I. — COMMOTION DU CRISTALLIN
Berlin a démontré qu'en frappant l'œil d'un lapin avec une tige élastique on obtient un trouble du cristallin sans rupture de la cristalloïde ni déchirure de la zonule. La même lésion pourrait s'observer chez l'homme à la suite d'un choc violent atteignant l'œil lui-même, ou bien à la suite d'un ébranlement violent du crâne ou du corps entier, ébranlement transmis au globe oculaire. Peut-être faut-il signaler ici les cataractes survenues chez des individus frappés par la foudre. Toutefois, avant d'admettre dans un cas donné la réalité de la simple commotion du cristallin, il faut chercher à reconnaître si la cristalloïde est intacte et si la zonule n'est pas altérée. Il est rare qu'un traumatisme produise indirectement la rupture de la cristalloïde antérieure sans luxation du cristallin, et, à titre exceptionnel, on cite un cas de rupture isolée de la cristalloïde postérieure, observé par Knapp. Plus fréquente est la distension partielle ou la rupture partielle de la zonule de Zinn, d'où une modification de forme, une convexité plus grande de la lentille se traduisant par de la myopie avec astigmatisme cristallinien plus ou moins marqué (voir pour le mécanisme au chapitre de Y Accommodation). De plus, même en l'absence de désordres du côté de la capsule, une cataracte peut survenir, non plus par commotion vraie, mais indirectement par suite d'une rupture traurnatique de la choroïde, c'est-à-dire par l'intermédiaire de l'hémorragie et de ses suites, la chorio-rétinite et le décollement rétinien consécutifs (Arlt). En pareil cas les faits importants pour le diagnostic sont, en plus du traumatisme invoque comme
cause de la cataracte, son unilatéralité, l'amblyopie ou l'amaurose qui raccompagne, une certaine décoloration de l'iris, peut-être des synéchies postérieures, voire encore le ramollissement du corps vitré, indices du travail inflammatoire provoqué par l'accident.