II. - PROCEDES OBJECTIFS
Parmi les procédés objectifs de mensuration de l'astigmatisme, certains permettent de constater l'état des courbures de la surface cornéenne : tels sont les examens avec le disque kératoscopique et l'ophtalmomètre de Javal et Schiôtz; les autres donnent l'astigmatisme total, c'est l'examen par la kératoscopie et l'examen avec l'ophtalmoscope à réfraction.
1° DISQUE KÉRATOSCOPIQUE
Voici les indications que fournit le professeur Chauvel à ceux qui veulent se fabriquer ce petit appareil. Sur une feuille de papier blanc ou
de carton mince, marquez un cercle de sept centimètres de rayon, et découpez le papier suivant son contour. A un centimètre en dedans du bord extérieur du patron, vous tracez, à l'encre de Chine, un premier cercle noir auquel vous donnez quatre millimètres d'épaisseur.
A un centimètre en dedans du bord interne de ce premier cercle, vous en tracez un second et vous lui donnez la même épaisseur, soit quatre millimètres.
Puis, à un centimètre endedansdu bord interne de ce second cercle , vous en faites un troisième, également large de 4 millimètres. Enfin, au centre du papier, vous découpez un trou d'un centimètre environ de diamètre. 11 ne vous reste plus qu'à tracer un des méridiens du cercle AB, de 3 millimètres d'épaisseur, et le rayon OC, qui lui est perpendiculaire. La feuille de papier ou de carton est alors collée sur une plaque solide de bois ou de métal, trouée à son centre, et qui se termine par un prolongement P, dans le sens du rayon OC prolongé, qui représente ainsi la verticale. Ce manche est indispensable pour le maintien de l'appareil.
La seule précaution à prendre est de donner aux cercles une forme irréprochable, à leurs bords une netteté parfaite, et d'éviter tout gondolement de la feuille en la collant sur son support. On comprend que, pour pouvoir conclure de la forme des images, il est indispensable que
Fig. 331.
Disque kératoscopique.
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l'objet soit lui-même d'une construction exacte. Afin d'amplifier les images fournies par la cornée, amplification nécessaire avec un disque d'aussi faible dimension, il faut fixer, derrière la plaquette de bois, une griffe métallique, un cadre qui puisse recevoir un verre grossissant en rapport avec l'état de la vision de l'observateur.
Lorsqu'il veut examiner un sujet, l'observateur le fait asseoir dans l'embrasure d'une fenêtre, le dos au jour et la tête un peu renversée en arrière. Lui-même se place en face, tenant le disque kératoscopique par son manche, de la main gauche s'il regarde avec l'œil gauche, de la droite s'il se sert de l'œil droit. Ce disque doit être placé bien perpendiculairement à Taxe visuel de l'observé, c'est-à-dire il ne doit pas être incliné sur lui, ni de côté, ni en haut, ni en bas. A cet effet, couvrant avec sa main restée libre l'œil du sujet qu'il ne veut pas examiner, l'observateur invite ce dernier à fixer le trou central du disque en ouvrant largement l'œil et en restant ensuite immobile. Dans ces conditions, l'image des cercles se fait concentriquement au point où l'axe visuel traverse la cornée, et, par de légers mouvements d'avancement et de recul, l'observateur détermine la position où elle est le plus à son point, puis il l'étudié.
Si les cercles tracés sur le kératoscope se réfléchissent suivant une forme circulaire, c'est qu'il n'y a pas d'astigmatisme de la cornée.
Si les cercles se réfléchissent suivant une forme sensiblement ellip tique, c'est que la cornée présente un astigmatisme régulier.
Plus l'ellipse réfléchie semble allongée, plus l'astigmatisme est prononcé. Le grand axe de l'ellipse indique le méridien le plus long, par suite celui dont la courbure est la moins prononcée et la réfraction la moins forte. Le petit axe, par contre, coïncide avec le méridien le plus court, le plus convexe, le plus réfringent. Il y a donc lieu de juger : 1° quelle position occupe l'un ou l'autre de ces deux méridiens principaux par rapport au diamètre vertical ou horizontal de la cornée; 2° quelles dimensions respectives ils possèdent.
Avec de la pratique on arrive à se rendre compte qu'il existe une déformation de l'image en rapport avec un astigmatisme cornéen de 1 dioptrie à 1,50. Du reste, on peut mesurer approximativement ce dernier en plaçant devant l'œil successivement les diverses lentilles cylindriques, et en cherchant celle qui donne à l'image la forme circulaire. A cet effet, on placera les lentilles cylindriques concaves, leur axe parallèle au grand axe de l'ellipse, afin de corriger le méridien le plus convexe de la cornée, ou bien 1 on disposera les lentilles cylindriques convexes leur axe perpendiculaire au grand axe de l'ellipse, afin de corriger le méridien le moins convexe de la cornée. Autrement dire, dans un cas on diminue la réfraction du méridien le plus réfringent, dans l'autre l'on exagère la réfraction du plus faible.
NIMIER ET DESPAGNET. 41