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III. -CHIASMA ET BANDELETTES OPTIQUES

La description microscopique de la rétine y a révélé la présence d'une couche de fibres qui, émanations ultimes des éléments impressionnables, les cônes et les bâtonnets, se condensent pour former la papille optique. Les fibres émanées de l'intervalle situé entre la macula et le bord externe de la papille sont courtes et rectilignes; mais celles qui proviennent de la macula elle-même ou de la portion temporale de la rétine, décrivent une série de courbes concentriques à la tache jaune avant d'arriver à la papille, vers laquelle convergent d'en haut, d'en bas et d'en dedans les autres fibres rétiniennes. Ces conducteurs ne sont pas tous destinés au même centre psycho-optique, certaines fibres directes se rendent au lobe occipital de même nom (droit ou gauche) que l'œil d'où elles partent; les autres, croisées, aboutissent au lobe opposél'Or, les fibres directes émanent des éléments sensibles, qui tapissent le tiers externe ou temporal de la cupule rétinienne; les fibres croisées partent de la portion nasale. Entre ces deux régions de la rétine existe une zone commune, bandelette verticale englobant la région maculaire, zone dont les fibres se répartissent entre les deux faisceaux de fibres directes et croisées.

Dans le nerf optique, le faisceau direct — faisceau des fibres tempo-*

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raies — constitue environ le quart du cordon dont, à la sortie de l'œil, il occupe le quadrant externe. Au niveau du point de pénétration des vaisseaux centraux, ce faisceau direct est inclus sous forme d'un cordon arrondi dans la moitié externe du nerf, et plus loin il s'aplatit et vient progressivement se placer à son centre. D'une façon générale, Ton peut encore dire que les fibres émanées de la région maculaire, qui doivent se répartir entre les deux faisceaux direct et croisé, abordent le côté temporal de la papille, de là convergent vers le point où les vaisseaux centraux gagnent l'axe du nerf optique, puis se rangent en un faisceau cylindrique central entouré par les autres fibres, d'autant plus superficielles qu'elles émanent d'une zone plus périphérique de la rétine. Cette disposition est particulièrement nette au niveau du canal osseux optique. Arrivés dans le chiasma, les deux faisceaux directs et croisés du même nerf optique s'abandonnent. Le faisceau croisé ou nasal> émané d'un œil, s'entre-croise avec le faisceau homologue venu de l'autre œil; puis il s'insinue progressivement au-dessous et en dedans du faisceau direct ou temporal, lequel d'abord placé en dehors de lui suit le bord externe du chiasma; tous deux réunis constituent une bandelette optique.

Du fait de l'entre-croisement ou comme l'on dit encore de la semidécussation des nerfs optiques, chaque bandelette optique se trouve formée de deux faisceaux : le direct (venu de l'œil du même côté) qui en occupe la partie supéro-externe ; le croisé (venu de l'autre œil) situé au-dessous du précédent.

Le chiasma, comme les bandelettes optiques, renferme en plus des fibres précédentes, certaines fibres qui ne semblent pas destinées à conduire les impressions visuelles. A l'angle postérieur du chiasma, et cette position est à noter au point de vue morbide, se trouve un faisceau de fibres volumineuses — commissure de Meynert — qui s'accolent à la bandelette, traversent le pédoncule cérébral et vont se rendre dans le ■corps de Luys, noyau de substance grise situé entre le pédoncule cérébral et la couche optique. En avant de cette commissure de Meynert, s'en trouve une autre dite commissure de Gudden, dont les fibres constituent en majeure partie la racine interne de la bandelette optique et réunissent par une anse en fer à cheval le corps genouillé interne d'un côté à son congénère du côté opposé. Enfin, il reste encore à signaler comme fibres non optiques du chiasma, celles qui viennent du ganglion optique basai de Meynert, petit amas cellulaire situé dans la paroi antérieure du tuber cinereum au-dessus du chiasma. Ces fibres se rendent peut-être dans le nerf optique et la rétine du même côté.

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IV. — RACINES DES BANDELETTES. — CORPS GENOUILLÉS COUCHES OPTIQUES. - TUBERCULES QUADRIJUMEAUX

Les fibres constitutives d'une bandelette optique se répartissent entre les racines superficielles et profondes de ce cordon. Il existe trois racines superficielles qui sont visibles à l'œil nu : Tune dite externe

qui aboutit au corps genouillé externe ; une autre, X interne, qui gagne le corps genouillé interne ; la troisième, intermédiaire aux deux précédentes.

Des fibres de la racine externe, ou racine optique, les unes se perdent dans le corps genouillé externe; le plus grand nombre passent au-dessus de lui et vont, soit contribuer à former la lamelle de substance blanche qui recouvre la couche optique, soit se perdre dans la partie postérieure de ce noyau de substance grise, au niveau du pulvinar, soit enfin gagner le tubercule quadrijumeau antérieur en passant par le bras conjonctival antérieur.

La racine inlerne, ou racine non optique {commissure de Gudderi), au delà du corps genouillé interne, auquel elle fournirait quelques fibres, se continue par le bras conjonctival postérieur jusqu'au tubercule quadrijumeau postérieur et donne aussi quelques fibres au tubercule quadrijumeau antérieur.

La racine intermédiaire se rend au tubercule quadrijumeau antérieur. Là, ses fibres s'arrêtent en partie, tandis que d'autres s'y entre-croisent avec celles du côté opposé et que certaines se prolongent le long de la ligne médiane jusqu'au frein de la valvule de Vieussens.

Les racines profondes de la bandelette optique ne peuvent être reconnues que par dilacération ou sur des coupes microscopiques. Vune remonte avec le pédoncule cérébral, contribue à former la partie postérieure de la capsule interne, et aboutit à l'écorce du lobe occipital. Une seconde se détache à hauteur du corps genouillé externe, gagne le pédoncule cérébral et descend avec lui à travers la protubérance jusqu'à

Schéma destiné à montrer les relations des tubercules quadrijumeaux avec les corps genouillés.

i, commissure blanche antérieure; — 2-2, couches optiques; — 3*3, nerfs optiques; — 4, chiasma ; — 3, ventricule moyen ; — 6, commissure grise; — 9, corps genouillé inlerne; — 10, corps genouillé externe; — 11, pulvinar de la couche optique; — 12, tubercules quadrijumeaux antérieurs; — 13, tubercules quadrijumeaux postérieurs; — 14, commissure blanche postérieure; — 15, aqueduc de Sylvius, dans lequel passe une flèche; — 16, ruban do Reil; — 17, nerfs pathétiques; — 18, valvule de Vieussens ; — 19, pédoncules cérébelleux postérieurs.

ANATOMIE 4D

rentre-croisement où on la perd. Gomme troisième racine profonde, on a signalé de nombreuses fibres de la bandelette qui passent au-dessous du corps genouillé interne et du bras conjonctival postérieur, puis, se joignant au lemnisque, peuvent être poursuivies jusque dans l'olive. Aux environs du corps genouillé interne encore, se détache une quatrième racine destinée au noyau du nerf moteur oculaire commun.

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