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CHAPITRE CXXVI STRABISME NON PARALYTIQUE

À côté des faits de dissociation des axes visuels par paralysie de l'appareil moteur de l'œil et contracture secondaire ou concomitante, il existe de nombreux cas de strabisme moins bieji connus quant à leur pathogénie. Cette dernière, en effet, n'est pas une, et sous la désignation de strabisme non paralytique se trouvent rapprochées des affections en réalité bien distinctes.

Le strabisrrie non paralytique est encore dit concomitant lorsque, dans leurs mouvements, les deux yeux s'accompagnent de façon à décrire des arcs d'excursion égaux. Un œil se déviant par exemple de 5° en dehors, l'autre se déplace de 5° en dedans; les deux lignes visuelles, par suite, conservent leur rapport anormal, le strabisme ne s'est pas modifié avec la position du regard. De plus, la déviation secondaire égale la déviation primitive, lorsqu'on fait fixer l'œil strabique après avoir masqué son congénère (voir p. 792).

Parfois, les deux yeux servent alternativement pour la vision, et chaque œil prend à son tour la même position incorrecte ; le strabisme est atteignant. Si l'un des deux organes est définitivement sacrifié, et c'est presque toujours celui dont l'acuité visuelle est la moins bonne, il y a strabisme unilatéral.

Chez certains sujets, il suffit d'un effort pour que la vision binoculaire s'exécute normalement; de manifeste, le strabisme devient latent. Dans d'autres cas, le strabisme est encore périodique, intermittent, c'est-àdire que, à certains moments, les lignes visuelles sont correctement dirigées, tandis qu'à d'autres, elles sont dissociées. Ce fait s'observe en particulier chez des hypermétropes, qui louchent en dedans dans la vision rapprochée, ou des myopes, qui présentent du strabisme externe dans la fixation de près, tandis que leurs axes visuels se mettent en parallélisme pour le regard au loin.

Le strabisme non paralytique, d'après le sens de la déviation des axes visuels, est convergent ou divergent. Rarement le déplacement en dedans ou en dehors est absolument pur, le premier s'accompagne d'un

déplacement en haut, l'autre d'une déviation en bas; il y a strabisme interne et un peu supérieur, strabisme externe et un peu inférieur.

Déjà à propos de la myopie et de l'hypermétropie, il a été question du strabisme fonctionnel, d'habitude divergent dans la myopie, et d'ordinaire convergent dans l'hypermétropie (p. 654 et 671). Si chez certains myopes ou hypermétropes strabiques Ton est en droit d'invoquer dans la pathogénie du strabisme une innervation anormale des muscles, laquelle résulte de l'influence fâcheuse chez ces malades du rapport établi entre l'accommodation et la convergence, cette explication ne saurait s'appliquer à tous les cas. Elle est valable en particulier lorsque le strabisme disparaît pendant le sommeil naturel ou chloroformique, comme cela arrive chez certains hypermétropes; lorsqu'il fait défaut dans la vision au loin et n'apparaît que lors de la fixation rapprochée (strabisme intermittent des amétropes). Mais le strabisme résulterait encore de la prépondérance naturelle des muscles adducteurs ou abducteurs, qu'elle soit la conséquence d'insertions anormales ou d'un développement rudimentaire de ces muscles, ainsi qu'on l'observe parfois dans le strabisme congénital.

Accidentellement le strabisme survient après une strabotomie manquée ou un avancement mal dosé, et alors on rentre dans une catégorie nouvelle de causes du strabisme : les obstacles qui s'opposent aux mouvements des yeux. A ce point de vue l'élasticité des muscles oculaires, la position des centres de rotation, la longueur des yeux, leur position dans les orbites, la forme de celles-ci et la direction de leurs axes doivent être prises en considération.

Enfin, dans les cas de loucherie persistante, chez les enfants, après des accidents cérébraux, il est rationnel d'en chercher la raison dans quelque désordre encore indéterminé des centres nerveux. D'après Parinaud, tout ce qui entrave la vision binoculaire peut devenir une cause de strabisme d'autant plus efficace que le sujet est plu3 jeune; et, ces causes périphériques (vices de réfraction, lésions de transparence, affections des membranes oculaires) ou centrales (désordres cérébraux qui se traduisent par les convulsions) agissent en modifiant l'innervation de convergence. D'une façon plus générale, on peut dire que le strabisme traduit un vice de développement de l'appareil de vision binoculaire soit dans sa partie motrice, soit dans sa partie sensitive.

La symptomatologie générale du strabisme fonctionnel découle de celle du strabisme paralytique, en ce sens qu'elle se résume dans les quatre propositions inverses : 1° Tare d'excursion du globe oculaire a conservé son étendue normale, mais il est déplacé; 2° la déviation est constante ; 3° la déviation primitive est égale à, la déviation secondaire ; 4° la diplopie fait défaut ou n'est pas perçue.

En raison de la position anormale des deux globes oculaires, les deux

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