‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 177 sur 443 · I. - HYALITIS. - SYNCHYSIS SIMPLE · texte numérisé non relu

I. - HYALITIS. - SYNCHYSIS SIMPLE

On considère comme inflammation du corps vitré l'ensemble des désordres nutritifs qui surviennent dans ce milieu, consécutivement aux états inflammatoires du tractus uvéal, ou qui résultent d'une irritation directe de son tissu, qu'elle soit microbienne ou non. Ces désordres se résument dans la liquéfaction, la condensation ou la suppuration du vitré; de là pour certains auteurs trois variétés d'hyalitis : séreuse, condensatrice et suppurée.

A la suite du trouble qu'apportent à la nutrition du vitré les affections choroïdiennes très chroniques, la périphérie de la gélatine se laisse envahir par des cellules lymphatiques; en même temps sa consistance sirupeuse diminue. La liquéfaction du corps vitré est alors la lésion la plus appréciable, il y a hyalitis séreuse.

Une importante immigration de cellules lymphoïdes dans le corps vitré, peut avoir pour conséquence sa liquéfaction (synchysis). Celle-ci résulte d'une action mécanique exercée sur le tissu par les éléments cellulaires, qui se déplacent dans son intérieur, s'y gorgent de liquide, puis se dissolvent. Comme toutes les cellules ne disparaissent pas simultanément, il en résulte qu'au milieu d'un liquide transparent, on aperçoit des corps flottants, qui se déplacent avec une grande rapidité au moindre mouvement de l'œil.

La liquéfaction, dans certains cas, est générale; d'autres fois elle se limite, soit aux parties antérieures du corps vitré, comme à la suite des luxations du cristallin et de l'abaissement de la cataracte, soit dans les couches postérieures, ainsi qu'on l'observe dans les atrophies choroïdiennes.

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On a donné comme signes du synchysis le tremblement de l'iris et la diminution de consistance du globe de l'œil. Or l'iridodonésis indique seulement que l'iris a perdu la fixité d'appui que lui fournit normalement le cristallin. L'hypotonie de l'œil n'a pas davantage une valeur pathognomonique; dans le cas de glaucome, on constate en effet une exagération de tension, coïncidant avec une liquéfaction du vitré. En réalité, la rapidité du déplacement des opacités dans les parties centrales et périphériques du vitré constitue le meilleur signe pour établir le diagnostic. Plus vive, l'irritation inflammatoire provoque V hyalitis condensalrice, en particulier s'il y a eu pénétration d'un corps étranger; alors il se produit une immigration cellulaire très active ; les cellules, au lieu de se détruire comme dans la variété précédente, se transforment ainsi que les couches de gélatine voisines du corps étranger. Finalement celui-ci se trouve enkysté dans une membrane cellulaire, et il n'est pas rare que le kyste soit rattaché par un cordon véritable au point qui a donné passage à l'agent du traumatisme.

Tous les cas n'offrent pas une marche aussi heureuse ; l'immigration cellulaire par son abondance peut envahir tout le corps vitré. L'opacificalion se traduit à l'éclairage oblique par une teinte jaunâtre de la pupille et à Pophtalmoscope par l'impossibilité d'éclairer le fond de l'œil. La substance même du vitré, modifiée par cet envahissement cellulaire, se transforme en pus, il y a hyalitis suppurée. Autrement, à la suite de suppuration du tractus uvéal, le pus se déverse dans le corps vitré et l'hyalitis suppurée complète l'ensemble des phénomènes de l'ophtalmite suppurée. Souvent générale, l'hyalitis suppurée reste parfois localisée grâce à la coexistence d'une hyalitis condensatrice, qui l'enkysté, pour ainsi dire, et limite l'abcès dont le pus se déverse à l'extérieur ou même se résorbe. Ultérieurement la rétraction des parties malades entraîne le décollement des membranes voisines et un certain degré de phtisie de l'œil.

Il y a peu à dire sur la symptomatologie de l'hyalitis; épiphénomène de lésions oculaires plus graves, elle se traduit, lorsque l'exploration au miroir du fond de l'œil reste possible, par la perte de transparence du vitré ; parfois ce sont tout d'abord des poussières que l'on y constate, parfois on y suit la formation de membranes opaques qui, autour des corps étrangers, prennent une teinte d'un blanc brillant. Dans d'autres cas, une teinte grisâtre uniforme, puis jaunâtre, indique la transformation purulente du corps vitré.

Pas plus que la symptomatologie, le traitement ne mérite de longs développements; on combattra les poussées inflammatoires du tractus uvéal; on pratiquera, si elle est possible, Pextraction des corps étrangers ou la désinfection des plaies qui intéressent l'enveloppe scléro-choroïdienne.

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