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ANAT0MIE 397
s'effile à la manière d'un tronc de cône et ne présente plus qu'un millimètre et demi de diamètre.
Le nerf optique est constitué par des gaines et des faisceaux de fibres nerveuses. Celles-ci seraient au nombre de 500.000 d'après Salzer, de 1.000.000 suivant Krause, groupées en de nombreux faisceaux (environ 800), séparés par des tractus conjonctifs circonscrivant de véritables espaces lymphatiques. Ces tractus conjonctifs s'épaississent au niveau de la pénétration du nerf dans la coque oculaire, tandis que les faisceaux nerveux se réduisent par suite de la disparition de la couche de myéline de leurs fibres ; de là résulte la présence sur une coupe du nerf d'un véritable réseau conjonctif [lame criblée). Au centre du tronc nerveux dans les 15 à 20 derniers millimètres de son parcours, on note la présence d'un petit filet nerveux (nei%f de Tiedmari) et des vaisseaux centraux qui ont pénétré par son quadrant inféro-externe en entraînant une gaine conjonctive, prolongement de la gaine piale.
Si l'on compare le nombre des fibres à celui des éléments tactiles de la rétine (cônes et bâtonnets), Ton constate d'après certains anatomistes que ces derniers sont beaucoup plus nombreux et que chaque fibre doit être reliée à trois cônes ou même à sept bâtonnets. Peut-être aussi n'aurait-on pas tort d'admettre que certaines fibres au moins correspondent à un seul élément tactile, ce qui semble devoir être particulièrement nécessaire au niveau de la région maculaire pour que l'impression subie par chaque cône soit transmise isolément. A ce compte même, l'on comprend la sensibilité si parfaite de cette région, tandis que la multiplicité des récepteurs reliés à un seul conducteur explique la moindre netteté de la perception des impressions déposées -sur la périphérie de la membrane.
Les gaines du nerf optique sont considérées comme des prolongements des enveloppes cérébrales. L'externe, fibreuse, continue avec la duremère, est dite gaine durale; l'interne vasculaire, comme la pie-mère, intimement adhérente aux tractus conjonctifs inter-fasciculaires, a reçu le nom de gaine piale. Enfin un prolongement de l'arachnoïde, la gaine arachnoïdale dédouble l'interstice des deux gaines précédentes, Y espace inleruaginal. De là un espace sous-arachnoïdien parcouru par tout un réseau de lins trabécules conjonctifs et une fente sus-arachnoïdienne ou sous-durale. Dans le canal optique la fusion intime des différentes gaines sauf en bas, ne laisse qu'une étroite communication entre les espaces lymphatiques de même nom du nerf et du cerveau. De plus au niveau du globe oculaire la gaine durale se continue avec les deux tiers externes de la sclérotique ; la gaine piale forme le tiers interne de la même membrane et envoie quelques faisceaux à la choroïde. L'espace sousarachnoïdien par suite se présente autour de la papille optique comme une collerette plus large du côté de la macula et, à travers les fibres
internes de la sclérotique, il communique avec Yespace scléro-choroïdien. Quant à l'espace sous-dural il se termine en cul-de-sac au niveau de la lame criblée. Enfin, en dehors de la gaine durale, il y a encore lieu de signaler l'espace lymphatique qu'elle limite avec la gaine conjonctive du tronc nerveux, espace qui en avant communique avec Yespace sousténonien.
Fig. 161.
a, sclérotique; — ô, choroïde; — c, rétine (couches profondes); — d, couche des fibres optiques; — ê, gaine durale du nerf optique; — /. ?, arachnoïdale ; — g% g, piale; — A, nerf optique; — t, vaisseaux centraux; — Ar, excavation de la papille; — I, lame criblée.
En résumé la circulation lymphatique du nerf optique est assurée par tout un système de lacunes qui sont : les espaces inter-fasciculaires communiquant en arrière avec les espaces cérébraux et en avant avec l'espace rétino-hyaloïdien ; Yespace sous-arachnoidien anastomosé en avant avec le sclérp-choroïdien et par lui avec le sous-ténonien qui se continue lui-même avec la gaine extradurale du nerf optique. Les deux espaces souis et sus~archnoîdie7is communiquent en arrière avec les espaces des méninges. La continuation întra-crànienne de l'espace extradural n'est pas encore bien établie.
Les courants lymphatiques, qui circulent dans ces divers espaces, malgré leurs anastomoses, conservent une certaine indépendance et en cas de lésions pathologiques ils ne peuvent se suppléer complètement.
ANATOMIE
Il est inutile de faire ressortir davantage l'importance des connexions établies par le nerf optique entre les cavités lymphatiques du cerveau et de l'œil.
La vascularisation du nerf optique demande à être étudiée en tant qu'irrigation sanguine du tronc lui-même et comme voie de communication entre les circulations cérébrale et oculaire.
Fig. 162.
Origine des nerfs olfactif, optique et moteur oculaire commun
d'après Vicq-d'Azyr et Foville.
I, nerf olfactif; — 2, racine blanche externe; — 3, racine blanche interne; — 4, quadrilatère perforé; — 5, bandelette optique; — 6, corps genouillé interne; — 7, corps genouillé externe; — 8, racine grise des nerfs optiques; — 9, commissure antérieure et troisième ventricule ; — 10, origine du nerf moteur oculaire commun ; — il , coupe de la protubérance annulaire au niveau des pédoncules cérébraux ; — 12, prolongement postérieur des ventricules latéraux; — 13, origine du prolongement sphénoïdal des ventricules latéraux ; — 14, bandelette demi-circulaire.
Les ramifications vasculaires du nerf optique lui sont fournies par les vaisseaux centraux pour une faible part et seulement près du globe oculaire ; d'une façon générale ils proviennent des vaisseaux vaginaux. Ceuxci constituent dans la gaine piale un réseau, dont les ramuscules se répandent dans les trabécules conjonctives inter et intra-fasciculaires. Ces vaisseaux vaginaux dans la première portion du nerf, entre le chiasma
et le canal optique, proviennent des vaisseaux intra-crâniens ; dans le canal optique leur origine est simultanément intra-crànienne et orbitaire, tandis que dans l'orbite ce sont les vaisseaux orbitaires qui constituent le réseau vaginal. De plus, après la pénétration des vaisseaux centraux, les rameaux qu'ils émettent s'anastomosent avec le réseau inter-fasciculaire émané de la gaine piale et au point de pénétration dans le globe, le réseau capillaire s'enrichit encore des ramuscules qui lui sont fournis par la sclérotique et même la choroïde. De là résulte que le sang artériel arrive à la papille moins de l'artère centrale de la rétine que des rameaux émanés du cercle sclérotical et de la gaine piale, tous deux constitués par les artères ciliaires courtes postérieures. De môme le sang veineux s'échappe moins par le système de la veine centrale que par l'intermédiaire de petites veines, qui perforent la sclérotique au pourtour des points d'implantation du nerf sur le globe. Ces faits rendent compte de l'indépendance souvent constatée entre les lésions du réseau
capillaire de la papille et les altérations des vaisseaux centraux.
Des détails précédents il doit encore ressortir pour le lecteur que les
modifications survenues dans la circulation cérébrale ne sauraient être
appréciées par l'examen de la papille optique comme l'espérait Bou-
chut.