‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 368 sur 443 · CHAPITRE GXXXI LÉSIONS TRAUMATIQUES ET FISTULES · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXXXI LÉSIONS TRAUMATIQUES ET FISTULES

Protégée par la voûte et le rebord orbitaire, la glande lacrymale échappe aux contusions directes ; un instrument piquant peut la blesser. Larrey a vu un fragment de projectile se loger dans son épaisseur; enfin une plaie profonde de la paupière supérieure a pu permettre sa hernie. Toutes ces lésions sont rares, et, de plus, leur gravité dépend surtout des autres désordres intraorbitaires et du degré d'infection qui les accompagne.

De règle, les plaies de la glande lacrymale ne laissent pas de fistules persistantes, ces dernières s'observent après les traumatismes, qui intéressent les conduits excréteurs de la glande ou lorsque ces canaux ont été en partie détruits par une ulcération palpébrale (lupus), l'ouverture d'un abcès voisin osseux ou orbitaire. Si l'ouverture fistuleuse se trouve sur la conjonctive, elle échappe à l'examen, sauf les cas où il existe simultanément une dilatation ampullaire du conduit et une petite tumeur sous-cutanée. Il y a alors kyste par rétention ou dacryops, c'est-à-dire une petite tumeur molle, atteignant par exception le volume d'une amande, située dans la partie externe de la paupière supérieure, et se vidant sous la pression du doigt. Ce kyste résulte de la dilatation du conduit après oblitération de son orifice normal et de sa fistule; mais, celle-ci se rouvre, lorsque survient par le fait de la rétention du liquide une poussée inflammatoire dans le kyste.

Le diagnostic de la fistule est plus aisé lorsqu'elle s'ouvre sur la peau, en général au voisinage de la commissure palpébrale externe. L'orifice fistuleux tantôt est entouré d'une petite induration calleuse, tantôt il se cache au fond d'un pli cutané rouge et excorié. Il laisse pénétrer un crin et on en voit suinter par intermittence des gouttelettes d'un liquide,

qui n'est autre que des larmes pures ou mêlées de pus. L'abondance de l'écoulement se trouve accrue par les circonstances habituelles qui exagèrent la sécrétion des larmes.

Le traitement de ces fistules par les cautérisations ne réussit pas, il convient de transformer les fistules cutanées en fistules muqueuses, ce qui, en général, permet de fermer après avivement par la suture l'orifice externe. En cas d'échec on serait autorisé à extirper la glande lacrymale.

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