Oblique inférieur ou petit . . .] Elévateur
Rotateur en dehors.
Dans l'adduction, la pupille est dirigée vers le nez, dans l'abduction en sens inverse, enfin il y a rotation lorsque le diamètre vertical de cet orifice incline son extrémité supérieure en dedans ou en dehors. Mais ces actions musculaires se trouvent modifiées lorsque le globe de l'œil est préalablement porté dans l'adduction ou l'abduction, et le tableau suivant rend compte de ces diverses modifications (Tillaux):
/ moins abaisseur.
Dans l'adduction, le droit inférieur devient < plus adducteur.
(pi
us rotateur en dehors.
( plus abaisseur.
Dans l'adduction, le grand oblique devient ] moins abducteur.
( moins rotateur en dedans.
f plus abaisseur.
Dans l'abduction, le droit inférieur devient \ moins adducteur.
( moins rotateur en dehors.
/ moins abaisseur.
Dans l'abduction, le grand oblique devient \ plus abducteur.
( plus rotateur en dedans.
En réalité le globe de l'œil n'obéit pas à l'action isolée de chacun de ses muscles, il exécute trois ordres de mouvements (Tillaux) :
1° Un mouvement ^adduction ou de convergence, la pupille regardant directement en dedans et un mouvement opposé <X abduction ou de divergence, la pupille regardant directement en dehors.
Ces deux mouvements d'adduction et d'abduction s'exécutent dans le plan du méridien horizontal du globe, c'est-à-dire autour de l'axe vertical.
2° Un mouvement ^élévation et Rabaissement (la pupille regardant directement en haut et en bas).
Ces mouvements s'exécutent dans le plan du méridien vertical antéropostérieur, c'est-à-dire autour de l'axe horizontal.
3° Les mouvements obliques portent la pupille en haut et en dehors, en bas et en dehors, en haut et en dedans, en bas et en dedans ; ils s'exécutent dans les plans précédents et de plus dans le plan du méridien équatorial autour de Taxe antéro-ppstérieur.
Adduction D.I
Abduction.
Fig. 376.
Figure destinée à faire comprendre l'action des divers muscles de l'œil sur les déplacements de la pupille» Au repos, la pupille occupe le centre de la figure. (Tillaux.)
La figure 376 empruntée à Tillaux fait ressortir quels muscles entrent en action pour produire ces divers mouvements. Elle montre qu'un seul muscle concourt au mouvement d'adduction ou d'abduction, deux au mouvement d'élévation ou d'abaissement, trois aux mouvements obliques. En réalité toutefois tous les muscles entrent enjeu lorsque l'œil se déplace, l'action prédominante directrice de certains est régularisée par la contraction synergique plus faible des autres. Ce fait trouvera son application quand il s'agira en cas de diplopie de rapprocher les phénomènes observés de l'action spéciale au muscle paralysé.
ÀNATOMIE ET PHYSIOLOGIE 775
Champ du regard monoculaire. — Comme champ du regard il faut comprendre l'ensemble des points de l'espace qui peuvent former leur image sur la macula dans les diverses positions qu'elle occupe, lorsque, le corps et la tête restant fixes, l'œil se déplace autour de son centre de rotation. Deux conditions concourent à limiter l'étendue du champ du regard ; d'une part, la rotation de l'œil est elle-même limitée, de l'autre les saillies, qui avoisinent le globe oculaire : paupières, bords de l'orbite, nez, mettent obstacle pour certaines directions à l'entrée des rayons lumineux dans l'orifice pupillaire.
La mesure du champ du regard monoculaire est obtenue subjectivement au moyen du périmètre. Au sujet, placé comme s'il s'agissait de prendre son champ visuel, on présentera sur le curseur un disque blanc avec des caractères typographiques de grandeur convenable pour l'acuité visuelle de l'examiné. Ce disque déplacé de la périphérie vers le centre indiquera la limite du champ du regard dans les divers méridiens dès que ses caractères seront lus nettement. En réunissant par une courbe les limites ainsi déterminées, on représentera graphiquement la portion de l'espace cherchée.
