‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 229 sur 443 · I. - POULS VEINEUX. — POULS ARTÉRIEL · texte numérisé non relu

I. - POULS VEINEUX. — POULS ARTÉRIEL

Si, à l'état physiologique, Ton constate dans certains yeux des battements dans les grosses ramifications de la veine centrale, ce fait est exceptionnel. Le pouls veineux de règle indique un état morbide. En particulier, on l'observe chez les cardiaques, on le voit fréquemment chez les paralytiques généraux en rapport avec les désordres de la circulation cérébrale. Enfin, dans toutes les affections oculaires, qui s'accompagnent d'un excès de tension, il existe spontanément ou lorsque Ton comprime légèrement le globe avec le bout du doigt.

Les grosses veines à la surface de la papille semblent se contracter. Au moment de la systole ventriculaire elles pâlissent et se vident du centre vers la périphérie, tandis que pendant la diastole le sang lesremplit à nouveau de la périphérie vers le centre. L'aflïux sanguin dans les artères au moment de leur diastole explique la compression des veines, qui par suite se vident; la diminution de tension oculaire, qui survient lors de la systole artérielle, rend ensuite compte de la distension veineuse.

A l'état normal, le pouls artériel, lui aussi, est exceptionnel; quand il existe, il résulte d'une disposition anatomique spéciale. Ou bien il s'agit d'un battement communiqué par les pulsations des veines voisines, et alors le pouls artériel bat après le pouls veineux ; ou bien le tronc artériel fournit deux rameaux, qui bifurquent à angle droit et là il se produit une véritable pulsation.

Dans les cas pathologiques le pouls artériel est dû à des causes variées. Dans le glaucome l'excès de pression intra-oculaire s'oppose à la péné-

tration continue de l'ondée sanguine dans les branches de l'artère centrale, qui se distendent et par suite battent au moment où la systole ventriculaire élève la tension artérielle. La compression du tronc de l'artère centrale par suite du gonflement du nerf (névrite optique) ou d'une tumeur de l'orbite met également obstacle à l'entrée du sang, et l'effort ventriculaire se traduit aussi par une pulsation artérielle. On a encore signalé le même phénomène dans l'insuffisance aortique pure et alors il se passe dans les vaisseaux de l'œil, te qui à la radiale provoque — au sphygmographe — le crochet du tracé sphygmographique. Enfin dans l'asphyxie locale des extrémités, le pouls artériel résulterait de l'entrave apportée au cours du sang par la réduction de calibre des artères, dont les parois sont contractées spasmodiquement.

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