‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 182 sur 443 · CHAPITRE LXV1 DÉCOLLEMENT DE L'HYALOÏDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV1 DÉCOLLEMENT DE L'HYALOÏDE

Le décollement du corps vitré résulte de l'interposition d'un liquide ou d'une masse solide entre l'hyaloïde et la loge qu'elle tapisse, il y a disparition du contact normal de la membrane avec la rétine, la zonule ou la cristalloïde postérieure. Cette lésion s'observe à la suite de traumatismes oculaires suivis de perte d'une quantité notable de l'humeur vitrée, ainsi que cela arrive quelquefois pendant l'opération de la cataracte. Dans ces cas de décollement par ablation, il y a épanchement séreux e.t sanguin par appel lorsque les deux membranes s'écartent. Le mécanisme est le même quand il y a décollement par ectasie, c'est-àdire par dilatation locale ou générale de la coque oculaire, dans la myopie, la scléro-choroïdite, l'ophtalmie ou l'hydrophtalmie. Enfin la même explication est encore valable pour le décollement par rétraction cicatricielle du vitré à la suite d'ulcération de la cornée, d'iritis el surtout d'hyalitis.

Il n'y a rien à dire ici du décollement provoqué par laprésence d'une tumeur entre la rétine et l'hyaloïde, la lésion étant toute différente de ce qu'elle est dans les cas précédents.

Ànatomiquement on différencie le décollement suivant qu'il siège en arrière entre la rétine et l'hyaloïde ou qu'un épanchement sépare cette membrane de la cristalloïde et de la zonule. Dans certains cas de décollements postérieurs l'adhérence de l'hyaloïde à la papille resle intacte, et le corps vitré affecte la forme d'un cône à sommet postérieur. De même en avant, le cristallin peut rester adhérent à sa loge hyaloïdienne et le décollement siéger au delà de sa circonférence. Le liquide, qui remplit l'intervalle laissé par les membranes écartées, est séreux, séro-albumineux, et renferme assez souvent quelques leucocytes et quelques hématies.

Quant au corps vitré rétracté ou refoulé, il a perdu fréquemment sa transparence, ce qui, avec certaines lésions parfois concomitantes (traces de kératite, iritis, irido-choroïdite), empêche l'examen du fond de l'œil.

Le diagnostic du décollement de l'hyaloïde est toujours chose délicate, même quand on peut explorer la région malade. Quand il est postérieur, on verrait, d'après Galezowski, une surface gris foncé dans la région papillaire limitée par une ligne circulaire concentrique à la papille ; à travers cette zone, les vaisseaux rétiniens, situés au-dessous, apparaissent tortueux. Leur sinuosité n'est qu'apparente et due à ce qu'on les voit à travers les plis de la membrane décollée. Dans certains cas, enfin, il n'existerait aucun changement appréciable. Alors tout diagnostic est impossible, le patient n'accusant aucun symptôme subjectif. Quand il se plaint, on découvrira une certaine diminution de l'acuité visuelle, un scotome central, un rétrécissement concentrique du champ visuel, trois phénomènes qui sont en rapport, moins avec le décollement de l'hyaloïde qu'avec des altérations concomitantes de la rétine au niveau des points que ne soutient plus le vitré.

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