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CHAPITRE LXIX EXAMEN DU CRISTALLIN

Situé derrière deux milieux transparents, la cornée et l'humeur aqueuse, le cristallin est accessible à un examen direct, du moins dans son milieu quand la pupille est largement dilatée. Au besoin l'observateur peut s'armer d'une loupe pour mieux saisir le détail des lésions qui siègent dans la cristalloïde antérieure ou les couches superficielles de la lentille.

Nous verrons plus loin le parti que l'on tire des images d'une flamme réfléchie par la surface convexe antérieure et la face concave postérieure du cristallin (flg. 132).

A l'éclairage oblique le cristallin normal donne un reflet bleuâtre chez l'adulte, verdâtre chez le vieillard ; parfois on distingue vaguement la disposition en étoile à trois branches des lamelles qui forment la lentille. Ce même procédé d'examen permettra de saisir les troubles de transparence, et aussi les déplacements du cristallin resté transparent. Dans ce dernier cas les bords et les fa:ces de la lentille luxée offrent une teinte gris bleuâtre, qui contraste avec la coloration noire satinée du reste de l'ouverture de la pupille.

L'examen au miroir plan ou concave, la pupille étant dilatée au maximum, laisse voir le bord équatorial du cristallin comme un anneau légèrement grisâtre entourant un disque rouge. S'il existe une luxation, l'aspect de la pupille devient typique ainsi que l'image du fond de l'œil ; de même dans le cas de cataracte.

Toutefois il est certaines règles, dont il ne faut pas se départir, si l'on

Fig. 132.

Images de Purkinje.

a et ô, images droites, réfléchies par la cornée et la cristalloïde antérieure,* — c, image renversée réfléchie par la cristalloïde postérieure.

veut faire cet examen complet. On peut y procéder simplement avec l'un des deux miroirs, ou en plaçant derrière eux une lentille convexe de 10 ou 20 dioptries ; dans ce cas il faudra se tenir à une distance du point qu'on examine égale à la distance focale de la lentille employée. En agissant ainsi on a l'avantage d'éclairer la partie examinée et de considérablement la grossir. C'est en quelque sorte un examen à la loupe. On projette d'abord les rayons lumineux perpendiculairement à la surface du cristallin, dont on explore en premier lieu les parties centrales; puis, faisant obliquer l'œil dans tous les sens, on éclaire tous les points périphériques qu'on examine à leur tour. Cette façon méthodique de procéder a le double avantage de ne laisser inexplorée aucune partie et de découvrir les plus faibles altérations de transparence. A propos de la cataracte nucléaire au début, nous reviendrons sur ces avantages et les ferons mieux ressortir.

Déjà, à propos du corps vitré, il a été indiqué comment l'on pouvait reconnaître que l'opacité siège dans les couches antérieures ou postérieuresdu cristallin, sur la cristalloïde ou dans le vitré.

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