III. — ANÉMIE DE LA RÉTINE
La tension intra-oculaire oppose une certaine résistance à l'entrée du sang dans les vaisseaux de la rétine, aussi l'afflux artériel se trouve- t-il empêché toutes les fois que l'effort cardiaque lui devient inférieur, c'est ce qui arrive pendant la syncope ou l'agonie. Chez le cholérique, à la faiblesse cardiaque s'ajoute une certaine viscosité du sang pendant la période asphyxique: alors la circulation rétinienne se ralentit d'abord, le pouls artériel devient parfois perceptible, puis, tardivement la stagnation sanguine est complète. Par un autre mécanisme dans l'attaque épileptique les mêmes faits se produisent, le spasme des vaisseaux rétiniens y ralentit la circulation, qui s'y continue par saccades, puis s'arrête. Enfin, dans le cas de thrombose et d'embolie des vaisseaux centraux, un segment de la rétine est ischémie ; et, l'ischémie gagne progressivement de la périphérie vers la macula, à mesure que se produit la sclérose des vaisseaux dans la rétinite pigmentaire.
Vischémie rétinienne s'accuse à Tophtalmoscope par la pâleur <l papille et la réduction de calibre des vaisseaux centraux, en particulier des artères. Dans l'ischémie cholérique seule, en raison de la stagnation sanguine, la papille, au lieu de pâlir, se cyanose.
En rapport avec l'insuffisance des échanges nutritifs le désordre fonctionnel, causé par l'ischémie de la rétine, consiste soit en une diminution progressive de la vision, quand l'afflux sanguin diminue peu à peu, soit en une cécité subite, quand il est brusquement supprimé.
Les conditions mêmes, dans lesquelles se produit l'ischémie rétinienne, excluent presque tout traitement particulier de ce désordre vasculaire ; aussi, pour mémoire seulement, méritent d'être signalés : les injections sous-cutanées de strychnine ou de pilocarpine, l'usage des courants continus, la paracentèse de la cornée... interventions auxquelles on a parfois eu recours.