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SENSIBILITÉ LUMINEUSE : C1IAM1* VISUEL

A part la zone périphérique, la fosse centrale et le disque papillaire, la rétine possède dans toute son étendue une sensibilité lumineuse à peu près uniforme. Par suite, qu'une source lumineuse vienne se peindre en un point quelconque de la membrane, elle l'impressionnera et pourra être perçue.

C'est grâce à cette heureuse condition que l'œil n'a pas besoin d'être dirigé exactement vers un objet pour que celui-ci soit, sinon vu nettement, du moins perçu comme un corps auquel l'expérience permet d'attribuer certaines qualités.

Pour mettre bien en évidence l'utilité de cette vision indirecte, il suffit de cherchera se conduire en regardant à travers deux tubes creux

placés tout contre les yeux. Ces tubes laissent arriver dans la région maculaire les rayons émanés du point fixé, la vision directe ne s'en trouve nullement altérée ; mais, tout objet situé en dehors de la ligne du regard cessant d'être vu, le sujet en expérience est incapable de les éviter et par là môme de marcher.

A l'état normal un œil immobile peut concentrer sur les divers points de sa rétine des rayons émanés de sources lumineuses qui occupent en avant de lui une certaine portion de l'espace. A cette portion de l'espace on a donné le nom de champ visuel.

Le champ visuel est toute V étendue de t espace d'où nous pouvons recevoir une impression lumineuse, V œil restant immobile et le regard fixe (Chauvel).

Limites du champ visuel. — Pour qu'un point lumineux forme son image sur la rétine il faut que dans le cône lumineux qu'il lance vers l'œil un rayon passe par le centre optique. Soit A la source lumineuse,

Fig. 168.

Limites du champ visuel.

le rayon AC, qui remplit la condition précédente, ne sera pas dévié et A' sera l'image de A. Il en sera de même de tous les points lumineux contenus dans le cône engendré par la droite Be laquelle, fixée au point e centre optique de l'œil, a tourné autour de lui en restant tangente à la circonférence de la pupille.

Si l'œil n'était pas contenu dans l'orbite, s'il ne subissait aucun changement dans son état de réfraction et les dimensions de sa pupille, le champ visuel aurait réellement une forme conique et sa section par un plan perpendiculaire à la ligne de visée se présenterait comme un cercle. Mais telle n'est pas la réalité.

Quand les paupières insuffisamment écartées masquent la partie supérieure ou inférieure de l'orifice pupillaire, le champ visuel naturellement est rétréci en haut ou en bas.

La saillie considérable du nez en dedans, celle moins forte du sourcil en haut et le faible relief du bord orbitaire inférieur réduisent d'une façon marquée et constante les dimensions du champ visuel.

Plus le plan pupillaire est situé en avant de la circonférence scléro-cornéenne, comme cela a lieu pendant l'accommodation, plus est considérable Té tendue du champ visuel.

Par contre les dimensions même de l'orifice pupillaire n'offrent pas l'importance qu'on serait tenté de leur attribuer à priori. En effet si le rétrécissement pupillaire réduit le champ visuel, comme il s'accompagne en général d'une exagération de la réfringence du cristallin son effet se trouve contre-balancé. Quant à la dilatation de la pupille, comme elle coïncide de règle avec le relâchement du cristallin et par suite avec le retrait du plan irien, elle ne présente pas non plus l'augmentation qu'elle semblerait devoir produire.

Il y aurait encore lieu de tenir compte :

1° De l'influence de la cornée qui en raison de sa réfraction propre permet à des rayons situés en dehors du cône précédent d'entrer dans l'œil et d'aller passer au centre optique (fig. 169).

