I. — COMMOTION RÉTINIENNE
Un coup porté directement sur l'œil, la transmission à cet organe de l'ébranlement général, qui résulte d'une chute sur la tète ou même sur un autre point du corps, peuvent être suivis d'un désordre particulier de la rétine. Il y a commotion de cette membrane, commotion que l'on considère comme le premier degré de la contusion.
Anatomiquement, la commotion rétinienne se traduirait par un léger œdème surtout prononcé dans la couche des cônes et des bâtonnets; cet œdèmeindiqueraituntrouble dans la circulation rétinienne, et coïnciderait dans quelques cas avec une certaine dilatation des vaisseaux centraux. A l'examen ophtalmoscopique, ces modifications ne sont pas toujours appréciables ; parfois il décèle dans la région papillaire, ou plus excentriquement, une opacité nuageuse, d'un gris mat ou blanchâtre, située en arrière des vaisseaux rétiniens. Cette opacité, qui atteint son maximum en vingt-quatre à trente-six heures, disparait au bout de deux à trois jours. Certains auteurs admettent que l'œdème rétinien résulte d'une imbibitionde la membrane par la transsudation séreuse, que fournissent de petits épanchements sanguins dans la choroïde ; et, à l'appui de leur opinion, ils invoquent l'indépendance relative du trouble visuel accusé parles malades et de l'opacité rétinienne. Il va sans dire cependant que la diminution d'acuité visuelle ne saurait être produite par une lésion choroïdienne pure, la rétine étant intacte. De plus, certaines observations paraissent établir d'une façon péremptoire que, sans désordres oculaires appréciables, un choc sur l'œil (fil d'acier faisant ressort) peut provoquer une cécité instantanée et complète, qui tardivement s'explique par une atrophie papillaire indice sans doute d'une lésion rétinienne inappréciable à l'examen ophtalmoscopique.
Une autre explication du trouble visuel, apporté d'ordinaire par la commotion rétinienne, a été donnée par certains oculistes qui l'attribuent à un astigmatisme cristallinien irrégulier, dû à des spasmes irréguliers du muscle ciliaire que provoquent des extravasats sanguins dans ce muscle et la région ciliaire.
Que cette lésion existe ou non, les instillations d'atropine avec le repos absolu de l'organe, les antiphlogistiques et les dérivatifs intestinaux constituent toute la thérapeutique de l'accident.