‹ Traité élémentaire d'hygiène privée ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 46 sur 57 · DE LA NATATION · texte numérisé non relu

DE LA NATATION

points de la peau et contribue singulièrement à lui imprimer de la force; voilà pourquoi, outre les avantages de la pureté de l’eau, il vaut mieux se baigner dans une eau courante que dans une eau stagnante; la méthode la plus défectueuse de nager est celle dite à la renverse, parce que le corps étant presque entièrement dans l’eau , on a peu d’efforts à faire pour se soutenir à la surface.

Nous avons déjà rappelé les avantages de la natation en parlant des bains froids, nous n’y reviendrons pas ; nous nous contenterons seulement de les conseiller comme activant les fonctions organiques, et pouvant, par l’effet sédatif du froid, calmer la surexcitation produite par la température de l’été, saison dans laquelle on se livre plus particulièrement et même presque exclusivement à cet exercice.

De V équitation. Un exercice est d’autant plus salutaire qu’un plus grand nombre de muscles sont en action ; d’après ce principe, on conçoit l’avantage que peut procurer l’équitation et le choix que l’on peut faire des différentes allures du cheval. Le pas et

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le galop conviennent aux personnes convalescentes, le trot à celles qui ont la force de le supporter. D’après Hippocrate on a cru, mais à tort, que l’équitation rendait impuissant; l’exemple des cavaliers, des postillons, prouve le contraire ; la secousse que le cheval imprime à tous les viscères active leur action : ceux qui servent à la génération subissent la règle générale. Les cavaliers sont exposés aux hernies qui proviennent du relâchement des muscles abdominaux et de la contraction de ceux de la partie postérieure du tronc pour maintenir la rectitude de celui-ci; de là résulte aussi une proéminence des viscères abdominaux que l’on nomme éventration , et à laquelle on remédie en portant une ceinture.

Le jeu de bagues est une véritable équitation artificielle qui est loin d’avoir les avantages du cheval; car on est toujours circonscrit dans un espace étroit et l’on n’éprouve presque aucune secousse.

La balançoire est un exercice à la fois actif et passif, selon que l’on imprime le mouvement ou qu’on se borne à y céder; la percussion de l’air sur la peau et les secousses

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douces que les organes reçoivent, ne sont pas sons avantage.

De la navigation. L’oscillation , le balancement du bateau, le roulis du vaisseau, l’air pur continuellement rafraîchi par l’évaporation , rendent ce genre d’exercice recommandable. Les différentes agitations de l’esprit dans les voyages de long cours, les changemens d’aspect, de ciel, de climat, ont étésouventeffîcaces contredes affections nerveuses, telles que la mélancolie, l’histérie, la manie, etc.

Il est cependant des individus qui sont singulièrement incommodés par le roulis du 'vaisseau et ne peuvent le supporter; ils ont alors ce qu’on appelle le mal de mer, qui consiste dans des vomissemens opiniâtres que souvent ou ne peut calmer qu’en mettant pied à terre; néanmoins il arrive qu’après quelques jours de navigation tous les accidens se calment ; du reste cette question rentre dans le domaine de l’hygiène publique , où il en sera traité a propos de la santé des gens de mer (r).

De la voiture. D’après ce que nous venons

(1) Voy. Résumé «/'Hygiène publique.

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de dire en parlant de l’équitation , on doit voir quels sont les services que l'on peut espérer de la progression en voiture, et quel est le choix que l’on devra faire des différentes manières dont elles sont suspendues. La chaise à porteur est la voiture la plus douce que l’on connaisse, et à peine doitelle être mentionnée dans un article où il est question de l’exercice.

De la voix. La voix est le principal moyen que nous ayons pour établir des relations avec nos semblables ; elle a lieu par le passage de l’air contenu dans les poumons à travers la glotte; les contractions diverses des muscles de celte partie la rendent plus grave ou plus aiguë; mais sans le secours de la langue , des muscles buccinateurs et labiaux, nous ne pourrions donner qu’un son vague et confus; en un mot, il nous serait impossible d’articuler.

La parole distingue éminemment l’homme de l’animal. Lui seul peut varier sa voix à l’infini et lui imprimer assez de modifications pour exprimer toutes les nuances de sa pensée. Mais gardons-nous pourtant de prendre l’effet pour la cause ; ce n’est pas

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