2° De la longueur de l'axe antéro-postérieur

de l'œil : dans un œil très allongé les rayons

lumineux périphériques tombent en plus grand

nombre sur la zone équatoriale insensible de

la rétine que dans un œil, dont le diamètre

antéro-postérieur est très court. Ce fait explique

que chez les hypermétropes le champ visuel Fig. 169.

est en général plus étendu que chez les myopes. Influence de la réfraction ««»% i».i j j i i» iiii de la cornée sur la limite

3° De 1 étendue de la partie sensible de la du champ visuel.

rétine. Comme la zone périphérique externe de

la rétine d'après Donders est insensible, le champ visuel est plus étroit en

dedans qu'en dehors. Du reste la saillie considérable du nez explique

bien et ce rétrécissement interne, et peut-être l'insensibilité rétinienne

est-elle en rapport avec l'inutilité de cette portion de la membrane.

Mesure du champ visuel. — De nombreux procédés fournissent une notion plus ou moins exacte de la forme et de l'étendue du champ visuel. On peut le mesurer : 1° avec les doigts ; 2° sur un tableau noir ou une feuille de papier, ou bien 3° on utilisera divers instruments appelés campimètres ou périmètres.

Pour mesurer le champ visuel d'un sujet avec les doigts, on se place en face de lui à 50 centimètres environ ; puis observé et observateur ferment l'un l'œil droit, l'autre le gauche et fixent tous deux le bout de l'index de l'observateur, tenu à égale distance des deux yeux précisément

NIMIER ET DESPAGNET. 27

Digittzed-by-

Goegle

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sur leur ligne visuelle commune. Alors l'observateur porte successivement l'index de sa main restée libre dans les quatre directions cardinales, haut, bas, droite et gauche, en tenant ce doigt dans le plan de son autre index et par suite à égale distance de son œil et de celui de l'observé. Le doigt sera toujours ramené de la périphérie vers le point de fixation, et de légers mouvements lui seront imprimés pour solliciter Téveil de la sensibilité rétinienne périphérique. En jugeant comparativement avec lui-même le moment où l'index est vu dans ses diverses positions par l'observé, l'observateur se rend un compte très approximatif -de l'état du champ visuel qu'il désire connaître.

Dans les conditions indiquées plus haut, l'index fixé à 25 centimètres, le doigt mobile doit être vu : en dehors jusqu'à la longueur du bras, •dans les autres directions au moins jusqu'à une demi-longueur du bras.

Sur un tableau noir perpendiculaire à la ligne de visée il est possible d'obtenir la projection du champ visuel. Placé à 25 centimètres, l'observé fixe avec l'œil et examine une croix tracée en face de lui ; puis l'observateur, armé d'une baguette, en promène l'extrémité sur le tableau, la rapprochant progressivement de la croix. Il marque dans les directions cardinales et quelques axes intermédiaires le point où l'extrémité de la baguette est vue. En réunissant tous ces points par une «courbe, il obtient la limite de la projection du champ visuel sur le tableau.

Fig. 170.

Coupe schématique du champ visuel.

Une manière de faire analogue permet au patient lui-même de tracer la limite de son champ visuel sur une feuille de papier ; il lui suffit de regarder perpendiculairement une croix tracée sur la feuille tenue à 10 centimètres et de promener le bout d'un crayon comme tout à l'heure l'extrémité de la baguette. L'effort accommodatif, que nécessite cette manière de faire, ne saurait être soutenu assez longtemps par un sujet un peu âgé.

Parmi les instruments appelés campimètres, parce qu'ils sont destinés à mesurer le champ visuel, celui de M. de Wecker consiste en un tableau

vertical, d'un mètre carré environ, devant lequel est fixée une mentonnière, dont le support gradué indique la distance de l'œil au tableau. Au centre de celui-ci est peinte une petite croix blanche, qui fournit le point de fixation et qui doit se trouver à hauteur de l'œil examiné. Sur des tiges métalliques, qui rayonnent de ce point de fixation, sont enchâssées de petites billes d'ivoire, que Ton peut faire glisser sur les tiges à l'aide d'un mécanisme particulier. En les rapprochant successivement

Fig. 171.

Périmètre de Forster modifié par Landolt.

de la croix on détermine sur chacun des rayons le point précis, où la bille blanche commence à être perçue et finalement l'étendue du champ visuel se trouve délimitée par l'ensemble de ces points.

