au maintien de la santé, Ouvrons-lui largement nos fenêtres, et allons souvent la chercher à la campagne, là où clle déploie la plus grande somme de ses effets salutaires.

DE LA TEMPÉRATURE.— L'homme est soumis à deux sources distinctes de température : 1. sa température propre, résultant de la respiration, qui est invariable dans l’état de santé, en moyenne 3795, et qui ne peut pas s'élever ou s’abaisser de plusieurs degrés sans danger ; 2. la température de l'air atmosphérique, qui varie suivant les saisons et les différentes régions du Globe.

L'homme, dans l’état de santé, possède la propriété de conserver une température toujours la même, et trouve en lui-même le moyen de résister au froid et à la chaleur. Il doit ce privilège, d’une part à l’énergie

des fonctions de la respiration, et d'autre part à l'activité de la vaporisation pulmonaire et cutanée.

La résistance au froid chez l’homme est due à l’absorption plus considérable de l'oxygène de l'air par le poumon, ce qui active les combustions dans l’intérieur de nos organes, et, par conséquent, accélère la circulation, L’homme,avec une alimentation convenablement choisie, des vêtements chauds et épais, et de l'exercice, est capable de supporter des froids extraordinaires, Cependant, quand le froid acquiert une trop grande intensité, la température de la peau s'abaisse, le sang est refoulé dans les organes profonds, et alors apparaissent l’engourdissement, l’asphyxie et la mort.

La résistance au froid est subordonnée à l’âge et aux tempéraments. Les enfants et les vieillards y sont plus ..nsibles que les adultes ; les sujets nerveux et lymphatiques le sont plus que les sujets sanguins.

L'homme peut aussi lutter contre les fortes chaleurs. I doit cette résistance aux vapeurs d’eau qui s’exhalent par les poumons et sur toute l’étendue de la surface de la peau; cette évaporation produit un refroidissement continuel, Il faut donc prendre un très grand soin de cette sueur qui est salutaire, car sa suppression brusque par refroidissement fait refluer vers les organes internes une quantité de sang considérable qu’une température élevée attire à la peau. Une exposition prolongée à un soleil ardent détermine aussi des accidents cérébraux, tels que congestions et hémorrhagies.

Enfin, en général, l’action de la chaleur est débilitante sur l’homme, et celle du froid lui est salutaire, Les

variations de la température doivent être {cudiées à part, attendu qu’elles constituent une source féconde de maladies.

DE LA PRESSION. — Grâce au baromètre, nous connaissons aujourd’hui la pesanteur de l'air atmosphérique. Cette couche gazeuse qui entoure la Terre est de 15 à 20 lieues d'épaisseur, et y est retenue par l’action de la pesanteur. On évalue le poids de Pair supporté par l’homme à 32 000 livres. Nous serions écrasés par ce poids énorme si la pre-sion n’était également distribuée ; elle s'exerce dans tous les sens avec une uniformité si parfaite, que toutes les actions se compensent et s’équilibrent les unes les autres. Et si, par une cause quelconque, la pression du sang vient à l'emporter sur la pression atmosphérique, il se produit des congestions et même des déchirures de vaisseaux, qui occasionnent des hémorrhagies plus ou moins graves,

L'homme ne peut donc subir les différences dans la pression de l'air atmosphérique que d’une manière lente et insensible, Il faut aussi que ces variations ne soient pas considérables. Si l’homme s'élève trop haut dans l'air, il devient victime du mal des montagnes, qui se caractérise par une respiration de plus en plus fréquente, due à l'air raréfié, qui produit une diminution de la chaleur, un trouble de nutrition, et enfin des hémorrbagies plus ou moins graves ; s’il descend trop bas dans les entrailles de la terre, il ressent les accidents du mal des plongeurs, dont les principaux symptômes sont : des douleurs d'oreilles, un refroidissement très instense, des démangeaisons vives, de très violentes douleurs musculaires et articulaires, puis de la para-

lysie, enfin la mort subite. Ces accidents s’observent souvent chez les individus qui vivent dans les milieux 4 fortes pressions, employés par exemple pour la pêche sous-marine, ou pour le foncage des piles de pont.

Il résulte de ces faits que les individus à constitution faible, à tempérament lymphatique, n'étant pas prédisporés aux affecticas du cœur et des poumons, se trouveront parfaitement bien de l’action de l'air vif et raréfié des montagnes. Si l’on a la poitrine faible et irritable, l'air de la vallée doit être choisi de préférence. En général, une altitude modérée est un lieu favorable pour une habitation.

DE L'ÉLecTRiciTé.—L'électricité se produit d’une manière continue dans l'atmosphère. (Cette manifestation est causée par le concours d’un certain nombre de circonstances, savoir, la végétation active à la surface du sol, les décompositions chimiques qui s’y opèrent, l'inégalité de la température, la grande mobilité des couches de l’air. Elle acquiert, dans certaines conditions de température et d'humidité, une intensité qui fait naître la foudre. Fait digne de remarque, les personnes nerveuses éprouvent, à l'approche d’un orage différents malaises, particulièrement une certaine crainte involontaire.

