‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 370 sur 443 · I. — FLUXION DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

I. — FLUXION DE LA GLANDE LACRYMALE

Indépendamment de la poussée fluxionnaire, qui caractérise le début de l'inflammation de la glande lacrymale, on peut observer la simple fluxion de cet organe. On Ta signalée dans des conditions qui ont permis de Pattribuer à Pinfection ourlienne, ou encore au moment des règles chez la femme ; enfin dans certains cas la cause de l'affection échappe tout à fait.

Trousseau rapporte l'observation d'une femme un peu nerveuse qui, -depuis trois ans, ressentait à des époques variables une certaine gêne au niveau d'une glande lacrymale, puis bientôt y notait un léger gonflement bien limité, lequel disparaissait ainsi que la sensation pénible dès qu'un jet de liquide chaud et transparent s'était échappé entre les paupières. Le vent, la poussière, une vive lumière, une impression morale provoquaient le retour de ces crises, durant lesquelles l'excitation du nerf lacrymal était suivie d'une hypersécrétion des larmes en même temps que les filets nerveux moteurs faisaient contracter les parois musculaires des canaux excréteurs de la glande.

IL ~ DACRYO-APBNITE AIGUË

L'inflammation aiguë de la glande lacrymale, leidacri/ô-adénite aiguë, est une affection relativement très rare que simulent parfois un phlegmon partiel de l'orbite ou une ostéo-périostite de la fossette lacrymale.

Les causes en sont obscures. En général le malade accuse l'action du froid ou un traumatisme, peut-être faut-il incriminer une exagération accidentelle d'une simple poussée fluxionnaire, dont on a donné plus haut Pétiologie; parfois enfin on pourrait admettre une localisation dans la glande lacrymale d'une infection septicémique générale. On rencontre aussi la dacryo-adénite aiguë comme manifestation de Porchite ourlienne..

La dacryo-adénite aiguë, quand elle occupe la glande orbitaire, se traduit tout d'abord par de la tuméfaction de la moitié externe de la paupière supérieure ; la peau est tendue, rouge, chaude et souvent les mêmes phénomènes se voient sur la conjonctive du cul-de-sac supérieur. D'autres fois, la réaction inflammatoire ne se manifeste pas à 1 extérieur. Au palper le doigt sent une tumeur dure, résistante, donnant la sensation de fausse fluctuation, débordant plus ou moins le rebord orbitaire et parfois faisant saillie au fond du cul-de-sac conjonctival après renversement de la paupière. Cette tumeur, par sa présence, repousse dans une certaine mesure le globe de l'œil en avant et en dedans au point de causer de la diplopie, elle peut même gêner les mouvements oculaires. La sécrétion de la glande serait supprimée ou tout au moins diminuée; les larmes provoqueraient une sensation de brûlure en s'écoulant sur la peau des paupières. A la douleur locale s'ajoutent des phénomènes fébriles généraux.

La marche de l'affection varie suivant qu'elle aboutit ou non à la suppuration. Cette dernière se traduit comme d'habitude par une exaspération de la douleur et des autres phénomènes inflammatoires locaux et, si l'on n'intervient pas, le pus se fait jour du côté de la peau ou de la muqueuse, permettant ainsi au stylet de pénétrer dans une cavité, dont les parois ne donnent nulle part la sensation d'os à nu.

Le traitement de la dacryo-adénite aiguë consiste tout d'abord à favoriser la résolution de l'inflammation par l'application de cataplasmes, de compresses humides, par des frictions avec l'onguent napolitain. Meyer, dans un cas, s'est bien trouvé d'une ponction hâtive au bistouri, qui donna issue à un liquide séreux, puis à du sang. Enfin, il est indiqué d'ouvrir dès que l'on suppose la formation d'une poche purulente.

L'inflammation aiguë limitée à la glande palpébrale, d'après Delens, survient surtout comme conséquence d'un traumatisme ou de la présence d'un corps étranger sous la paupière supérieure. Celle-ci dans sa moitié externe est rouge sombre et le doigt y sent une tuméfaction limitée, aplatie, ovalaire, sous-jacente à la peau qui peut se plisser audessus d'elle, ce qui différencie la dacryo-adénite de l'orgeolet. Du côté de la conjonctive, dont l'examen est assez difficile en raison de la rigidité de la paupière, on note de la rougeur et du chémosis. En général, l'.affection suppure et le pus se fait jour dans le cul-de-sac conjonctival, cela sans qu'il soit besoin d'autre traitement que des applications humides chaudes, ou des cataplasmes.

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