Objectivement pour contrôler les résultats de l'épreuve précédente ou pour mesurer le champ du regard, quand l'acuité visuelle du sujet est très diminuée, on peut opérer de la façon suivante. L'examiné est toujours placé comme il a été dit ; avec son index il suit le curseur que l'on porte vers l'extrémité de l'axe du périmètre tant qu'il peut vers lui diriger son regard. A ce moment on précise la position du centre de la cornée en déplaçant une bougie le long de l'arc du périmètre de façon à faire coïncider l'image de sa flamme avec le centre de la pupille. En regard de la position occupée par la source lumineuse le degré de l'arc indique la limite cherchée. La même observation est répétée sur les divers méridiens et l'ensemble des points ainsi trouvés circonscrit le champ visuel du regard. Pour que le résultat soit comparable à celui donné par la méthode de mensuration subjective, il est indiqué de tenir compte de l'angle a.
L'étendue normale du champ du regard monoculaire mesure en moyenne, d'après Landolt.
En dehors 45° En dehors et en bas ... 47°
En bas 50° Eu bas et en dedans. . . 38°
En dedans ....... 45° En dedans et en haut . . 45°
En haut 43° En haut et en dehors . . 47°
Ces chiffres varient légèrement suivant les individus, mais toujours l'angle directement inférieur est le plus grand, l'angle inférieur et interne le plus petit. Les limites, plus étendues chez les hypermétropes de degrés faible et moyen grâce à la mobilité plus grande de leur
globe raccourci, se resserrent quand avec l'hypermétropie élevée les muscles participent au développement incompletde l'organe. De même il est rétréci dans la myopie moyenne et forte en raison de la gène qu'apporte aux déplacements de l'œil la longueur de son axe antéro-postérieur. Au point de vue pathologique, l'étude du champ du regard de l'œil atteint, comparé à celui de son congénère, offre un certain intérêt dans les paralysies musculaires légères, incomplètes, difficiles à diagnostiquer. Elle précise le siège et le degré de la parésie; alors la diminution du champ est marquée dans le sens d'action du muscle parésié ; en dehors si le droit externe est atteint ; dans toute l'étendue, sauf le côté temporal, s'il s'agit d'une affection du moteur oculaire commun.
Des mouvements associés des yeux. — Les deux yeux ne se meuvent pas indépendamment l'un de l'autre ; de règle, il existe entre leurs mouvements une association véritable, et ces mouvements associés sont produits par la contraction de muscles tantôt homonymes tantôt de nom contraire. La précision si remarquable, qu'ils présentent, s'explique bien par les rapports qui existent entre les noyaux d'origine des diverses branches nerveuses. Quelques sujets exceptionnels peuvent mouvoir volontairement leurs yeux dans des directions différentes simultanément, ou encore un œil restant immobile déplacer son congénère. C'est là, du reste, une anomalie créée par l'exercice.
Les mouvements associés des yeux sont de plusieurs espèces ; ils son parallèles ou non parallèles. Dans les mouvements parallèles, les yeux se déplacent dans le même sens, par rapport à l'axe du corps. Ils sont très nombreux, les pupilles peuvent prendre un grand nombre de positions, correspondant aux différents méridiens ; mais il y en a quatre principaux, dits mouvements cardinaux, correspondant à l'action principale des quatre muscles droits et qui, envisagés dans les deux yeux, donnent les mouvements horizontaux : à gauche et à droite, verticaux : en haut et en bas.
Les mouvements non parallèles ont pour but de modifier les rapports ' des axes entre eux, de manière à produire leur rencontre sur des objets fixés à des distances différentes. Il y en a deux, celui de la convergence et celui de la divergence, ou plus exactement du retour à. l'état parallèle Le second pourrait être considéré comme l'effet du seul relâchement des muscles, qui produisent le premier ; mais les faits pathologiques tendent à le faire considérer comme un mouvement actif ayant une innervation spéciale (Parinaud).
Champ du regard binoculaire. — Chez les personnes qui jouissent de la vision binoculaire, lorsqu'un objet se déplace devant elles dans une direction latérale, oblique ou verticale, les deux yeux associent leurs
mouvements de façon que les deux fosses centrales reçoivent toujours simultanément l'image du point de fixation. D'après Landolt l'ensemble des points de l'espace que peut occuper ainsi l'objet fixé, c'est-à-dire le champ du regard binoculaire, peut être considéré comme formé par la réunion des parties communes aux deux champs du regard monoculaire, lorsqu'on les superpose de façon à faire coïncider leurs centres et leurs méridiens. On obtient alors une surface dont la moitié supérieure, assez régulièrement demi-circulaire, mesure en dehors, en haut et en dedans 50°. La moitié inférieure, qui sur le méridien vertical mesure encore 50°, présente deux entailles symétriques, traces de l'obstacle apporté par le nez à la fixation binoculaire.
