‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 230 sur 443 · II. — HYPÉRÉMIE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

II. — HYPÉRÉMIE DE LA RÉTINE

Vhypérémie de la rétine est une affection difficile à constater, car elle se traduit par un simple changement de teinte dans la coloration du fond de l'œil, qui elle-même est fort variable d'un individu à l'autre. Pour être en droit de poser ce diagnostic, l'observateur doit reconnaître, sinon un développement anormal du réseau capillaire de la papille, du moins une augmentation du calibre des vaisseaux centraux, ou mieux un changement dans les dimensions respectives des artères et des veines, voire encore une exagération des sinuosités qu'elles décrivent.

La congestion même est tantôt active, tantôt passive. Active, elle résulte du surmenage de la membrane sous l'influence d'un éclairage trop prolongé ou trop intense; elle accompagne aussi l'hypérémie et l'inflammation du traclus uvéal. Enfin elle se produit par action réflexe dans certains cas d'irritation traumatique et inflammatoire de la conjonctive ou de la cornée.

Alors la papille présente une teinte rosée ou rouge, elle est turgescente, ses zones sont indistinctes : mais ses bords sont encore reconnaissables. Les artères et les veines centrales sont dilatées, leurs fines ramifications demeurent appréciables, surtout dans la région maculaire; leurs branches, distendues, plus particulièrement les branches artérielles, ont le même calibre. Quant à la rétine, elle-même, le fond rouge, sur lequel elle repose, masque absolument la teinte rosée que doit lui donner l'hypérémie de son réseau capillaire.

Passive, la congestion rétinienne résulte d'un obstacle apporté à l'écoulement du sang veineux, comme dans le glaucome, ou bien il existe un trouble dans la circulation générale, ce qui est le cas dans la persistance du trou de Botal et dans les affections cardiaques avancées.

Les veines sont alors dilatées, tortueuses, en un mot variqueuses; leurs incurvations suivant la surface de la rétine s'accompagnent d'incurvations antéro-postérieures, qui donnent aux troncs un aspect tacheté de noir aux points où le regard plonge dans la longueur du canal. Normalement plus larges que les artères d'un tiers ou d'un quarl, les veines mesurent plus du double de leur calibre. Cependant, quand l' affection est ancienne, les artères à leur tour se dilatent et parfois sont animées de pulsations et de mouvements de reptation sur place, phénomènes de constatation délicate. Plus aisé à percevoir est le pouls veineux au niveau du coude d'une veine, qui plonge dans l'excavation papillaire.

Les symptômes fonctionnels, surtout appréciables dans les cas d'hypérémie active, consistent dans les phénomènes de l'hyperesthésie de la membrane. Parfois, au contraire, ils traduisent son anesthésie.

Le repos de l'organe, les instillations d'atropine, l'usage des verres fumés ou colorés en bleu seront prescrits quand il y aura congestion rétinienne active; et, dans tous les cas, c'est surtout aux conditions écologiques de l'affection qu'il faut demander les indications du traitement.

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