Tous les procédés précédents de mensuration du champ visuel sont inexacts et passibles des mêmes erreurs :

1° A mesure que l'objet mobile s'éloigne du point de fixation, la distance, qui le sépare de la rétine, va rapidement grandissant. Son image rétinienne devient par conséquent plus petite, moins éclairée, et de moins en moins perceptible.

2° Le champ visuel normal est tellement étendu du côté tem-

poral qu'un objet situé dans un plan placé à quelque distance en avant de l'œil pourra être éloigné indéfiniment et sera toujours aperçu.

Bien préférables sont les périmètres. Pour mesurer exactement le champ visuel, le point de fixation et l'index mobile doivent être dans toutes les directions à la même distance du centre optique de l'œil observé. Alors seulement l'image rétinienne conserve pendant toute la durée de l'exploration la même grandeur et la même intensité lumineuse. 11 faut donc que l'index mobile se déplace sur la surface concave d'une demi-sphère, dont le centre est au centre optique de l'œil examiné.

Tous les périmètres dérivent de celui de Fôrster, nous reproduisons ci-contre les ligures des périmètres de Landolt et de Badal, et nous décrirons celui de M. Perrin.

Fig. 172.

Périmètre de Badal.

Le périmètre de M. Perrin se compose :

1° D'un quart de cercle gradué de 0 à 90°, de 5 en 5°, et mobile autour d'un axe de la sphère. La position de cet arc, qui correspond à un des. méridiens de la sphère, est indiquée par une aiguille, mobile avec lui autour du même axe, sur un cadran gradué de 0 à 180°. L'aiguille est à 0° quand le quart de cercle occupe la partie supérieure du méridien vertical ; elle est à 180° quand l'arc occupe la partie inférieure du même méridien. L'aiguille indique 90° à droite et à gauche, pour les parties interne et externe du méridien horizontal. Le cadran indicateur étant divisé en arcs de 5°, une simple lecture permet, à tout moment, de préci-

ser le méridien dans lequel se trouve le quart de cercle, c'est-à-dire le degré de longitude.

2° Le degré de latitude nous est donné par la situation de l'index mobile. Fixé sur une chaîne sans fin, il court sur la face concave du quart de cercle, dans le sens de sa longueur, par l'action de deux manivelles placées derrière le cadran et s'éloigne ou se rapproche à volonté du point de fixation. La graduation inscrite sur le quart de cercle de 0 à 90° indique sa situation exacte.

3° Le point de fixation est un disque blanc de 2 centimètres de diamètre occupant le pôle postérieur de la sphère.

4° L'index mobile est un disque de même grandeur blanc ou coloré suivant le but recherché.

Du côté opposé de la planchette qui porte la colonne de métal sur laquelle sont fixés le quart de cercle mobile et le cadran gradué, se trouve un support destiné à recevoir le menton de l'observé. Ce support peut être élevé ou abaissé pour amener l'œil du sujet à hauteur du point de fixation ; il peut être déplacé à droite ou à gauche selon que l'on opère sur l'un ou l'autre œil. La rayon de la sphère à laquelle appartient le quart de cercle mobile étant de 30 centimètres environ, il ny a pas à redouter un effort exagéré de l'accommodation (Ghauvel). Pour déterminer avec cet instrument la limite du champ visuel Parc mobile est dirigé suivant le méridien vertical et en haut; l'aiguille marque zéro sur le cadran indicateur, le disque se trouve à l'extrémité de l'arc. Le sujet a le menton sur la mentonnière, qui par exemple est déjetée à gauche pour que l'œil droit se trouve en face du point de fixation; de plus, cette mentonnière est plus ou moins élevée de façon que le plan du visage soit bien vertical. L'œil gauche est masqué par un bandeau assez peu épais pour ne pas augmenter la saillie du nez. Placé en face du sujet, dont le regard doit constamment fixer le point de fixation. l'observateur agit sur la manivelle et déplace le disque mobile. Dès que ce dernier est aperçu, il note le degré de latitude indiqué par la graduation de l'arc et connaît ainsi la mesure de l'angle formé par la rencontre de l'axe visuel du sujet et du rayon, qui, émané du disque mobile situé à la partie supérieure du champ visuel, a passé par le centre optique de l'œil.