Amplitude de la convergence. — Quand l'objet fixé se déplace dans le plan vertical médian intermédiaire aux deux yeux, chacun d'eux pour maintenir la fixation exécute un mouvement d'adduction, ils convergent. Pour plus de simplicité il ne sera question que des mouvements de convergence que nécessite le croisement des deux axes oculaires sur la ligne médiane, croisement, qui présente deux points extrêmes, un remotum et un proximum.
Lorsque les deux axes oculaires sont parallèles, on peut les considérer comme se croisant à l'infini, le remotum de convergence est alors à l'infini. Dans certains cas ces axes n'atteignent pas cette position ils convergent toujours plus ou moins et leur point de croisement placé à une distance fixe de l'œil, leur remotum, est positif — tout comme le remotum de la myopie.
Enfin comme dans l'hypermétropie le remotum de convergence est parfois négatif; les deux axes oculaires divergent en avant des yeux, se croisent en arrière d'eux. Il va sans dire que sauf dans des cas exceptionnels le proximum de convergence, lui, est positif.
Pour mesurer l'amplitude de la convergence c'est-à-dire la puissance de la force qui ramène l'entre-croisement des axes oculaires du remotum au proximum il a fallu choisir une unité (voir p. 634).
Lorsque les deux yeux ont leurs axes parallèles, la convergence est nulle ; quand ces axes se croisent à 1 mètre par exemple sur la ligne médiane, ils forment avec leur direction première un angle dit angle de convergence, angle qui est double de celui formé lorsque le point de fixation est à 2 mètres.
L'angle de convergence en effet est inversement proportionnel à la distance qui sépare l'objet de chacun des yeux. Or, si avec Nagel on donne le nom d'angle métrique de convergence (am) à l'angle mesuré lorsque le point de fixation est à un mètre et si on le prend pour unité, il en résulte que la convergence pour un objet placé à 3 mètres sera d'un demi am, pour un objet placé à 3 mètres 1/3 am; et inversement, si
l'objet est à 50 centimètres, elle mesure 2 am. L'importance de cette unité de mesure parait plus évidente encore, lorsqu'on la rapproche de l'unité de réfringence, la dioptrie, et que Ton signale les rapports de l'accommodation et de la convergence (voir p. 635.)
Pour déterminer le punctum remotum de convergence, si par extraordinaire il est positif, il suffit de déplacer sur la ligne médiane une flamme de bougie; la distance maxima, à laquelle elle est vue simple, donne la longueur du remotum. Si cette distance égale 4 ou 5 mètres, on peut admettre que pratiquement les deux axes oculaires sont parallèles ou divergents, que le remotum de convergence est à l'infini ou au delà de l'infini. Pour s'en assurer on place devant l'un des yeux un prisme faible, dont on dirige le sommet vers la tempe et on le remplace par des prismes de plus en plus puissants tant que l'objet visé est vu simple. Lorsqu'il paraît double, c'est que les muscles de la divergence sont impuissants pour amener la macula en dedans sur le trajet des rayons lumineux déviés vers la base du prisme. Par suile, la déviation produite par le prisme précédent était égale à la divergence subie par l'œil. Elle se trouve indiquée par la valeur de la moitié de l'angle du sommet du prisme le plus fort, qui permet la vision simple d'un objet situé à l'infini.
D'après Landolt, bien que l'état de réfraction ne paraisse pas beaucoup influencer la position du remotum, cependant le maximum de divergence facultative irait en augmentant de l'hypermétropie à la myopie, en passant par l'anisométropic et l'emmétropie.
Quant à la situation du proximum elle est déterminée par la position la plus rapprochée sur la ligne médiane que peut occuper l'objet fixé sans qu'il apparaisse de diplopie croisée. L'angle maximum serait suivant les recherches de Landolt très variable, pouvant osciller de 0 à 21 am et atteignant en moyenne 12 am pour les emmétropes ; plus grand chez les hypermétropes, il serait par contre plus faible chez les myopes.