‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 369 sur 443 · CHAPITRE GXXXII TROUBLES DE SÉCRÉTION DES LARMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXXXII TROUBLES DE SÉCRÉTION DES LARMES

On ne sait rien de précis sur la quantité de larmes sécrétées en un temps donné par une glande normale dans les conditions habituelles de la vie (certains auteurs fixent cette quantité à 3 grammes) ; de là une impossibilité presque absolue pour poser le diagnostic d'hypersécrétion ou de diminution de sécrétion de ce liquide. Sans doute une sensation de sécheresse de l'œil, accusée par le patient, pourra faire émettre cette dernière hypothèse ; mais en réalité la diminution de la sécrétion lacrymale ne s'observe guère que par suite de l'atrophie sénile de la glande. E. Berger avance cependant qu'au cours des maladies infectieuses les poisons solubles peuvent influencer les glandes lacrymales et en tarir plus ou moins la sécrétion. Ceci s'observerait bien au deuxième septénaire de la fièvre typhoïde, dans les rougeoles malignes, dans le choléra. De là résulte une sécheresse de la conjonctive et de la cornée; celle-ci s'altère, son épithélium devient caduc, il s'y produit des fêlures. Les microbes pathogènes peuvent alors envahir la membrane, d'où une opacité cornéenne et un ramollissement progressif.

Quant à l'absence de pleurs normale chez certaines personnes dès l'âge adulte, elle peut s'expliquer soit par une modification du tissu glandulaire lui-même, soit par un affaiblissement des excitations réflexes qui en provoquent la sécrétion. Ainsi que nous l'avons dit à propos de la physiologie de la glande lacrymale, on a noté la suppression des larmes comme symptôme de la paralysie faciale totale.

D'autre part, la constatation d'un épiphora habituel n'autorise pas à affirmer l'existence d'une hypersécrétion ; on connaît, en effet, trop mal les conditions de fonctionnement des voies d'excrétion des larmes. Cependant, chez certaines personnes l'intégrité des voies lacrymales parait assez manifeste pour que Ton recherche s'il n'existe pas quelque raison d'une sécrétion exagérée. C'est ainsi que quelques auteurs expliquent par une action nerveuse sur la glande la venue de l'épiphora chez certains ataxiques et mieux les crises de larmes chez les hystériques. De même on pourra trouver dans la présence d'un corps étranger

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logé dans les culs-de-sac conjonctivaux, dans certaines lésions de la conjonctive ou de la cornée, voire encore dans certains étals de la muqueuse pituitaire, le point de départ d'une action réflexe qui aboutit à une hypersécrétion de larmes.

Quant aux modifications dans la composition des larmes, elles sont plus apparentes que réelles, elles tiennent à leur mélange avec du muco-pus ou du pus sécrété par la conjonctive. C'est également à une exsudation sanguine à la surface de cette muqueuse qu'il faut attribuer la coloration particulière des larmes de sang, quoique certains auteurs aient voulu y voir une anomalie de la sécrétion elle-même. Peut-être cette explication serait-elle plus acceptable pour rendre compte de la teinte jaunâtre des larmes relatée dans quelques cas d'ictère.

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