‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 115 sur 443 · IL - SCLÊRITK ET ÉPISGLÉRITE · texte numérisé non relu

IL - SCLÊRITK ET ÉPISGLÉRITE

L'inflammation du tissu sclérotical s'étend d'ordinaire à la couche cellulo-séreuse sus-jacente, le tissu épiscléral; il y a sclérite et épisclé-

rite. Pour certains auteurs (Sichel père), l'affection débuterait toujours par la choroïde, tandis que d'autres (Desmarres père) admettent le début dans la sclérotique même. Il n'y aurait pas toujours scléro-choroïdite, affection qui demande d'ailleurs une étude spéciale, dont il sera question à propos des affections de la choroïde.

Pour le moment, il sera question de la sclérite avec épisclérite, que l'on observe surtout chez les adultes, particulièrement chez les hommes. Les sujets rhumatisants, goutteux et scrofuleux, les syphilitiques y sont prédisposés; les troubles de la circulation abdominale, la dysménorrhée ou l'aménorrhée, la suppression des hémorroïdes fluentes en provoqueraient l'apparition. Chez les rhumatisants, un traumatisme pourrait en être la cause occasionnelle (Yvert).

L'affection se traduit par la formation d'une tache rouge sombre, située d'ordinaire à 2 ou 3 millimètres du bord cornéen, d'ordinaire près de l'insertion du muscle droit externaou supérieur, tache rarement multiple, atteignant de 6 à 7 millimètres de diamètre. Due à l'injection des vaisseaux de la sclérotique et du tissu sous-conjonctival, elle est d'un rouge sombre qui tend à devenir vineux; puis sur elle apparaît une bosselure aplatie, dure, de la grandeur d'une demi-lentille. Son sommet est d'un rouge jaunâtre, tandis que les bords, d'un rouge écarlate, se perdent insensiblement dans les parties saines. Lorsque la lésion siège tout près du bord de la cornée, le tissu cornéen s'infiltre et subit une sorte de sclérose qui persiste longtemps. Quant au bouton de sclérite, il s'efface peu à peu, aussi lentement qu'il s'e^t formé, durant parfois des mois et même des années, puis disparaissant sans laisser de traces, si ce n'est quelquefois une petite tache ardoisée à peine apparente. La réapparition de boutons vers les parties voisines du point primitivement atteint explique souvent la longue durée de la maladie.

L'indolence habituelle de la sclérite fait parfois place à un état aigu avec photophobie, larmoiement et névralgies ciliaires.

D'après Galezowski, chez certains malades la sclérite ne reste pas localisée, elle s'étale sur toute la moitié inférieure ou supérieure de la portion visible de la sclérotique, qu'elle colore en rouge vineux. Elle s'accompagne alors de douleurs péri-orbitaires, de larmoiement, et disparaîtrait en six à huit jours, mais ses récidives sont fréquentes et peuvent même lui mériter l'épithète de périodique.

On ne peut guère confondre le bouton de sclérite qu'avec une grosse phlyetène développée sur la conjonctive bulbaire. Mais cette phlyetène présente à son sommet une couche épithéliale extrêmement mince, qui ne tarde pas à s'ulcérer. De plus, c'est une affection de l'enfance et de la jeunesse, plus encore que de l'adolescence. Enfin, la phlyetène disparaît en quinze à vingt jours, plus rapidement que la sclérite.

Le traitement sera tout d'abord interne, en rapport avec la diathèse

du malade. Localement, avec les instillations de myotiques, l'emploi de la chaleur se montre toujours favorable : douches de vapeur cinq ou six fois par jour, pendant quinze à vingt minutes; applications prolongées sur les paupières de compresses trempées dans l'eau aussi chaude que possible ; bandage légèrement compressif la nuit. On a encore vanté le massage pratiqué avec le pouce et l'index à travers la paupière supérieure pendant trois ou quatre minutes chaque jour. Quelquefois des scarifications perpendiculaires au bord de la cornée et assez profondes pour intéresser toute l'étendue du mal en arrêtent l'évolution. On a même proposé l'excision du tissu malade; il sera exceptionnellement indiqué d'y avoir recours.

Concurremment on instituera le traitement général visant la cause de la sclérite. Le plus souvent, à la période aiguë, le salicylate de soude ou de lithine en feront les frais. Toutefois si l'affection était reconnue d'origine syphilitique, les frictions générales d'hydrargyre seraient de rigueur. A la période chronique on conseillera Piodure de potassium .

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