II. — RETINITE DIABÉTIQUE
S'il est difficile d'établir la proportion des individus qui, atteints de néphrite, présentent des lésions rétiniennes, le problème est encore plus insoluble lorsqu'il s'agit de diabétiques, car nombre d'entre eux sont à la fois diabétiques et albuminuriques. Ce serait cependant aller trop loin que de nier l'existence de la rétinite diabétique, rétinite hémorragique en rapport avec l'état du sang et celui des parois vasculaires. Le diabète est susceptible de provoquer les hémorragies rétiniennes tout aussi bien qu'une apoplexie du corps vitré ou encore des hématuries ou une hémorragie cérébrale. D'ordinaire, la lésion rétinienne survient dans les périodes ultimes de la maladie ; mais, dans certains cas, elle se présente comme un symptôme prodromique, qui permet de déceler le diabète.
L'aspect ophtalmoscopique de la rétinite diabétique est loin d'être typique. Parfois tout se borne à des hémorragies rétiniennes siégeant
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aussi bien près de l'équateur que dans le voisinage de la papille et de la macula. Ces hémorragies, tantôt artérielles, tantôt veineuses, ont lieu soit par rupture vasculaire, soit par diapédèse. Le sang s'infiltre dans les couches internes de la réline, entoure comme d'une gaine les vaisseaux et vient souvent former des caillots dans le corps vitré ; dans ce dernier cas, il tire parfois son origine d'une hémorragie de la gaine du nerf optique. Aux taches hémorragiques s'ajoutent souvent de petites taches blanches, arrondies ou à bords déchiquetés, disséminées en nombre variable sur la rétine, mais ne formant pas de larges plaques et ne se disposant pas en étoile autour de la macula. Ces taches résulteraient d'exsudats, de dégénérescence graisseuse ou de la résorption des hémorragies et de l'atrophie des éléments rétiniens. Ces diverses altérations s'observent souvent dans les deux yeux, mais bien plus rarement que dans le cas de rétinite albuminurique.
Les symptômes fonctionnels sont en rapport avec le siège des lésions rétiniennes. Peu marqués quand la région maculaire est intacte, dans le cas contraire ils se traduisent par une diminution de l'acuité visuelle, un scotome central plus ou moins accusé, voire même de la cécité, surtout s'il y a eu hémorragie abondante dans le vitré ou dans la gaine du nerf optique. Enfin les lésions rétiniennes dans quelques cas ne rendent pas compte du trouble visuel, qui résulterait surtout d'une altération du centre optique occipital.
Etant donné que l'aspect ophtalmoscopique des lésions rétiniennes n'offre rien de typique, le diagnostic étiologique des lésions observées «loit s'appuyer sur l'analyse des urines du malade et les autres symptômes habituels du diabète. Certaines affections oculaires concomitantes faciliteront aussi le diagnostic; le diabète en effet provoque encore du côté de l'œil : l'iritis, la cataracte, l'atrophie de la papille, les paralysies musculaire»*.
Quant au traitement il ne saurait comporter, en plus de la médication spéciale réclamée par le diabète, autre chose que le repos des yeux. En effet toute application de sangsues, ou de vésicatoires, comme aussi les dérivatifs intestinaux, sont contre-indiqués, en raison de la débilité du sujet ou des dangers de gangrène auxquels ils exposent.