I. — MYDRIASE
Il y a mydriase ou dilatation pupillaire lorsque chez un malade une seule ou les deux pupilles présentent des dimensions supérieures à ce que Ton constate chez les personnes placées dans les mêmes conditions que l'observé.
Les deux pupilles sont dilatées, il y a mydriase avec isocorie (égalité pupillaire), ou une seule pupille est élargie, mydriase avec anisocorie.
Dans le premier eas, il peut exister une excitation (mydriase spasmodique) en un point quelconque des deux faisceaux des fibres mydriatiques, soit à la périphérie (collyre à l'atropine, à la cocaïne), soit au niveau du centre médullaire (empoisonnement par la strychnine, le curare, sans doute aussi sous l'influence des vers intestinaux, de l'onanisme, la chorée, l'hypocondrie, l'hystérie). Autrement il existe un spasme vasculaire comme dans l'intoxication par la quinine ou à la suite des hémorragies abondantes. Autrement encore (mydriase paralytique), il y a paralysie ou destruction des faisceaux myotiques consécutives à des affections centrales (hémorragies, tumeurs cérébrales), ou bien les filets nerveux terminaux et les fibres musculaires de l'iris sont directement altérés (diphtérie, commotions et hémorragies iriennes des deux yeux). Enfin la cécité double, complète ou non, s'accompagne de mydriase par perte du réflexe lumineux; de même au sein de l'obscurité complète les pupilles sont dilatées au maximum (photographie instantanée) et la mydriase survient aussi au moment de la mort.
Le mydriase avec anisocorie résulte de l'action directe sur l'iris soit d'une exagération de la tension oculaire, soit d'un collyre mydriatique instillé dans un seul œil. Le même fait survient après l'exaltation d'un seul des faisceaux mydriatiques (mydriase unilatérale), dans les irritations de la région cilio-spinale par traumatisme médullaire, dans les irritations du sympathique par des lésions rachidiennes, par certaines
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tumeurs du cou, certaines affections aortiques ou pulmonaires. On constate encore de la mydriase unilatérale par paralysie d'un seul des faisceaux myotiques (paralysie d'un moteur oculaire commun ou du moteur oculaire externe, quand il fournit la racine motrice du ganglion ophtalmique). Ces désordres sont en rapport soit avec des lésions dans le trajet des nerfs (traumatisme), soit des désordres au niveau de leurs foyers d'origine (syphilis, ataxie). Enfin, par inhibition du réflexe lumineux l'excitation d'une ou de plusieurs branches du trijumeau (dents cariées) peut donner lieu à de la mydriase, ce qui est la forme clinique la plus commune.
Le diagnostic pathogénique de la mydriase est parfois difficile. D'ordinaire il est aisé de reconnaître la mydriase artificielle due à l'action des médicaments mydriatiques surtout quand il s'agit d'atropine. La pupille est dilatée au maximum et l'accommodation paralysée ; en outre les collyres myotiques restent impuissants.
Liée à une paralysie des filets dilatateurs, la mydriase est moyenne, elle s'accroît notablement par l'instillation d'atropine et diminue sous L'action de l'ésérine. De plus, si l'accommodation est presque toujours simultanément paralysée, ce n'est pas là une règle invariable comme dans la variété précédente.
Quant à la mydriase provoquée par l'excitation du sympathique, elle respecte souvent l'accommodation, s'efTace transitoirement sous l'influence de l'ésérine ou même d'une vive lumière.
La coexistence d'autres symptômes, dus à la lésion cause première de la mydriase, doit concourir avec elle pour assurer le diagnostic.
Gomme donnée thérapeutique il ne découle de la mydriase elle-même que la nécessité de combattre le trouble visuel résultant des éblouissements que provoquent l'entrée dans l'œil d'une trop grande quantité de lumière et le défaut de netteté des images par suite de la différence de réfraction subie par les rayons lumineux centraux et marginaux. A cet effet il est indiqué de recourir à l'instillation de quelques gouttes de collyres au sulfate neutre d'ésérine (1/300) ou de chlorhydrate de pilocarpine (1/100).
Le traitement étiologique s'impose.