SPASME SECONDAIRE DES MUSCLES DE L'ŒIL 8M
nales en dehors, il n'est pas rare d'observer des différences de hauteur très variables au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale. Pour Guignet, dans les paralysies récentes, ce fait tiendrait « au jeu plus considérable laissé aux musclesde l'élévation et de rabaissement par la paralysie du droit externe *, tandis que la rétraction consécutive de l'antagoniste pourrait produire un effet inverse. Parinaud, en plus de cette explication, admet pour certains cas, que l'écart vertical des images résulte du spasme de la troisième paire de l'œil non paralysé.
Parinaud fait encore remarquer que, assez souvent, la diplopie homonyme ou croisée, qui existe dans une des parties latérales du champ visuel, disparaît près de la ligne médiane pour se montrer de nouveau, avec les mêmes caractères, à l'extrémité opposée du champ de la vision. Dans ces observations, que l'on donne comme des exemples de paralysie double, il y a plutôt paralysie avec spasme. Comme au point de vue de la diplopie, le spasme d'un muscle donne les mêmes résultats que la paralysie de son antagoniste, on comprend que la paralysie du droit externe gauche, par exemple, avec spasme du droit interne de l'œil opposé simule une paralysie des deux droits externes. De même, la paralysie d'un droit interne, avec spasme du droit externe de l'autre œil, en imposerait pour une paralysie des deux droits internes. EnOn,dans la paralysie d'un droit supérieur, le spasme du muscle de même nom du côté opposé se traduit comme une paralysie des muscles abaisseurs.
Voici, d'après Parinaud, les signes qui feront soupçonner le spasme secondaire des muscles de l'œil.
Il faudra songer au spasme lorsque la fixation s'accompagne de clignements fréquents des paupières et que l'on remarque des contractions flbrillaires des muscles orbiculaires ; lorsque les mouvements de l'un des deux yeux se font avec une brusquerie inaccoutumée ; lorsque le malade accuse des douleurs périorbitaires violentes, de la macropsie et une fatigue extraordinaire provoquée par la fixation.
Dans l'étude de la diplopie, on songera encore au spasme : si on remarque une grande mobilité dans la distance des images pour une position donnée ; si dans la diplopie latérale, due à la paralysie d'un muscle adducteur ou abducteur, on découvre, vers la périphérie de la moitié saine du champ visuel, un écart des images de même nature que celui qui relève de la paralysie ; si, dans la paralysie de la sixième paire, on observe une différence de hauteur des deux images.
Enfin le diagnostic se précisera par l'étude des mouvements oculaires où Ton trouvera les signes pathognomoniques de l'affection.
On recherchera si, en maintenant pendant un certain temps le regard dans une position qui force la contraction du muscle paralysé, on ne développe pas quelques mouvements spasmodiques de la paupière ou du sourcil.
Dans l'étude simultanée des mouvements des deux yeux, le point de mire sera d'abord placé dans une position où la fixation binoculaire soit possible, puis porté dans le sens d'action du muscle paralysé. C'est alors que l'œil opposé sera brusquement entraîné par le spasme du muscle associé, s'il existe. Il importe de ne pas imprimer à l'objet fixé un déplacement trop étendu, surtout si la paralysie est très prononcée, car l'œil paralysé renonce immédiatement à la fixation et le phénomène ne se produit pas.
Si le spasme est moins accusé, on pourra encore le découvrir en cachant l'œil sain avec la main pendant qu'on déplace l'objet fixé. Lorsqu'on le découvre, on le trouve dévié convulsivement et il garde cette position, même quand la fixation avec l'œil paralysé est excentrique, c'est-à-dire ne se fait pas avec l'axe optique, ce qui rend la vision plus ou moins confuse (Parinaud).