Les effets de la foudre chez l’homme sont variables suivant la distance qui le sépare des matières conductrices de l'électricité. Par elle, l’homme est tantôt tu instantanément, tantôt frappé de paralysie, tantôt atteint de blessures légères, ou de brûlures étendues très superficielles et parfois très profondes,

Les arbres, les hauteurs, les clochers, là course pen-

dant un orage, les courants d'air, les objets métalliques, les cheminées, attirent la foudre.

Le meilleur préservatif des habitations contre la foudre est le paratonnerre. Son action s'étend horizontalement en tous sens, à une distance double de la longueur de la tige.

Le précepte hygiénique à suivre pour se préserver de la foudre pendant un orage, est d'éviter les matières susceptibles de favoriser le développement de l’électricité. Nous les avons énumérées plus haut.

DEs VENTS.— Les phénomènes qui donnent naissance à l'air en mouvement sunt nombreux. Nous rappellerons ici les principaux : la rotation de la Terre, les influences lunaires, les répulsions et les attractions électriques, les brusques variations de température, la formation ou la condensation instantanée de grandes masses de vapeur d’eau.

ACTION DES VENTS SUR L'HOMME.—Les vents agissent sur l’homme de trois manières: mécaniquement, en favorisant l’évaporation de la sueur et l’exhalation d'eau par le poumon; physiquement, par leur température, leur sécheresse, et leur humidité; physiologiquement, en transportant au loin les principes morbides,

Il est évident que les vents exercent une influence très grande sur la santé de l’homme. Un vent quelconque tend à refroidir l’organisme, et de ce refroidissement dépendent souvent les fluxions de poitrine, les rhumatismes, etc.

Les vents humides (chauds et froids) sont pernicieux.

Les vents chauds et secs sont dangereux si la tem-

pérature en est excessive. Dans notre climat modéré du Canada, ils ne présentent pas de grands inconvénients,

Les vents secs et froids excitent le système nerveux. L’homine, dans l’état de santé et bien vêtu, les brave avantageusement.

Les vents légèrement froids et secs excitent la peau, activent la circulation, donnent du ton à l'organisme.

L'hygiène recommande de se mettre à l'abri du vent ou des courants d'air, lorsque le corps est en sueur et que les vêtements sont mouillés: de se garantir des vents chargés d’humidité, de gaz irritants, de poussières, de sables,

DES CLIMATS.—Le climat est, pour l’hygiéniste, l’ensemble des conditions atmosphériques et terrestres qui agissent sur l’homme dans une région déterminée du Globe. La température moyenne de l’année, la température des saisons, enfin l'altitude, sont les éléments principaux qui caractérisent un climat.

Un divise le Globe en trois zones :

1. La zone torride, limitée par les deux tropiques, et qui correspond aux climats chauds ;

2. Les zones tempérées, comprises entre le tropique et le cercle polaire de chaque hémisphère, et qui correspondent aux climats tempérés ;

3. Les zones glaciales, qui s'étendent dans chaque hémisphère entre le cercle polaire et le pôle, et qui correspondent aux climats froids.

CLIMATS CHAUDS.— L'homme qui habite ces climats, qui sont en particulier ceux de l'Afrique, du midi de l’Asie, du sud de l'Amérique, etc., doit lutter contre la

On

chaleur. Tous les liquides de l’économie sont dirigés vers la surface et employés au refroidissement ; le foie sécrète en très grande abondance.—Les principales maladies de ces climats sont celles du foie et de l’estomac, les fièvres intermittentes, la fièvre jaune, la diarrhée, la dysenterie, etc. En général, les individus qui vivent sous ces climats sont mous et indolents ; leur peau est jaunâtre, flétrie et terne. Les constitutions sont débiles, les tempéraments lymphatiques et nerveux tendent à dominer ; il en est de même des tempéraments bilieux et lymphatico-bilieux.

LE RÉGIME HYGIÉNIQUE DANS LES CLIMATS CHAUDS. —Le régime hygiénique dans ces climats consist: particulièrement dans une nourriture légère, en partie végétale et en partie animale; il faut éviter les exeitants, restreindre les exercices, redouter la suppression de la sueur par les refroidissements, veiller au bon fonctionnement des organes digestifs.

CLIMATS TEMPÉRÉS.— Comme nous le savons, le climat exerce sur l’horime une influence considérable, mais le climat tempéré est celui sous lequel les qualités physiques et morales se développent le mieux. L’Europe presque entière, la Californie, le Canada, les Etats- Unis, etc., jouissent d’un climat tempéré.

Les habitants qui vivent sous ces climats sont, en uénéral, robustes, actifs, industrieux. Ils jouissent de tous les bienfaits de la nature, Nous trouvons dans les climats tempérés tous les tempéraments, et une sorte d'aptitude à contracter toute espèce de maladies, suivants les saisons. En hiver et au printemps, il y a disposition aux maladies inflammatoires et catarrhales,

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