CHAPITRE CXXII SPASME SECONDAIRE DES MUSCLES DE L'OEIL
La paralysie des muscles d'un œil peut provoquer des phénomènes spasmodîques dans la musculature de son congénère. Le lien pathogénique, qui unit ces deux états contraires, réside dans l'association fonctionnelle de certains muscles pour la vision binoculaire.
L'excès d'innervation dépensé par les centres nerveux pour lutter contre l'insuffisance des muscles paralysés, telle paraît être l'origine du spasme. En vertu de l'unité d'impulsion nerveuse pour les différents muscles, qui président à un même mouvement, cet excès d'innervation retentit non seulement sur les muscles paralysés, mais aussi sur leurs muscles associés de l'autre œil. Cette relation, qui ne se traduit dans les cas ordinaires que par l'exagération de la déviation secondaire, peut, dans certaines conditions, chez des sujets prédisposés soit par leur jeune âge, soit par leur excitabilité nerveuse, provoquer de véritables spasmes toniques. Le spasme d'ailleurs, ne reste pas toujours exactement limité aux muscles associés. Lorsque, par exemple, il porte primitivement sur le droit interne, comme dans le cas de paralysie de la sixième paire de l'œil opposé, il peut retentir sur les autres muscles innervés par le moteur oculaire commun et même sur l'accommodation, mais il reste toujours prédominant dans le muscle associé. Enfin, les muscles orbiculaires et sourciliers sont habituellement, dans -les mêmes conditions, le siège de quelques contractions spasmodîques, dont la pathogénie est moins simple. Elles se produisent vraisemblablement sous une influence réflexe, de même que les douleurs périorbitaires, qui paraissent être une complication fréquente de cet état (Parinaud).
Au point de vue clinique, ce spasme secondaire a le grand inconvénient de modifier la diplopie caractéristique de la paralysie musculaire. Théoriquement il devrait simplement exagérer l'écartement des images; mais, quand il atteint d'autres muscles que le muscle associé du paralysé, son influence devient beaucoup plus complexe.
Dans les paralysies de la sixième paire en particulier, en plus de la très légère différence de hauteur des images dans les positions diago-