CHAPITRE GII ASTIGMATISME IRRÉGULIER
Si l'on voulait pousser à l'extrême la définition de l'astigmatisme régulier, on rencontrerait bien exceptionnellement des yeux astigmates qui y satisfassent. En réalité, il n'existe pas de limite nette entre l'astigmatisme régulier et l'astigmatisme irrégulier ; pratiquement, pourvu que l'on puisse corriger l'irrégularité d'un astigmatisme peu prononcé sur une petite surface de l'appareil dioptrique dont le centre correspond à l'axe visuel, l'amétropie doit être considérée comme régulière.
Théoriquement, il y a astigmatisme irrégulier quand il existe : 1° une variation irrégulière de la réfraction dans un même méridien ; 2° un degré différent d'astigmatisme sur des parallèles plus ou moins voisins du sommet ; 3° une direction différente de l'amétropie dans différents parallèles; 4° des vices de forme plus compliqués encore. Pratiquement il y a astigmatisme irrégulier lorsque la déformation non corrigeable de l'appareil dioptrique modifie les images rétiniennes au point d'altérer la vision. La déformation des images rétiniennes n'offre rien de précis ; tantôt l'objet se peint comme une tache informe et mal délimitée ; tantôt il est plus ou moins reconnaissable ; tantôt enfin, quoique unique, il fournit plusieurs images (polyopie monoculaire). •
Toutes les surfaces et tous les milieux de l'appareil dioptrique de l'œil peuvent causer l'astigmatisme irrégulier par l'irrégularité de leur courbure, l'inégalité de leur indice de réfraction, le manque de transparence de certaines parties ou l'imperfection de leur centrage, de leur agencement réciproque (Landolt).
Nous étudierons deux variétés d'astigmatisme irrégulier suivant qu'il est produit par la cornée ou par le cristallin.