‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 23 sur 443 · II. — NŒYI MATERNI OU TUMEURS ÉREGTILES · texte numérisé non relu

II. — NŒYI MATERNI OU TUMEURS ÉREGTILES

Les nœvi sont constitués par l'hyperplasie des papilles dermiques accompagnée d'un développement et d'une dilatation exagérés des vaisseaux qui la traversent, de sorte que l'hypertrophie vasculaire devient l'élément principal de cette altération.

C'est sous la forme d'une tache d'un rouge plus ou moins vif et d'une étendue variable qu'ils se présentent. On les observe plus spécialement dans le voisinage de l'angle externe.

Ils sont artériels ou veineux. Les premiers d'un rouge beaucoup plus vif, parfois avec des battements manifestes, ont une tendance à s'accroître beaucoup plus grande que les seconds. Us peuvent envahir toute la paupière en largeur et en épaisseur, parfois môme faire saillie sous la conjonctive et gagner l'orbite. Ce sont alors de véritables angiomes caverneux.

Mais le plus communément lesnœvi sontstationnaires et alors ne font aucune saillie. Ils ont parfois une tendance, très rare il faut le dire, à se flétrir et à disparaître spontanément. Us sont congénitaux.

Dans leur traitement, il faut avoir pour but de favoriser l'oblitération des vaisseaux en provoquant une inflammation adhésivé. Aussi, pour avoir plus de chances de réussite, est-il mieux d'intervenir de très bonne heure.

Fi-. 1(3.

Tince de Desmarres,

La compression seule est d'ordinaire insuffisante. On a préconisé les injections de perchlorure de fer. Elles sont dangereuses dans cette région et ne sont pas toujours fidèles. On ne peut y avoir recours que si la tache a peu d'étendue. Dans ce cas, il ne faut pas oublier de fixer le nœvus dans une pince de Desmarres (fig. 16) ou de Snellen (fig. 15) pour empêcher la diffusion du liquide injecté.

On pratique souvent aujourd'hui la vaccination sur la peau de la tumeur. C'est là un procédé inoffensif, mais bien aléatoire dans ses résul lats. Le développement des pustules, quand il survient, provoque une inflammation qui produit l'oblitération vasculaire.

On peut essayer d'étrangler la tumeur par différents procédés de

suture. Si elle est peu étendue, on la traverse par deux aiguilles placées perpendiculairement Tune à l'autre, et les laissant en place, on les entoure par une ligature que Ton serre fortement.

Ou bien on passe à travers la base du nœvus un fil double dont on coupe l'anse ensuite, puis on lie séparément chaque moitié de la tumeur.

Liston, Luke préconisent de placer plusieurs ligatures successives et côte à côte, comprenant chacune une partie du nœvus avec ou sans la peau.

Dans ces dernières années, on a vanté les bons effets de l'électrolyse.

Mais nous pensons que le traitement de choix consiste dans l'ignipuncture appliquée avec le fin fil de platine du galvano-cautère.

Les cautérisations chimiques ne peuvent réussir que si le nœvus est très limité.

Dans les cas où les tumeurs érectiles prennent un accroissement considérable, on a tenté la ligature de la carotide du côté malade. Il est inutile de faire ressortir la gravité d'une pareille tentative qui, paraît-il, dans les cas heureux n'a pu même mettre à l'abri des récidives.

Enfin on peut essayer l'ablation totale du nœvus; mais, dans ce cas, il faut bien étudier si la perte de substance produite sera facile à combler, et si la déformation et les déviations qui peuvent en résulter ne seront pas plus préjudiciables que le nœvus lui-même.

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