EXAMEN DU FOND DE L'ŒIL
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Téquateur de l'œil. Cette distribution toutefois est loin d'être constante. Souvent l'artère fournit dans le nerf optique des rameaux plus ou moins volumineux qui sortent du tissu même delà papille, et parfois près de ses bords. De grosses branches se portent en dedans, d'autres plus minces et presque transversales vont fournir à la région maculaire.
Des veines rétiniennes suivent plus ou moins la distribution des artères, rarement accolées aux troncs artériels correspondants, mais les croisant en avant ou en arrière d'une foçon irrégulièrç. Cependant les veines forment souvent sur le disque papillaire, deux troncs principaux dont la réunion constitue la veine centrale de la rétine. Cette dernière, accolée à F artère centrale, s'enfonce avec elle dans le canal du nerf optique.-
La situation superficielle des vaisseaux rétiniens, leur émergence de la papille, leur trajet plus direct, leur direction d'arrière en avant, leur division dichotomique suffisent pour les distinguer des vaisseaux de la choroïde.
Au besoin leur aspect suffirait seul pour éviter toute
erreur. Les artères sont plus minces que les veines, d'une teinte rose pâle ; leur trajet est plus direct, elles n'offrent pas de battements à l'état normal; enfin leur double contour est bien plus nettement accusé. A leur point d'émergence, elles présentent par place une coloration presque noire, et sont animées de battements isochrones aux contractions cardiaques.
La vascularisation capillaire propre de la papille optique est surtout appréciable à l'image droite.
Les vaisseaux rétiniens, qui suivent les fibres nerveuses et montent le long des parois de l'excavation, décrivent sur son bord un crochet plus ou moins prononcé. Dans l'excavation même* ils sont vus en raccourci et parfois cachés en partie pour l'observateur, ils forment des tronçons isolés, sans continuité apparente avec les vaisseaux, qui courent à la surface de la papille. Par suite de cette disposition, le pourtour, du disque et sa partie centrale formée par la lame criblée sont sur des plans sensiblement différents. Il est impossible que l'observateur les
Fig. 198.
Fond d'oeil normal.
NIMIER ET DESPAGNET.
voie nettement en même temps, la lame criblée se trouvant en arrière du plan focal quand le pourtour du disque est exactement au point (Ghauvel).
4° Rétine. — D'une transparence parfaite, la rétine n'est perceptible à l'examen ophtalmoscopique que si la choroïde est très fortement pigmentée. C'est alors un léger voile grisâtre, que Ton saisit encore parfois chez les jeunes sujets au pourtour de la papille.
5° Choroïde. — Grâce à la transparence de la rétine, l'observateur voit la choroïde. La structure de la membrane et surtout la distribution relative du pigment dans ses diverses couches influent sur l'aspect de l'image, dont la couleur rouge est due à l'éclairage des vaisseaux choroïdiens. Cinq cas peuvent se présenter (Ghauvel) :
1° Si la choroïde est également et moyennement pigmentée dans son stroma et dans sa couche épithéliale, l'image du fond de l'œil est d'un rouge uniforme et l'on ne distingue pas les vaisseaux choroïdiens.
2° Si la couche épithéliale et le stroma choroïdien sont fort peu pigmentés, comme chez les sujets très blonds, le fond de l'œil est d'un rouge clair, sur lequel se dessinent nettement les vasa vorticosa, traînées d'un rouge sombre, à disposition fïexueuse et sans double contour apparent. La dépigmentation pathologique, qui accompagne si souvent les myopies élevées, laisse encore mieux voir ces vaisseaux au voisinage de la papille.
3° La couche épithéliale est-elle pauvre en pigment relativement au stroma choroïdien, les vasa vorticosa sont visibles encore; mais, entre ces vaisseaux, existent des espaces plus sombres, étroits au voisinage de la papille, plus grands et plus allongés vers Péquateur du globe et surtout vers l'ora serrata. Ces espaces intervasculaires, rectangulaires, formant un quadrillage presque régulier, ne doivent pas être confondus avec les amas pigmentaires de la choroïdite disséminée, taches noires, irrégulièrement distribuées, très foncées, de forme souvent arrondie, entourant des plaques blanches d'atrophie choroïdienne.
4° Si la couche épithéliale est fortement pigmentée et le stroma peu coloré, le fond de l'œil est d'une teinte rouge sombre uniforme. Cependant, avec un fort grossissement, ce fond présente un piqueté noir, produit par les cellules pigmentaires ;
5° Dans les races nègres, le pigment choroïdien est assez abondant pour donner à l'image ophtalmoscopique une teinte brune uniforme, sur laquelle la rétine apparaît comme un voile grisâtre, distinct surtout au pourtour de la papille optique.