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CHAPITRE LXI AXATOMIE ET PHYSIOLOGIE

Le corps vitré, le plus volumineux des milieux réfringents du globe de l'œil, dont il occupe les deux tiers postérieurs, revêt la forme d'un sphéroïde tapissé par la rétine, sauf à sa partie antérieure où il se déprime pour loger le cristallin. On y distingue une membrane d'enveloppe, Yhyaloïde, et un contenu gélatineux, la gélatine du corps vitré.

Vhyaloide, après avoir tapissé la cupule rétinienne, se modifie au niveau de l'ora serrata et se recourbe pour aller se fixer à la capsule du cristallin : cette portion particulière de la membrane a reçu le nom de zone de Zinn ou de zonule. Elle sera étudiée avec le cristallin.

Dans l'hyaloïde proprement dite on reconnaît une face externe lisse assez adhérente à la rétine pour que certains auteurs aient confondu cette membrane avec la limitante interne de la rétine. La face interne est intimement unie avec la gélatine du corps vitre'. Absolument transparente, si bien qu'elle n'est visible que lorsqu'elle forme des plis, l'hyaloïde est constituée par une substance amorphe sans éléments figurés propres.

La gélatine du corps vitré est une substance transparente, visqueuse, qui renferme plus de 98,5 p. 100 d'eau et de faibles quantités de sels (chlorures), d'albumine et de matières extractives. On y distingue une partie liquide et une partie consistante. Cette dernière était autrefois considérée comme formant des cloisons membraneuses divisant la cavité hyaloïdienne en un grand nombre d'alvéoles, on a depuis reconnu qu'il s'agissait là d'une erreur causée par des artifices de préparations. En réalité, il n'existe dans l'intérieur de l'hyaloïde d'autre membrane qu'une mince pellicule, qui revêt un canal central antéro-postérieur où se loge

chez le fœtus Y artère du corps vitré. La substance même du vitré est homogène, ce qui n'exclut pas qu'elle puisse présenter une certaine condensation à sa périphérie, d'où une espèce d'écorce à fissures concentriques et un noyau moins dense subdivisé par des plans radiés étendus du canal central à la couche corticale. Dans cette gélatine chez l'adulte on constate la présence de rares cellules très variables quant à leur forme.

Fig. 117.

Coupe antéro-postérieure du globe oculaire.

i, nerf optique, — 2, gaine de nerf optique; — 3, cornée; — 4, sclérotique; — 5, canal de Fonlana ; 6, choroïde; — 7, portion antérieure de la membrane de l'humeur aqueuse; — 8, portion postérieure de la membrane de l'humeur aqueuse; — 9, corps ciliaire; — 10, procès ciliaircs; — 11, iris; — 12, papille; — 13, rétine; — 14, membrane hyaloide; — 15, portion ciliaire delà membrane hyaloïde; — 10, zonedeZinn; — 17, adhérence de la zone de Zinn avec la capsule cristalline ; — 18, canal de Petit; — 19, cristallin; —20, capsule cristalline; — 21, corps vitré; — 22, chambre antérieure, — 23, prétendue chambre postérieure.

Tantôt elles sont rondes, munies de un ou plusieurs noyaux, tantôt fusiformes ou étoilées; elles sont rendues très irrégulières parleurs prolongements protoplasmatiques. D'autres fois, elles se- montrent comme des vésicules à contenu clair et homogène. Tous ces éléments, qui jouissent de mouvements propres, ne seraient autre chose que des corpuscules lymphatiques immigrés dans la gélatine du corps vitré, où leur présence provoque dans certains cas la sensation de mouches volantes.

Le canal central du corps vitré ou canal hyaloidien logeant chez le fœtus Y artère hyaloïdienne, ne renfermant plus chez l'adulte qu'un liquide transparent, court, cylindrique, de la papille au pôle postérieur du cristallin, et mesure 2 millimètres environ de diamètre. Un peu renflé à son origine papillaire, il se terminerait aussi en massue à son extrémité antérieure, qui ne correspond pas toujours au centre de la face

postérieure du cristallin. Ceci et la position excentrique de la papille optique expliquent que le canal central ne suive pas exactement Taxe optique. Ainsi qu'il Ta déjà été dit, la paroi du canal est constituée par une membrane vitreuse qui parait finement striée.

Au point de vue physiologique la substance solide, qui constitue In charpente du corps'vitré, est remarquable par son hygrométricité. Grâce à cette propriété, elle assure un certain état de tension dans le segment postérieur de l'œil, d'où la fixité de l'étalement de là rétine. De plus, c'est à la résistance que cette hygrométricité apporte à la sortie des liquides, que l'on doit de pouvoir évacuer le contenu de la chambre antérieure et extraire le cristallin sans danger pour la membrane nerveuse. C'est encore cette propriété qui permet au corps vitré de soustraire au fur et à mesure de leur production les déchets rétiniens et d'assurer ainsi le renouvellement incessant de la substance rétinienne et le bon fonctionnement de la membrane. Enfin, si le coefficient hygrométrique du vitré est altéré, il en résulte, quand il augmente, de l'hypertonie et des accès glaucoraateux, quand il diminue, de l'hypotonie et des troubles rétiniens par stase des produits de décomposition, le ramollissement du vitré, le décollement de la rétine, la phtisie du globe (Hache).

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