II. — PROLONGEMENTS DE LA LAME CRIBLEE
Les anomalies de la papille, résultant d'une disposition spéciale de la lame criblée, ont été étudiées par Masselon, qui en admet trois variétés.
La plus fréquente consiste dans un prolongement plus ou moins accusé du tissu connectif qui, au lieu de s'arrêter au niveau de la lame criblée, se continue le long des vaisseaux à travers la papille qu'il déborde parfois. Lorsque la lésion est bien nette, on voit émerger de
Fig. 210.
Fibres opaques du nerf optique et de la rétine.
l'excavation physiologique des productions qui, tranchant en clair sur les parties voisines, cheminent le long des vaisseaux, sous forme de bandelettes à contours irréguliers, formées de stries parallèles ou entrecroisées, qui s'étendent çà et là dans le tissu papillaire ou sautent audessus des vaisseaux et particulièrement au-dessus des veines.
Parfois les productions fibreuses de la papille, au lieu de naître en son centre, apparaissent en un point variable ; elles proviennent alors du tissu fibreux sclérotical et forment une plaque blanchâtre, indépendante des vaisseaux, laquelle le plus souvent ne peut être poursuivie au delà du bord de l'excavation physiologique -
Enfin les fibres, qui normalement émanent de l& choroïde pour venir concourir, dans une mesure restreinte, à la formation de la lame criblée, sont susceptibles de se développer au point de constituer, au côté
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temporal de la papille surtout, des traînées blanchâtres. Celles-ci naissent manifestement de la limite choroïdienne, où elles commencent d'une façon brusque, recouvrent l'anneau sclérotical et se perdent dans le tissu de la papille.
On ne confondra pas ces productions anormales, dues à des prolongements de la lame criblée, avec les plaques de fibres opaques, parce que ces derniers éléments ont toujours une direction radiée et s'échappent toujours de la papille. De plus toujours sur une certaine étendue, la fibre a perdu sa gaine de myéline, si bien que les plaques de fibres à double contour ne touchent le plus souvent la papille que par leur bord et prennent surtout leur développement dans la rétine voisine.
Ces variétés anatomiques ne s'accompagnent, en général, d'aucun trouble fonctionnel particulier; leur connaissance est utile, car dans un cas donné, elle permettra de ne pas les invoquer comme cause du désordre visuel accusé par le malade.