Cette mesure est reportée sur un cercle analogue à celui de la planche hors texte ci-contre; puis, inclinant successivement Parc de 15 en 15°, de 30 en 30° suivant la précision qu'il désire, l'observateur recommence la même manœuvre, et finalement, en reliant par une courbe la série des points ainsi déterminés, il obtient la représentation graphique de la limite du champ visuel.

Pour que l'examen soit complet, il faut rechercher si en certains points de la rétine l'image du disque mobile cesse de provoquer une

impression, qui soit perçue par le sujet. À cet effet, après avoir noté le degré où ce disque commence à être aperçu, l'observateur continue à le faire glisser vers le point de fixation, et par suite il en déplace d'une façon similaire l'image sur Tare rétinien correspondant. Si dans tout ce trajet l'objet est vu, la sensibilité lumineuse de la membrane est intacte, si à un moment donné il disparaît, on lit sur Tare le degré qui correspond à la place occupée par le disque, on le note, et l'on continue le mouvement. Le disque redevient visible pour le sujet, à nouveau le degré correspondant de l'arc est noté, et l'on a ainsi sur le méridien observé l'ôtendue de la lacune du champ visuel. En reproduisant la même recherche sur des méridiens très rapprochés, on arrive à circonscrire le scotome d'une façon assez précise. C'est en opérant de la sorte que l'on peut mesurer l'étendue du scotome correspondant à la papille optique, de la tache de Mariotte, qui d'une façon générale est placée à 15° en dehors du point de fixatiou et 3° au-dessous du méridien horizontal.

Quant à la limite même du champ visuel, elle se présente comme une ellipse irrégulière, dont le grand axe est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Le plus petit rayon est le naso-frontal, le plus grand l'inférieur externe ou le temporo-jugal. Du reste cette forme même varie assez notablement suivant le relief des saillies osseuses périorbitaires, et, en même temps que la forme, les dimensions du champ visuel présentent des variations individuelles très grandes.

Landolt donne comme minima d'un champ visuel normal les chiffres suivants :

0° en haut 85° 180° en bas 60*

45° en haut et en dehors. . . 70° 133° en bas et en dehors ... 55°

90° en dehors 90° 90° en dedans 55°

135° en dehors et en bas. . . . 8o° 4o° en dedans et en haut. . . 55°

Enfin le champ visuel serait plus petit chez les myopes et plus grand chez les hypermétropes que chez les emmétropes.

Pour

Pour

Pour

l'emmélropic

la myopie

l'hypermétropie

Les limites extrêmes seraient

Diamètre horizontal . . .

142° et 137°

140°i et 00°

174° et 147°

Diamètre vertical

120° et 114°

120° et 92°

146° et 123°

Champ visuel binoculaire. — Grâce à la position spéciale de ses yeux, l'homme peut à volonté se servir des deux ou d'un seul dans l'action de regarder. La vision binoculaire fait paraître les ohjets plus nets et plus distincts sans toutefois doubler leur netteté et leur clarté. Du reste la grande supériorité de la vision binoculaire sur la monoculaire consiste en ce que, à la notion de direction que fournit la seconde, la première ajoute la notion de distance. Cette notion résulterait de la conscience

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des efforts d'accommodation et de convergence, qui seront ultérieurement étudiés, des données de l'expérience. L'impression subie par un seul œil permet déjuger la direction du point visible; la même impression subie simultanément par les deux yeux donne de plus la notion du lieu d1 entre-croisement de ces deux directions.

Pour démontrer combien est différente la vision suivant que fonctionnent les deux yeux ou un seul, il suffit de regarder d'ahord binoculairement le moule en creux d'une médaille, puis on ferme un œil et après quelques secondes le treux paraît en relief, on croit voir la médaille.

