‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 215 sur 443 · OU · texte numérisé non relu

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en avant de son œil gauche, et réciproquement, en avant de son œil gauche, il croit placée l'image qui se peint dans son œil droit. S'il prétend n'y voir que d'un œil, il devra n'accuser qu'une image, et naturellement il indiquera celle qui lui paraît placée devant son bon œil, soit l'œil gauche, ce sera l'image A', laquelle en réalité n'est vue que par l'œil droit. Il va sans dire que pendant l'épreuve on surveillera le sujet pour qu'il ne ferme pas son œil, car il découvrirait ainsi le piège qui lui est tendu. Cette remarque s'applique à tous les instruments du même genre.

Dans la boite de Maréchal, il existe un seul miroir assez petit pour que les objets A et B donnent deux images qui ne peuvent être vues que par un seul œil, et ici encore les images sont croisées comme dans la boîte de Fiées.

L'appareil de Chauvel est constitué par une boîte rectangulaire abso-

lument fermée par un couvercle à charnières, longue de 33 centimètres et large de 20 environ. La paroi antérieure est munie de deux bonnettes écartées de la distance ordinaire des yeux, saillantes de plus d'un centimètre pour permettre au nez de se placer entre elles. Une rainure à ressort permet de fixer un verre en avant de chaque oculaire, si on le juge nécessaire. La paroi postérieure est formée par une plaque de verre, sur laquelle sont gravées une série de lignes (chacune divisée en deux moitiés) dont les lettres sont calculées de façon à mesurer l'acuité visuelle pour la distance de 33 centimètres; la première ligne répondant à l'acuité de ^ la dernière à l'acuité de -J- par exemple. Dans l'intérieur de la boîte une plaque de bois mince percée de deux trous latéraux donne la vision directe (fig. 193), chaque œil ne lisant que la moitié correspondante des lignes ; et une plaque percée d'une seule ouverture médiane donne la vision croisée (fig. 192); chaque œil lit la moitié de la ligne placée en avant de son congénère. Ces deux plaques sont fixées perpendiculairement l'une sur l'autre par un de leurs bords, et mobiles autour de ce point d'union, qui fait axe. 11 suffit de relever ou d'abaisser avec le doigt un levier métallique placé sur le côté droit de la boite et invisible pour l'examiné et l'on obtient à volonté la vue directe ou croisée des tableaux. Si le sujet lit couramment les lignes complètes, c'est qu'il voit des deux yeux; si un simulateur, se doutant de quelque chose, n'en lit qu'une moitié, en croisant et décroisant plusieurs fois les images on aura grande chance de le prendre.

Une autre méthode d'examen consiste à placer devant l'œil, réputé sain ou le meilleur, un fort prisme à base supérieure ou inférieure et à placer ensuite l'observé devant une échelle optométrique. Si le second œil a une vision quelconque le sujet voit une double image des caractères, et en lui faisant lire alternativement, tantôt les plus élevés, tantôt les plus bas, on peut se rendre compte de la puissance visuelle de chacun des deux yeux. Malheureusement ce procédé est d'ordinaire connu des simulateurs qui alors s'obstinent à n'accuser qu'une seule image. Aussi pour les convaincre de supercherie peut-on employer un prisme biréfringent (Galézowski) qui donne la diplopie monoculaire. Si donc, placé devant l'œil déclaré bon, l'observé persiste à nier la diplopie, la mauvaise foi est des plus manifestes.

Enfin, les procédés dont il a été question page 424 pour la vérification de l'existence de la vision binoculaire, peuvent aussi être utilisés.

L'expert ne doit pas oublier que son rôle en présence d'un exagérateur est fort difficile, celui-ci déjouant toutes les épreuves grâce à la différence de l'acuité visuelle qu'il possède pour chaque œil. Il faut par suite que l'observateur ait une pratique suffisante pour juger du plus ou moins d'exagération d'après son seul examen objectif. Alors il convient en particulier de tenir compte de l'existence du strabisme, du

degré des réactions de la pupille sous l'influence de la lumière, mais surtout il faut que l'examen objectif ne laisse aucun doute relativement au degré du trouble de transparence, au degré de Pamétropie ou au degré des altérations profondes.

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