III. -TREMBLEMENT DE L'IRIS
Chez certains malades l'iris n'est pas immobile, il se déplace d'avant en arrière ondulant comme une voile qui flotte au vent par un temps calme, ou bien on constate une sorte de frémissement, une série d'oscillations rapides, on dirait une membrane flottante à la surface d'un liquide toujours en mouvement.
Le tremblement (irido-donesis) est parfois limité au segment inférieur de l'iris parce que la partie déclive de la chambre postérieure est remplie de liquide : la membrane à ce niveau ne repose plus sur le cristallin. D'autres fois le tremblement est limité au niveau d'un segment irien détaché de son insertion ciliaire ; ou encore, dans la luxation du cristallin, parfois une seule portion de l'iris tremble, le reste de la membrane étant fortement distendu par la lentille déplacée. Dans bien des cas la portion péripupillaire de l'iris oscille plus que le segment périphérique fixé par ses attaches. Le tremblement enfin est rarement continuel, sauf peut-être dans le ramollissement du corps vitré; il est exagéré par les mouvements de l'œil.
Les troubles fonctionnels observés dépendent surtout des lésions concomitantes.
Le tremblement irien dépend d'ordinaire d'une lésion mécanique. Une rupture de l'équilibre entre les deux segments post et préiriens de l'œil entraine une inégalité de pression sur les deux faces de la membrane et son tremblement, cela dans le kératocône ou staphylôme antérieur, Thydropisie de la chambre antérieure, la rupture de la zonule de Zinn, le ramollissement ou l'issue du corps vitré, le décollement de la rétine. La présence de liquide dans la chambre postérieure (hydropisie, certaines luxations du cristallin, rupture de la zone de Zinn, hydrophtalmie) prive l'iris de son appui sur le cristallin et provoque son tremblement. La perte des moyens de fixation de la membrane concourt au même effet lors de la rupture ou du relâchement du ligament de Zinn, de cataractes morganiennes, siliqueuses et branlantes, après l'opération de la cataracte.
Il va sans dire que le traitement de ce trouble fonctionnel relève du traitement de la lésion qui le provoque.