Dans ce chapitre il sera seulement question du champ visuel binoculaire Toute l'étendue de l'espace, dont nous pouvons recevoir une impression lumineuse, les deux yeux restant immobiles et le regard fixe, mesure le champ visuel binoculaire. Celui-ci ne résulte pas de la fusion entière des deux champs visuels monoculaires; il se décompose en trois parties : 1° Tune centrale, véritable champ de la vision binoculaire. Tous les points, qui s'y trouvent, se peignent simultanément sur les deux rétines.

Fig. 173.

Champ visuel binoculaire, axes visuels parallèles.

OG Fig. 174. 0D

Champ visuel binoculaire, axes visuels convergents.

Fig. 175.

Vérification de la vision binoculaire (expérience de Javal).

2° et 3° deux périphériques sont spéciales à chaque œil ; ce sont les deux secteurs temporaux du champ visuel binoculaire. Ici, une source lumineuse impressionne seulement l'œil du même côté. L'homme voit à son extrême droite avec la portion nasale de sa seule rétine droite, i!

voit à son extrême gauche avec la portion nasale de sa seule rétine gauche; toute suppléance est impossible. (Il est intéressant de rapprocher cette donnée de la description des fibres nerveuses de l'appareil nerveux optique, voirfig. 164.)

L'étendue du champ visuel binoculaire varie naturellement suivant les dimensions de ses deux composantes monoculaires, mais de plus il est influencé, quant à son étendue et aussi quant aux dimensions respectives de ses trois segments, par le degré de convergence des axes visuels. Si l'angle temporal est de 90° de chaque côté, quand les lignes de visée sont parallèles, le champ visuel binoculaire mesure horizontalement 180°. A mesure que les lignes visuelles convergent, le champ horizontal diminue, et il devient minimum, quand le point de fixation correspond au punctum proximum binoculaire (fig. 174 et 175). (Voir plus loin le chapitre relatif aux Mouvements des yeux.)

Pour s'assurer qu'un sujet possède la vision binoculaire, Javal conseille de placer à égale distance entre le visage de l'examiné et une page imprimée, qu'il doit lire, une tige, telle qu'un crayon, tenue perpendiculairement à la direction des lignes. Dans chacun des champs visuels monoculaires celte tige masque un certain nombre de lettres; mais, comme il n'y a pas concordance des lettres ainsi supprimées dans chaque champ visuel, il en résulte que, si la vision binoculaire existe, chaque œil supplée son congénère. L'observé lit par suite comme si le crayon n'existait pas, ce qui ne saurait avoir lieu au cas où l'un des yeux serait amblyope (fig. 175).

Stilling a encore indiqué, comme procédé de constatation de la vision binoculaire, de mettre devant les yeux de l'observateur deux verres, l'un rouge et l'autre vert pour regarder des lettres rouges et vertes peintes sur fond noir mat. Chaque œil ne voit que les lettres de même couleur que le verre dont il est muni ; le rouge et le vert étant des couleurs complémentaires, l'œil armé d'un verre rouge ne voit pas les lettres vertes et de même son congénère armé d'un verre vert ne voit pas les lettres rouges. Si le sujet lit simultanément toutes les lettres, c'est que la vision est binoculaire et la différence de netteté entre les lettres de couleur différente permet de conclure à une inégalité entre les yeux.

On doit enfin à Javal un instrument vérificateur de la vision binoculaire. Il consiste en un arc de cercle taillé de manière à présenter des reliefs et des creux analogues à ceux d'une enceinte fortifiée. Lorsque les yeux sont placés convenablement, ils perçoivent tous les deux les parties saillantes et les parties profondes des bastions, tandis que chacun des yeux ne voit que la moitié des surfaces obliques. Sur toutes les surfaces sont tracées des lettres, ordinaires pour les surfaces qui sont vues de face, et anamorphosées pour les surfaces obliques; quand la vision est binoculaire et parfaite, toutes les lettres sont vues également bien.

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